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Certes, Ishen n’est pas sans abri et elle va à l’école, mais elle appartient à ces 3,6 millions d’enfants britanniques que les statistiques rangent parmi les pauvres. Pour elle, la pauvreté, c’est de voir que sa mère a toutes les peines du monde à joindre les deux bouts, de ne pas pouvoir participer aux voyages scolaires, ou de se sentir exclue par ses camarades parce qu’elle n’a pas les moyens de s’habiller à la mode et de sortir.

Le père d’Ishen est parti quand elle était toute petite et sa mère, qui souffre d’ostéoarthrite, est trop malade pour travailler. Si les allocations du gouvernement permettent de parer à l'essentiel, Ishen se passe de beaucoup de choses que ses camarades tiennent pour acquises : il n’y a pas de machine à laver chez elle, et, avec sa mère, elles sont souvent obligées de réfléchir à deux fois avant de préparer les repas.

Quand l’uniforme qu’elle porte à l’école sera usé, elle sait que sa mère aura du mal à trouver l’argent pour en acheter un neuf, alors elle le fait durer autant qu’elle le peut, même si cela la gêne par rapport à ses camarades moins pauvres.

« Mes camarades d’école ne peuvent pas comprendre, c’est impossible quand on n’a pas vécu soi-même la pauvreté, » dit-elle. « Elles ne comprennent pas que lorsque je dis que je ne peux pas aller au cinéma, ce n’est pas l’envie qui m’en manque, c'est tout simplement que je n’ai pas assez d’argent pour payer ma place. »

Le sort d’Ishen n’est évidemment pas aussi dramatique que celui de beaucoup d’enfants des pays en développement, dont le dénuement est souvent absolu. Mais la pauvreté, surtout celle des enfants, a plusieurs dimensions, que ne reflète pas nécessairement le fameux indicateur d’un dollar par jour. Certaines formes de pauvreté, en termes d’espoir pour l’enfant, d’éducation et de stimulation, de temps, d’amour et de soins, peuvent créer des carences multiples dont les effets se feront profondément ressentir, à court et à long terme.

On croit généralement que la pauvreté des enfants diminue régulièrement dans les pays riches, mais il n’en est rien. Elle s’est même aggravée dans 17 des 24 pays de l’OCDE.