Unicef Logo and the text: Children Under Threat. The State of The World's Children 2005.

Poverty Photo
©UNICEF/Myanmar/Myo Thame

Alléger le fardeau de la pauvreté pour les enfants du Myanmar

Yamin et Lamin Khine, des soeurs jumelles de quatre ans, vivent avec leurs parents, un frère et quatre soeurs dans une maison qu’ils partagent avec trois autres familles dans l’agglomération urbaine tentaculaire de Thaketa, dans la banlieue de Yangon. La famille a des difficultés à vivre avec ses maigres ressources.

Leur père, U Min Khine, est porteur d’eau et gagne sa vie en vendant de l’eau potable dans le quartier. Son travail est physiquement épuisant et le revenu journalier dépend de la demande. Parfois, U Min Khine ne gagne presque rien, alors qu’il lui faut malgré tout payer la location du chariot brinquebalant servant à transporter son eau. Sa femme, Daw Pyone Yee, le rejoint, lorsqu’elle ne s’occupe pas des enfants ou ne ramasse pas du cresson dans le grand étang près de leur maison, qu’elle vend aux voisins, pour parvenir à joindre les deux bouts.

Trop pauvres pour s’offrir une natte, tous les membres de la famille dorment sur un lit de terre battue. N’ayant pas accès à de l’eau propre, ils ont recours pour leurs besoins d’eau à celle de l’étang. Ils n’ont pas d’électricité et ne sont pas en mesure de bénéficier de soins de santé ni d’une éducation. Aucun des quatre enfants les plus âgés ne va à l’école.

La fille aînée, Thazin, a abandonné ses études en septième année. Elle loue ses services comme ouvrière agricole, fabrique des bougies ou répare des filets de pêche, selon ce qui se présente ; la seconde fille, Ingyin, âgée de 15 ans, a quitté l’école en deuxième année et vend du cresson avec sa mère. Elle se montre si entreprenante et persuasive qu’elle assure maintenant une bonne part des revenus de la famille.

Le seul garçon, Thura, qui a 10 ans, a achevé sa troisième année avant d’abandonner ses études. Il se consacre aux travaux ménagers avec sa sœur de huit ans, Saba, qui n’a été en classe qu’une semaine dans sa vie.

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©UNICEF/Myanmar/Myo Thame


Les nombreux aspects de la pauvreté des enfants

La pauvreté fait payer un lourd tribut à ces enfants. Ils ont été littéralement dépouillés de leur enfance – compromettant ainsi leurs chances d’une vie bien remplie et productive.

Dans leurs premières années, Yamin et Lamin n’ont pas reçu les soins et l’éducation dont elles avaient besoin. Au moment où leur mère les a amenées au Cercle de pourvoyeurs de soins – un groupe de mères de famille réunies dans une annexe des locaux de l’école primaire, les deux petites filles étaient extrêmement maigres, pas peignées, les cheveux en bataille, et apathiques. Ni l’une ni l’autre ne parlait. Elles ne pouvaient pas sourire. Elles n’avaient aucune hygiène.

Le développement de la petite enfance est un concept relativement nouveau au Myanmar. Moins de 8 pour cent seulement des enfants entre trois et cinq ans bénéficient de services de garderie publique ou privée, hors du foyer, et il n’existe pratiquement pas de service de garde d’enfants de moins de trois ans.

En général, les soins en matière de santé, de nutrition, les soins d’ordre psychosocial et l’apprentissage interactif ne figurent pas parmi les services offerts. Or, ils constituent les besoins de base, nécessaires aux enfants pour réaliser leur potentiel. Souvent, les communautés pauvres ne disposent pas des ressources leur permettant de rénover des bâtiments susceptibles d’abriter un jardin d’enfants ou de financer des salaires d’enseignants et des charges diverses.

Un projet pour le changement

Le Projet pour le développement de la petite enfance en réseau vise à changer cette situation. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la politique, inaugurée en 1998 par le Ministère de l’éducation, d’encouragement des écoles primaires à ouvrir des garderies dans les complexes scolaires, afin de favoriser le développement des enfants défavorisés, âgés de trois à cinq ans.

Une fois que la garderie fonctionne, les Groupes d’appui communautaire en réseau soutiennent la formation de Cercles de pourvoyeurs de soins pour les enfants de 0 à 3 ans dans le secteur de chaque école primaire. Ces groupes, constitués dans chaque communauté en concertation avec les associations locales de parents et enseignants, sont également chargés de la gestion des garderies.

Chaque Cercle de pourvoyeurs de soins se compose de 10 enfants et parents. Trois animateurs, formés aux soins donnés à la petite enfance, sont fournis à chaque cercle par le groupe d’appui communautaire en réseau . Ces animateurs améliorent les connaissances des parents en matière de soins de santé et de nutrition, ils leur apprennent l’importance de jouer avec les enfants dans le cadre d’activités conçues pour stimuler leur imagination et leur créativité. Chaque jour, les enfants bénéficient d’un repas nourrissant de 500 calories, et, de façon régulière, d’un apport en vitamines et d’une administration de vermifuge.

Une organisation non gouvernementale nationale, Pyinnya Tazaung, est chargée de la planification et de la gestion globale du projet qui est mené dans six agglomérations pauvres – cinq à Yangon et une à Mandalay.

À Yangon, le projet a favorisé jusqu’à présent la création de 51 garderies aidées par la communauté et de 705 Cercles de pourvoyeurs de soins à domicile, fournissant un service de garderie pour 9 600 jeunes enfants. On a appris à plus de 3 025 parents et pourvoyeurs de soins à bien s’occuper des jeunes enfants.

À Mandalay, environ 1 550 enfants dans 19 écoles et communautés ont bénéficié du réseau. Dans la prochaine phase du projet, 150 Cercles de pourvoyeurs de soins supplémentaires vont être créés dans les cinq premières agglomérations bénéficiant du projet, et on va ouvrir en outre 20 garderies et 200 Cercles de pourvoyeurs de soins dans deux nouvelles agglomérations.

Une nouvelle chance pour l’enfance

Les parents de Yamin et Lamin Khine les amènent depuis six mois au Cercle de pourvoyeurs de soins. Leur transformation a été stupéfiante : elles en étaient seulement au stade de la survie et elles sont devenues des enfants en bonne santé et robustes. Leur enfance leur est rendue, de même que la possibilité d’avoir un meilleur avenir.

Les deux petites filles ont pris du poids et leurs vêtements, bien que défraîchis, sont propres. On leur administre régulièrement des vermifuges ; elles bénéficient d’apports en vitamines et en minéraux, pour aider à leur croissance et les protéger contre la maladie. Auparavant, elles se montraient mal à l’aise avec les étrangers mais avec le temps, grâce à des jeux et à l’apprentissage interactifs, elles ont acquis davantage de confiance en elles sur le plan social.

Leurs parents ont été sensibilisés à l’importance d’une bonne hygiène et de la vaccination. Ils ont appris que la nutrition jouait un rôle crucial dans la croissance et le développement de leurs enfants. L’environnement chez eux est plus propre et plus salubre. Ils commencent à se rendre compte que les enfants apprennent plus facilement lorsque leurs besoins physiques sont satisfaits et lorsqu’ils se sentent en sécurité. Et il y a eu en outre des effets positifs sur leurs autres enfants.

La grosse difficulté est de parvenir à ce que les deux petites filles puissent aller à l’école primaire et suivre la totalité du cycle afin de mettre fin à l’engrenage de pauvreté qui a privé leur frère et leurs sœurs plus âgés d’une enfance saine et d’une éducation.

« Ces communautés pauvres ont de nombreux besoins. Les familles luttent pour y faire face mais elles n’arrivent pas, seules, à les satisfaire tous, quels que soient leurs efforts, » déclare un assistant social qui a collaboré au projet. « Toutefois, le projet peut répondre à certains de ces besoins avec une incidence que nous avons pu constater sur la vie des gens. »

L’UNICEF envisage d’élargir la portée de ce projet et de le mettre en œuvre dans des zones rurales afin d’en faire profiter un bien plus grand nombre d’enfants vulnérables, en cherchant de nouveau à atteindre la communauté à partir des écoles. Le manque d’instituteurs représente un obstacle à surmonter et il également difficile d’assurer une fréquentation régulière de la part d’enfants appartenant à de familles itinérantes.

Dans les communautés et les villages qui n’ont pas d’école, on peut contacter des organisations d’inspiration religieuse ou des dirigeants locaux et les charger d’installer des garderies et des Cercles de pourvoyeurs de soins dans des monastères ou des locaux communautaires.

Il est essentiel pour le succès du projet que les dirigeants communautaires s’intéressent au Projet de développement de la petite enfance en réseau, qu’ils le comprennent et l’appuient dans leur propre communauté.

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L’action de l’UNICEF dans le domaine de la petite enfance [Web]

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A qui profite le crime? [PDF]

Pour financer le développement, investissez en faveur des enfants [PDF]


“... Pour moi, un monde digne des enfants, c'est quand chacun commence à trouver l'enfant qui est en soi. Je suis un enfant... Tout le monde a été enfant… un enfant ne s'arrête pas à la couleur de peau, à la race ou à la religion ! … Si le monde était comme un enfant… ce monde serait très certainement un endroit merveilleux où  vivre, un endroit où toute l’humanité pourrait vivre !!...”
Une fille de 16 ans, Malaisie

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Nombre d’enfants qui sont devenus orphelins à cause du SIDA dans le monde : 15 millions; nombre d’enfants vivant en Allemagne : 15,2 millions. Nombre d’enfants au Royaume-Uni : 13,2 millions.
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