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Niger

Postes de santé communautaires : des oasis sanitaires dans un pays désertique

A l’heure actuelle, plus de la moitié de la population du Niger vit à plus de cinq kilomètres d’un centre de santé. C’est un véritable défi que de vouloir amener des services de santé primaire dans les communautés les plus reculées, pour les millions d’enfants qui vivent dans ce pays immense et aride. Pour répondre à de tels besoins, le gouvernement du Niger est en train d’installer des postes de santé dans les zones les moins bien desservies, avec l’aide de l’UNICEF et de partenaires, afin d’offrir un ensemble de soins préventifs ou curatifs aux enfants qui sont encore à un âge vulnérable.

« Maintenant, je sais que mes enfants peuvent être soignés rapidement. »

Le petit village de Dama, dans le district de Madarounfa (sud du Niger) a été l’une des premières collectivités locales du pays à bénéficier d’un dispensaire de ce type. Il y a peu, beaucoup de villageois ne quittaient leur domicile que pour des problèmes de santé requérant des soins urgents. L’éloignement représentait le principal obstacle à l’accès aux services de santé. Aujourd’hui, Roukaya Bara et son bébé Rouzeina, 6 mois, reviennent du poste de santé communautaire de Dama. Bara parle de l’impact positif du dispensaire sur la santé des jeunes enfants.

« Une nuit, ma fille est tombée malade. Elle avait la diarrhée et elle a refusé le sein pendant deux jours de suite. J’étais très inquiète, parce qu’elle était apathique et complètement déshydratée. Mais regardez-la maintenant. Je l’ai emmenée au dispensaire, on lui a donné une dose de réhydratation orale qui l’a ramenée à la vie. Il y a quatre ans, je devais marcher pendant plus de deux heures pour atteindre le centre de santé le plus proche. Je n’y allais qu’en dernier ressort. Maintenant, je sais que mes enfants peuvent être soignés rapidement. »

Deux ensembles sanitaires essentiels

D’après le docteur Noël Zagré, Directeur de la nutrition à UNICEF Niger, la pneumonie, les maladies diarrhéiques et le paludisme sont responsables de près de 60 pour cent des décès d’enfants au Niger. Des facteurs comme la malnutrition, une mauvaise hygiène et un accès limité à l’assainissement et à une eau salubre contribuent à rendre ces maladies mortelles, alors qu’elles sont évitables.

« Si on ne traite pas la malnutrition chez des enfants dénutris, cela augmente le risque de décès, surtout s’ils ont de la diarrhée ou une infection respiratoire, par exemple », explique le docteur Zagré.

En s’attaquant à la malnutrition, tout en administrant un traitement efficace ou des soins préventifs pour ces trois grandes maladies, on réduit considérablement le taux de mortalité infantile. En l’absence d’institutions pouvant fournir des services de santé adéquats, les postes sanitaires et autres solutions communautaires prennent ces services vitaux en charge. Non seulement ils fournissent des antibiotiques, des sels de réhydratation orale et d’autres éléments essentiels dans tout ensemble sanitaire de base, mais ils font également de la prévention en administrant des micronutriments, en surveillant la croissance des enfants et en fournissant des moustiquaires traitées à l’insecticide. De plus, les agents de santé communautaires assignés à ces postes communiquent des informations vitales sur les bonnes pratiques d’hygiène et donnent des conseils sur les soins à donner aux enfants.

Cet ensemble de services est fourni dans le cadre de deux grandes stratégies intégrées pour la santé de l’enfant : la Stratégie accélérée pour la survie et le développement de l’enfant (SASDE) et la Prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME).

En 2004, la SASDE desservait plus de 16 millions d’individus dans 11 districts spécialement choisis en Afrique centrale et de l’ouest (notamment au Niger) à cause de leur taux de mortalité élevé chez les moins de cinq ans. Elle propose principalement un programme élargi de vaccination, de prévention et de gestion des cas pour les principales maladies mortelles chez l’enfant et pour les visites prénatales. Il s’agit d’un ensemble d’interventions peu coûteuses et efficaces destiné essentiellement aux femmes et aux enfants et qui combine des interventions au niveau du centre sanitaire, de la communauté et du ménage, adopte une approche programmatique axée sur les droits de l’homme et touche les populations les plus isolées pour veiller à ce que son impact soit équitable et durable.

La Prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME) est une stratégie qui fait partie intégrante de la SASDE mais qui insiste sur des facteurs essentiels dans l’environnement immédiat de l’enfant (nutrition, hygiène, vaccination), lesquels jouent un rôle aussi important dans l’amélioration de la santé que les traitements médicaux.

Les postes sanitaires communautaires ont le mérite de proposer ces deux stratégies peu coûteuses mais dont l’impact a été prouvé. Ils démontrent que lorsqu’on transmet clairement des messages sanitaires et que les soins de base sont aisément accessibles, il n’y a rien qui puisse empêcher une communauté d’offrir les meilleurs soins de santé à ses enfants et de garantir leur survie

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