Page d'accueil de l'UNICEF La situation des enfants dans le monde La situation des enfants dans le monde
Introduction
A New Era for Children
Four Myths About Child Labour
What is Child Labour?
How Many Children Work?
The Roots of Child Labour
The Shapes of Child Labour
Taking Action
Ending Child Labour

Selon La situation des enfants dans le monde 1997, une stratégie d'ensemble pour éliminer les formes les plus dangereuses de travail des enfants doit comporter cinq initiatives clés: promouvoir et renforcer l'éducation; faire adopter, et mieux appliquer, les législations nationales et internationales; donner aux pauvres des moyens d'agir; mobiliser la société; et faire campagne pour que les entreprises prennent mieux conscience de leur responsabilité propre et de celle de leurs sous-traitants.
  • Le moyen le plus efficace d'éviter que tant d'enfants en âge d'aller à l'école soient astreints à des formes abusives d'emploi et de travail est de leur donner accès à une éducation qui les motive. On compte aujourd'hui 140 millions d'enfants de 6 à 11 ans non scolarisés ­ 23% des enfants en âge d'aller à l'école primaire dans les pays en développement ­ et un nombre sans doute égal qui quittent l'école prématurément.

Beaucoup de ces enfants exercent une activité économique, et souvent des tâches débilitantes et dangereuses. Des millions d'autres tentent, non sans mal, de concilier les exigences du travail et de l'école, un exercice qui pose des problèmes particuliers aux petites filles.

Il faut rendre l'enseignement primaire universel et obligatoire. Il faut créer partout dans le monde de bonnes écoles, qui plaisent aux enfants et réduisent les taux d'abandon scolaire. On trouve déjà aux quatre coins de la planète des programmes novateurs pouvant servir de modèles, comme par exemple les écoles non formelles du Comité pour le développement rural du Bangladesh (BRAC) et le réseau des classes villageoises d'Escuela Nueva, en Colombie.

Pour l'UNICEF, les systèmes éducatifs doivent s'attacher à enseigner des techniques utiles aux enfants et à leurs parents; se montrer plus souples, en s'adaptant aux conditions de vie des enfants; amener les petites filles à l'école; améliorer la qualité et la situation des enseignants; enfin, réduire les dépenses des familles pour l'éducation ­ livres, fournitures, uniformes, transport et autres ­ d'autant plus lourdes à supporter que la famille est plus pauvre.

Le rapport affirme que «l'éducation de base pour tous est réalisable, si on lui accorde la priorité exigée par la Convention relative aux droits de l'enfant. Ce n'est pas une question de ressources, mais de choix politique. On estime que la dépense additionnelle nécessaire pour que tous les enfants puissent être scolarisés d'ici l'an 2000 s'élèverait à six milliards de dollars par an. La somme peut sembler énorme, mais elle représente moins de 1% de ce que le monde dépense chaque année en armements».

  • Le rôle de la législation est fondamental pour l'abolition des formes dangereuses du travail des enfants. L'adoption et la mise en application de lois ne suffiront pas à elles seules à faire disparaître ce travail ­ mais sans cela il n'y a aucune chance d'y parvenir.

L'UNICEF est d'avis que tous les pays devraient fixer un ensemble cohérent de lois sur le travail des enfants, à la fois à titre de déclaration d'intention et pour faciliter des avancées ultérieures. Les gouvernements devraient aussi élargir le champ d'application de leurs lois de manière à couvrir le secteur non structuré qui, comme l'a souligné maintes fois le rapport, occupe la grande majorité des enfants travailleurs. Les lois sur le travail des enfants peuvent être aussi un moyen d'éduquer la population et de promouvoir un débat ­ on en a eu un bon exemple au Brésil.

  • Un autre moyen essentiel pour prévenir l'emploi des enfants dans des conditions dangereuses, affirme le rapport, est de donner aux familles pauvres des moyens d'agir et de leur ouvrir, au plan économique, d'autres solutions que de faire travailler les enfants. En Inde par exemple, des enfants sont mis en servitude parce que les parents ont contracté une dette qu'ils ne peuvent rembourser. On pourrait donc prévenir cette forme moderne de l'esclavage en offrant aux familles dans le besoin la possibilité d'accéder au crédit.

L'un des moyens d'y parvenir est le plan de crédit de groupe, un système qui fonctionne déjà avec succès dans de nombreuses régions en développement. Le monde entier par exemple connaît la Grameen Bank, du Bangladesh, qui a su ouvrir aux membres les plus démunis de la société ­ des femmes surtout ­ des crédits qu'ils n'auraient jamais pu obtenir des établissements financiers classiques.

  • C'est aux gouvernements avant tout qu'il appartient de s'attaquer au problème du travail des enfants. Mais, pour l'UNICEF, mobiliser la société, faire participer tous ses secteurs à un mouvement national authentique est la meilleure garantie du sérieux avec lequel un pays entend assumer ses responsabilités.

C'est ce qui s'est passé aux Philippines, où le militantisme des ONG, des églises et des groupes communautaires a suscité le zèle des pouvoirs publics. Le rapport montre que ce type de mobilisation paye partout dans le monde: depuis la Coalition de l'Asie du Sud contre la servitude enfantine qui fait des descentes dans les ateliers pour libérer les enfants travailleurs jusqu'à la Fédération du patronat kényen qui a élaboré un plan d'action pour prévenir et éliminer l'emploi de la main-d'œuvre enfantine, ou encore la campagne multimédias lancée à Sri Lanka contre l'exploitation du travail des enfants ou la récente rencontre au Mali ­ la seconde ­ d'enfants travailleurs et bidonvillois de l'Afrique de l'Ouest.

  • Le rapport en appelle aussi à une plus grande responsabilité des entreprises. L'UNICEF appuie de tout son poids la campagne que syndicats, groupes écologiques et religieux, associations de consommateurs et organismes de défense des droits de l'homme mènent pour faire adopter par les transnationales des codes de conduite. Ces codes, qui guideront les opérations des grandes compagnies multinationales dans les pays en développement, doivent leur interdire, ainsi qu'à leurs fournisseurs locaux et à leurs sous-traitants, d'employer des enfants à des travaux dangereux. Le rapport cite certaines sociétés qui ont déjà adopté de tels codes.

Le problème est maintenant d'étendre aux sociétés nationales cette notion de responsabilité dans le domaine du travail des enfants. Au Brésil, la Fondation Abrinq pour les droits de l'enfant ­ elle-même financée par le secteur privé ­ travaille déjà d'arrache-pied sur la question. Par son programme des sociétés «amies des enfants», elle donne une image positive aux entreprises brésiliennes qui n'emploient pas de main-d'œuvre enfantine et qui soutiennent des activités en faveur du développement de l'enfant.

Le rapport 1997 sur La situation des enfants dans le monde préconise une action conjointe de tous les secteurs de la société. Il rappelle aussi que les Etats se sont déjà engagés à protéger l'enfant contre le travail dans des conditions dangereuses lorsqu'ils ont ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant. Il leur faut maintenant tenir leur engagement.