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Malgré leur présence bien visible, les enfants des rues sont souvent ignorés, marginalisés et exclus

Les enfants des rues ont une présence physique bien visible, puisqu’ils vivent et travaillent dans les rues et sur les places publiques de toutes les villes du monde. Pourtant, paradoxalement, ils sont aussi parmi les plus « invisibles », ce qui fait qu’il est très difficile de leur apporter des services essentiels tels que l’éducation et les soins de santé, et de les protéger.

La formule « enfant des rues » pose problème car elle peut être utilisée pour les condamner. L’une des difficultés majeures de ces enfants est qu’ils sont démonisés par la société conventionnelle et considérés comme une menace et une source de criminalité. Pourtant, beaucoup d’enfants qui travaillent ou vivent dans la rue ont accepté ce terme, jugeant qu’il leur offre une identité et un sentiment d’appartenance. Cette description générale est une abréviation commode, mais elle ne doit pas cacher le fait que beaucoup d’enfants qui vivent et travaillent dans la rue le font de manières très diverses et pour de multiples raisons – et que chacun d’entre eux est unique, avec un point de vue qui n’appartient qu’à lui.

Le nombre exact d’enfants des rues est impossible à quantifier, mais il atteindrait plusieurs dizaines de millions, et selon certaines estimations, jusqu'à 100 millions. Il est probable que leur nombre augmente à mesure que la population du monde s’accroît et que l’urbanisation progresse au même rythme : on prévoit que 6 sur 10 citadins auront moins de 18 ans d’ici à 2005.

En réalité, toutes les villes du monde comptent au moins un petit nombre d’enfants des rues, y compris les plus grandes et les plus riches du monde industrialisé.

La plupart des enfants des rues ne sont pas orphelins. Beaucoup d’entre eux sont restés en contact avec leur famille et travaillent dans la rue pour supplémenter le revenu du foyer. D’autres ont fugué, souvent pour échapper à des sévices psychologiques, physiques ou sexuels. La majorité sont des garçons, car les filles semblent supporter plus longtemps des situations de violence ou d’exploitation à la maison. Mais lorsqu’elles quittent leur famille, il est plus rare qu’elles reviennent.

Une fois dans la rue, les enfants deviennent vulnérables à toutes les formes d’exploitation et de maltraitance, et leur vie quotidienne n’a plus rien à voir avec l’enfance telle qu’elle est définie dans la Convention relative aux droits de l’enfant. Dans certains cas, les personnes chargées de protéger les enfants sont celles qui commettent des crimes contre eux. Les enfants des rues ont été harcelés ou battus par la police et se retrouvent souvent aux prises avec la loi. Certains ont été arrêtés, transportés hors de la ville et abandonnés là. D’autres ont été assassinés par des justiciers autoproclamés sous prétexte de « nettoyer la ville », souvent avec la complicité ou au mépris des pouvoirs publics locaux.