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Causes profondes de l’exclusion

La discrimination, la pauvreté, le VIH/SIDA, les conflits armés et une mauvaise gouvernance sont les causes profondes de l’exclusion. Ils empêchent les enfants d’avoir accès à l’éducation, aux soins de santé et à d’autres services essentiels. Lorsqu’ils sont privés de ces services, les enfants sont plus vulnérables face à la maltraitance et à l’exploitation.

DISCRIMINATION

Fondée sur le sexe
Pour 100 garçons qui ne vont pas à l’école primaire, on compte 117 filles non scolarisées, et cela en grande partie à cause de la discrimination sexuelle. Plus de 40 pays n’ont pas atteint la cible de la parité dans l’éducation primaire fixée pour 2005 dans l’optique des Objectifs du Millénaire pour le développement. Cette discrimination est aussi un facteur qui limite l’accès des femmes aux soins de santé de base, ce qui augmente les risques des mères et des enfants de mourir de causes que l’on aurait pu éviter.

Fondée sur l’appartenance ethnique
Près de 900 millions de personnes appartiennent à des groupes désavantagés au seul motif de leur identité. Confrontés à la discrimination, les enfants autochtones tendent à être moins souvent enregistrés à la naissance, à être en plus mauvaise santé, moins souvent inscrits à l’école et plus vulnérables à la violence, aux mauvais traitements et à l’exploitation. Dans la région amazonienne de l’Équateur, par exemple, seulement 21 pour cent des enfants de moins de cinq ans ont un certificat de naissance, alors que la moyenne nationale est de 89 pour cent.

Fondée sur l’invalidité
On estime à 150 millions le nombre d’enfants handicapés dans le monde, dont la plupart vivent au quotidien la réalité de la discrimination et de l’exclusion. La grande majorité des enfants handicapés du monde en développement n’ont pas accès à des services de réadaptation ou de soutien, et beaucoup d’entre eux ne peuvent pas entrer dans le système d’éducation conventionnel. Entre 250 000 et 500 000 enfants perdent encore la vue chaque année à la suite d’une carence en vitamine A, un syndrome que l’on peut facilement éviter en distribuant des suppléments oraux qui ne coûtent que quelques centimes.

PAUVRETÉ

Les enfants des pays les plus pauvres courent un risque beaucoup plus élevé de mourir, de tomber malade, de souffrir de malnutrition et de ne pas être scolarisés que les enfants du reste du monde en développement. Dans les pays les moins avancés :

  • 1 enfant sur 6 meurt avant l’âge de cinq ans. 1 sur 10 meurt avant l’âge d’un an.

  • 1 fille d’âge scolaire sur 2 n’est pas inscrite à l’école primaire.

  • 1 enfant de moins de cinq ans sur 3 – en tout 42 millions – souffre d’une insuffisance pondérale modérée ou grave.

  • 1 nourrisson sur 4 n’est pas vacciné contre la rougeole, une maladie qui tue plus de 500 000 enfants chaque année.

Inégalités de revenu
Dans tous les pays du monde en développement, les enfants des foyers les plus pauvres courent au moins deux fois plus de risques de mourir avant l’âge de cinq ans que les enfants des foyers les plus riches. Ceux qui sont en âge d’aller à l’école primaire courent trois fois plus de risques de ne pas y être inscrits.

Ces inégalités et d’autres sont un révélateur de l’exclusion qui existe dans les communautés, mais elles sont masquées par les moyennes nationales sur le bien-être de l’enfant que l’on utilise pour mesurer les progrès accomplis dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement. Le danger, pour les enfants, est que ces disparités importantes soient complètement occultées dans les moyennes.

VIH/SIDA

Le bilan de la pandémie ne cesse de s’alourdir pour les enfants. Des millions de jeunes vivant avec le VIH/SIDA ou affectés par la maladie sont privés d’éducation, de protection et même des services de soins et de prévention les plus sommaires.

  • Toutes les minutes, un enfant de moins de 15 ans meurt à cause du SIDA.

  • 1 nouvelle infection sur 8 dans le monde touche un enfant de moins de 15 ans.

  • 15 millions d’enfants ont déjà perdu un ou leurs deux parents à cause du SIDA.

CONFLITS ARMÉS

Le chaos qui accompagne un conflit armé menace gravement la survie et le bien-être des enfants, et compromet leur accès à l’éducation et à d’autres services essentiels. Neuf des douze pays où 1 enfant sur 5 meurt avant son cinquième anniversaire ont connu un conflit majeur au cours des cinq dernières années. Le taux net de fréquentation scolaire des filles et des garçons dans le primaire dans ces neuf pays est bien inférieur aux moyennes des pays les plus pauvres.

MAUVAISE GOUVERNANCE

Les enfants souffrent terriblement lorsque leur pays n’a pas les moyens ou la volonté de fournir des services de base à ses citoyens, que ce soit à cause d’un conflit, de la corruption ou de l’absence d’institutions responsables. Les enfants d’Haïti et du Zimbabwe, par exemple, ne peuvent pas attendre que la gouvernance de leur pays s’améliore, ou leur enfance sera à jamais perdue.