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Mettons fin au travail des enfants

La façon de considérer les enfants a changé de façon spectaculaire en 50 ans dans le monde, relève La situation des enfants dans le monde 1997. La création de l'UNICEF, le 11 décembre 1946, dans les remous qui suivirent la guerre la plus dévastatrice de l'histoire, répondait à la crainte que les enfants ne soient pas suffisamment protégés dans le cadre de l'effort global de secours mis en place en Europe. Il était déjà révolutionnaire, à l'époque, de reconnaître à l'échelon international que les enfants méritaient une attention particulière. A la fin de la période de reconstruction de l'après-guerre, des pays en développement nouvellement indépendants demandèrent que l'on porte aussi une considération spéciale à la croissance physique et mentale des enfants. Le mandat initial de l'UNICEF fut alors élargi de manière à englober la survie et le développement de l'enfant.

Aujourd'hui, la philosophie internationale à l'égard des enfants s'est à nouveau radicalement transformée. A l'idée que les enfants avaient des besoins spéciaux a succédé la conviction que les enfants avaient des droits, le même éventail de droits, en fait, que les adultes: civils et politiques, sociaux, culturels et économiques. C'est cette conviction que traduit la Convention relative aux droits de l'enfant, qui est entrée dans le droit international le 2 septembre 1990, neuf mois après son adoption par l'Assemblée générale des Nations Unies. Tous les pays l'ont aujourd'hui ratifiée, sauf les Emirats arabes unis, les Etats-Unis d'Amérique, les Iles Cook, Oman, la Somalie et la Suisse. Elle est ainsi devenue le traité sur les droits de l'homme le plus largement ratifié de l'histoire. A l'heure actuelle, 96% des enfants du monde vivent dans des pays tenus juridiquement de protéger les droits des enfants.

Ce changement profond commence à faire sentir ses effets. De nombreux pays ontadopté de nouvelles lois ou amendé les textes existants pour se conformer à la Convention. Ainsi, en dépit des conflits locaux, la Sierra Leone a démobilisé ses enfants soldats et, au Rwanda, l'UNICEF s'est efforcé de transférer les enfants détenus dans des prisons d'adultes sous l'accusation de crimes de guerre vers des institutions réservées aux jeunes. La Convention a aussi été à l'origine d'initiatives majeures, telles que le Congrès mondial contre l'exploitation sexuelle d'enfants à des fins commerciales (Stockholm, août 1996) et la Conférence internationale sur le travail des enfants prévue à Oslo en octobre 1997.

L'UNICEF lui-même se trouve à un tournant. Pour sa cinquantième année, le Fonds a adapté son descriptif de mission en se guidant sur la Convention. L'UNICEF poursuivra ses efforts en vue d'alléger les pires aspects de la pauvreté pour les enfants du monde: chaque année en effet plus de 12,5 millions d'enfants de moins de cinq ans continuent de mourir dans les pays en développement, dont neuf millions pourraient être sauvés par les mesures peu coûteuses qui sont systématiquement utilisées depuis 50 ans dans les pays industrialisés. L'organisation s'efforcera en particulier d'aider à réaliser les objectifs pour l'an 2000 fixés lors du Sommet mondial pour les enfants de 1990. Les progrès déjà accomplis en ce sens ont permis de sauver la vie de millions d'enfants.

En mentionnant expressément les droits qu'a l'enfant et les mesures à prendre pour les défendre, la Convention donne un cadre; elle éclaire les pistes à prendre au-delà de l'an 2000. Certaines concerneront la protection des enfants et des jeunes en conflit avec les systèmes de justice pénale, d'autres le développement du jeune enfant et le soutien familial, sans oublier l'interdiction des mines terrestres, et les efforts pour répartir les ressources de manière plus équitable.

En conséquence, estime l'UNICEF, les enfants les plus vulnérables des sociétés, riches ou pauvres, doivent bénéficier les premiers des ressources et de l'attention. Il faudra des efforts soutenus pour parvenir à ces enfants; on devra s'attaquer, sans relâche, aux causes fondamentales de la pauvreté et du sous-développement. Un monde possédant des connaissances scientifiques et techniques faciles à partager, où le revenu par habitant a triplé depuis 25 ans, n'a aucune excuse: il est tout à fait possible de répondre aux droits de tous les enfants, y compris des plus désavantagés.

Les bonnes intentions ne suffisent plus: il faut désormais une volonté politique d'agir. En réorientant ne serait-ce qu'un quart de leurs dépenses militaires, les pays en développement pourraient dégager les ressources suffisantes pour atteindre la plupart des objectifs de l'an 2000. En faisant de même pour leur aide publique au développement ­ en affectant aux services sociaux de base 20% de cette aide ­ les pays donateurs pourraient générer une grande partie du reste.

Réclamer à ceux qui détiennent le pouvoir et les cordons de la bourse un changement radical dans l'affectation des ressources mondiales n'est plus une simple affaire de charité, mais de droits et de devoirs. Et c'est la pression des opinions publiques qui permettra une ère nouvelle pour les droits des enfants.

Depuis 15 ans, le rapport sur La situation des enfants dans le monde mobilise le public et les dirigeants pour aider à la survie et au développement de l'enfant. Ce plaidoyer passionné pour les enfants demeure pourtant indispensable un demi-siècle après que la nécessité de l'UNICEF ait été internationalement reconnue. Comme le dit Philip Alston, avocat célèbre, champion des droits de l'enfant: «En dernière analyse, seule l'expression large et répétée de l'indignation populaire imposera l'adoption de politiques justes.» Travail de enfants: danger!

En Malaisie, des enfants peinent jusqu'à 17 heures par jour dans les plantations d'hévéas, exposés aux piqûres des insectes et aux morsures des serpents. En Tanzanie, ils ramassent le café, inhalant les pesticides. Au Portugal, des enfants de tout juste 12 ans travaillent dans le bâtiment, une tâche pénible et pleine de risques.

Imposer à des jeunes ce type de travaux, les exploiter, équivaut, comme le rappelle l'UNICEF, à violer quasiment tous les droits inscrits dans la Convention relative aux droits de l'enfant.

«L'intérêt supérieur de l'enfant doit toujours nous guider», affirme le rapport. Etre soumis à des formes de travail pénibles et dangereuses, être exploité, ne sera jamais de l'intérêt supérieur d'un enfant! Il est tout aussi inacceptable que des enfants travaillent ou soient exploités que d'accepter que d'autres enfants meurent de maladies évitables.