Exemples de pays

Même les pays les plus pauvres confrontés aux épreuves les plus difficiles – que ce soit la pauvreté, un conflit armé, une catastrophe naturelle ou des situations d’urgence complexes marquées par des déplacements de population, l’insécurité alimentaire et les maladies – peuvent prendre des mesures énergiques pour améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Si personne ne conteste la nécessité de procéder à des investissements pour prévenir des décès évitables, les exemples figurant ci-dessous prouvent que l’on peut considérablement améliorer la situation en ce domaine avec des ressources extrêmement limitées. La clé ? Une communauté informée, mobilisée, et ayant les moyens de se prendre en charge.

Prise en charge intégrée des maladies néonatales et infantiles en Inde

Approches diagonales : la méthode mexicaine

Prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant en Afrique de l’Est et australe grâce au programme « mère à mère »

Quand les autorités favorisent le changement pour les mères et les enfants en Éthiopie

Le Mozambique : un programme communautaire pour faire reculer la mortalité des moins de 5 ans

Elargissement : une nutrition adéquate pour les mères, les nouveau-nés et les enfants au Bénin

Élargissement : eau salubre, assainissement adéquat et meilleures pratiques d’hygiène au Sud-Soudan et au Bangladesh

 

Prise en charge intégrée des maladies néonatales et infantiles en Inde

Tout au long des années 90, l’Inde a bien progressé vers la diminution des taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, mais cette tendance positive ne s’appliquait pas aux décès de la période néonatale, c'est-à-dire les 28 premiers jours de la vie d’un enfant. En 2000, les décès néonatals comptaient pour près des deux tiers de tous les décès de nourrissons dans ce pays, et pour près de 45 % des décès d’enfants de moins de cinq ans. Beaucoup de ces décès pourraient être évités si les parents savaient reconnaître les signes de danger, adoptaient des pratiques d’alimentation adéquates ou avaient accès à des agents de santé qualifiés et à des soins fournis dans des établissements médicaux.

En 2000, le Gouvernement a adapté la stratégie de la Prise en charge intégrée des maladies de l’enfant de manière à se concentrer davantage sur les soins néonatals en renforçant l’infrastructure du système de santé, en insistant sur les compétences des agents de santé et en encourageant la participation de la communauté. Pratiquement, cela se traduit par l’introduction d’un certain nombre de services – visites répétées à domicile pour les nouveau-nés, éducation de la communauté et procédures de suivi pour les enfants présentant une insuffisance pondérale – d’un coût minimum. De fait, le coût supplémentaire du volet nouveau-né, n’est que de 10 cents É.-U. par enfant.

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Approches diagonales : la méthode mexicaine

Entre 1980 et 2005, le Mexique a mis en œuvre plusieurs interventions sanitaires qui ciblaient des maladies spécifiques, maladies diarrhéiques par ex. ou les maladies que l’on peut prévenir grâce à un vaccin, prévoyaient la distribution de suppléments de vitamine A ou la lutte contre les vers intestinaux. Ces approches dites verticales ont ensuite été élargies à plus grande échelle pour atteindre une population plus vaste, en renforçant les systèmes de santé et en introduisant des stratégies novatrices.

Le programme PROGRESA est un exemple de cette approche. Programme d’allocations familiales conditionnelles destinées aux foyers les plus pauvres du pays, il offre des incitations financières pour encourager de meilleures pratiques sanitaires et nutritionnelles et le maintien des enfants à l’école. Pour toucher ces allocations, les parents doivent se rendre régulièrement avec leurs enfants dans les cliniques qui dispensent des services essentiels de santé et de nutrition.

En 2001, le Ministère de la santé a lancé Arranque Parejo en la Vida (Départ sur un pied d’égalité dans la vie), une panoplie plus complète offrant un continuum de soins de santé maternelle, néonatale et infantile, qui faisait fond sur le succès de programmes comme PROGRESA. En encourageant la participation sociale et communautaire, en renforçant les programmes de soins prénatals et néonatals et en faisant bénéficier les jeunes mère des services de santé, cette approche diagonale a contribué à faire du Mexique l’un des 7 pays seulement (sur 60 pays prioritaires) à être en bonne voie pour atteindre l’Objectif du Millénaire pour le développement lié à la survie de l’enfant.

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Prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant en Afrique de l’Est et australe grâce au programme « mère à mère »

Quelque 530 000 enfants ont été infectés par le VIH en 2006, en majorité par une transmission de la mère à l’enfant. Sans traitement, un bébé sur deux, né avec le virus, mourra avant l’âge de deux ans. Bien que l’on puisse considérablement diminuer ce risque de transmission avec un traitement à base d’antirétroviraux au cours de la grossesse, un certain nombre de facteurs – notamment la crainte des discriminations et un manque d’information – empêchent de nombreuses femmes d’avoir accès à ces services lorsqu’ils sont disponibles.

Il existe cependant un programme, lancé en 2001 et en pleine expansion, qui permet de toucher les femmes enceintes grâce à la mise sur pied d’un réseau de personnes dans lesquelles elles peuvent avoir confiance – d’autres mères au sein de leur communauté. Ce réseau Mothers2mothers (mère à mère) est en place dans une centaine de sites en Afrique du Sud et au Lesotho, et il adopte une démarche qui se fonde sur le mentorat et qui utilise l’éducation et l’autonomisation pour prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant, lutter contre l’exclusion et maintenir les mères en vie en les incitant à suivre leur traitement. L’organisation s’étoffe rapidement, avec des partenariats internationaux au Botswana et en Ethiopie, et de nouveaux programmes sur le point d’être lancés au Kenya, au Rwanda et en Zambie.

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Quand les autorités favorisent le changement pour les mères et les enfants en Éthiopie

L’expérience de l’Éthiopie en matière de survie de l’enfant révèle que lorsque les autorités politiques s’engagent dans un rôle dynamique de chef de file, on peut obtenir d’extraordinaires résultats. En 2004, le Premier Ministre Meles Zenawi a exhorté le gouvernement et ses partenaires à l’aider à élaborer un document d’orientation en faveur des soins de santé universels, malgré d’énormes obstacles à surmonter. À l’époque, moins de 30 % des femmes recevaient des soins prénatals et moins de la moitié des enfants éthiopiens bénéficiaient d’un régime complet de vaccinations avant d’avoir 1 an.

Grâce au Programme de vulgarisation de la santé, le gouvernement aborde résolument ces problèmes en promouvant la prestation de soins de santé infantile et maternelle au niveau de la communauté. Le gouvernement est en train de déployer 30 000 agents de vulgarisation sanitaire de sexe féminin afin d’encourager 16 interventions de base qui ont prouvé qu’elles permettaient de lutter contre les principales causes de mortalité infantile et maternelle. Alors que les services au niveau de la communauté sont renforcés par ce programme de vulgarisation de la santé, le Ministère de la santé améliore de son côté sa propre infrastructure et adapte son système d’aiguillage au bénéfice des malades qui ont besoin des soins dispensés en établissement hospitalier.

L’exemple de l’Ethiopie offre une leçon capitale, l’importance exceptionnelle des autorités politiques. Un « leadership » politique véritable exige un engagement actif et réel à toutes les étapes du processus – de l’identification du problème et de l’établissement des objectifs, à la mobilisation des ressources et à l’encouragement à la participation communautaire.

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Le Mozambique : un programme communautaire pour faire reculer la mortalité des moins de 5 ans

Les récents succès obtenus grâce à des soins dispensés au niveau de la communauté au Mozambique sont à la fois des preuves de l’efficacité de cette méthode et une source d’optimisme. L’efficacité prouvée de cette stratégie est source d’espoir pour les autres pays pauvres qui voient ainsi que les taux de survie de l’enfant ne sont pas nécessairement un reflet de la situation économique d’une nation.

Avec un taux de mortalité des moins de 5 ans de 138 décès pour 1000 naissances vivantes, une espérance de vie qui dépasse à peine 42 ans, le Mozambique est un des pays les plus pauvres du monde. Plus de 40 % des enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance modéré à grave – conséquence d’une nutrition inadéquate -- et comme les deux tiers de la population vivent dans des zones rurales, l’accès à des services de soins de santé essentiels est limité.

En utilisant une démarche « Groupe de soins » pour répondre aux besoins de la population essentiellement rurale du pays, le gouvernement et ses partenaires internationaux ont cherché à mettre en place des partenariats améliorés entre le système de santé et la communauté, à faciliter l’accès aux soins de santé dispensés par les prestataires locaux et à promouvoir des pratiques hygiéniques à la maison pour améliorer la santé des enfants. Ils ont cherché à atteindre ces objectifs en formant des éducateurs au niveau de la communauté qui offrent aux familles une éducation sur la santé, des pratiques d’importance capitale et peu coûteuses, comme le recours à une thérapie de réhydratation orale, des pratiques d’allaitement exclusif au sein, et des moustiquaires traitées à l’insecticide -- qui ont été fournies par l’UNICEF et le Comité international de la Croix-Rouge --  en plus de suppléments gratuits de vitamine A. Résultat de ces efforts, les registres d’état-civil des communautés ont affiché une baisse de 66 pour cent en mortalité infantile, et une chute de 62 pour cent de la mortalité des enfants de moins de 5 ans.

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Elargissement : une nutrition adéquate pour les mères, les nouveau-nés et les enfants au Bénin

La dénutrition est une des causes sous-jacentes de jusqu’à 50 pour cent des décès des enfants de moins de 5 ans, et tout semble indiquer qu’une mauvaise nutrition de la mère augmente le risque de décès pour son nourrisson et pour elle. La dénutrition s’explique par une série de facteurs, notamment des pratiques alimentaires et de soins inadéquates, des moyens d’assainissement insuffisants, des maladies diarrhéiques, et un manque d’accès aux services de santé.

Il y a dix ans, dans la région de Borgou au Bénin, 14 pour cent seulement des nourrissons de moins de 4 mois bénéficiaient de l’allaitement exclusif au sein – l’intervention la plus efficace pour sauver la vie des jeunes enfants. Pour remédier à ce problème et à d’autres liés aux taux élevés de malnutrition, le programme Actions essentielles en nutrition a été introduit en 1997 pour renforcer : l’allaitement exclusif au sein des nourrissons pendant les six premiers mois; une alimentation d’appoint adéquate en plus de l’allaitement au sein de 6 à 24 mois; la distribution de suppléments de vitamine A pour les enfants; la distribution de suppléments de fer et d’acide folique pour les femmes enceintes; la distribution de sel iodé et les services de soutien et de conseils pour les enfants dénutris et malades.

Ce faisant, ce partenariat a également renforcé le système de santé en formant des agents de santé au sein de la communauté et en lançant une campagne de communication adaptée à la situation des populations dénutries. Ces campagnes ont mobilisé des volontaires, des jeunes, des chanteurs traditionnels, des troupes de théâtre communautaires et des associations de femmes, pour élaborer des messages diffusés par des chants, des pièces ou le bouche à oreille. Grâce à cette vaste mobilisation communautaire, les attitudes des mères au sujet de l’allaitement ont profondément changé. En 2001, dans cette région, près de la moitié des mères qui avaient un bébé de moins de quatre mois ont déclaré qu’il était nourri exclusivement au sein.

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Élargissement : eau salubre, assainissement adéquat et meilleures pratiques d’hygiène au Sud-Soudan et au Bangladesh

Plus que tout autre groupe, les jeunes enfants sont exposés aux risques que présentent l’eau contaminée, de mauvais moyens d’assainissement et une hygiène insuffisante. L’absence de ces services est responsable d’environ 1,5 million de décès d’enfants par an, provoqués par des maladies diarrhéiques. À lui seul, un meilleur assainissement pourrait faire reculer de plus d’un tiers le taux de morbidité associé à la diarrhée; et lorsqu’il s’accompagne d’un meilleur respect de l’hygiène, ce taux peut diminuer de deux tiers. Une première étape essentielle pour améliorer l’assainissement et l’hygiène consiste à donner aux communautés les connaissances et les ressources dont elles ont besoin pour améliorer la qualité de leur eau, les moyens d’assainissement de base et adopter une hygiène appropriée.

Dans un environnement marqué par le conflit actuel et des catastrophes naturelles, un programme communautaire lancé au Sud-Soudan réussit à s’imposer, envers et contre tout, et à améliorer l’accès des populations à de l’eau salubre et à de meilleurs moyens d’assainissement. Le programme, qui mobilise des équipes locales sélectionnées par la communauté, permet aux équipes de procéder au forage de puits à la main et de se charger de l’entretien des pompes. En outre, le faible coût et la portabilité des installations sont un élément capital dans les zones à risque. En travaillant avec les communautés, ce projet a réussi à augmenter le nombre de puits tubulaires dans de vastes zones au nord de Bahr-el-Ghazal.

Améliorer l’assainissement en Asie du Sud nécessite plusieurs interventions, dont l’investissement dans la construction de toilettes. Cependant il est tout aussi  important, pour des questions de santé publique, de sensibiliser davantage les communautés à l’importance d’un assainissement adéquat et de la nécessité de changer des attitudes profondément enracinées. C’est dans ce but qu’un effort sans précédent de mobilisation des communautés, axé sur l’ « assainissement total » a été consenti au Bangladesh. Lancé en 2001, dans le district pilote de Rajshahi, ce projet a pour but de faire comprendre aux communautés les conséquences négatives de la défécation en plein air et de leur donner les moyens de trouver des solutions collectives. Ce projet pilote a abouti à une interdiction totale de la défécation en plein air dans l’enceinte du village, une réussite obtenue sans aucune subvention extérieure.

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