Unicef Logo and the text: Children Under Threat. The State of The World's Children 2005.

Poverty Photo
©UNICEF/Bangladesh/
Simone Vis

Enfance en péril au Bangladesh

Dans une briqueterie des environs de Dhaka (Bangladesh) la petite Aleya, onze ans, gratte des briques aux côtés de sa mère, de sa sœur aînée et de son petit frère. Elle gagne entre 20 et 40 taka par jour (30 à 60 cents des E.-U) selon le nombre de briques qu’elle casse. Il y a deux mois, une écharde lui est entrée dans l’œil, et elle a eu des problèmes de vue pendant des semaines. Elle a repris le travail à présent, pour aider sa famille à survivre.

Aleya fait partie des quelque 4,9 millions de travailleurs bangladeshi âgés de 5 à 15 ans. Ils accomplissent des tâches très diverses : domestiques, aide-mécaniciens dans les garages, ouvriers d’usine, porteurs dans les gares ou sur les marchés, ouvriers dans de petites fonderies. Beaucoup travaillent pour un salaire minime, voire inexistant, dans des conditions qui, souvent, hypothèquent leur santé. Nombreux sont les garçons et filles, parmi ces travailleurs, qui ne reçoivent aucune éducation et se font piéger dans des emplois sous-qualifiés et mal payés qui les coincent dans l’engrenage de la pauvreté. Pour les enfants vivant dans les bidonvilles, les perspectives sont particulièrement sombres.

La communauté internationale prend lentement conscience des conditions de vie épouvantables des enfants qui travaillent, de leur pauvreté, de leur vulnérabilité et des privations dont ils sont victimes. Bien qu’un mouvement existe dans de nombreux pays pour interdire le travail des enfants, celui-ci ne se double pas toujours d’une analyse des raisons qui expliquent la prévalence de ce fléau. De plus, on est encore loin de reconnaître que pour leur permettre d’échapper à l’engrenage de la pauvreté, il faut se préoccuper des besoins des jeunes travailleurs et de leurs familles. Nous savons par expérience que les enfants qui n’ont pas accès à l’éducation n’ont guère d’autre choix que de se placer sur le marché du travail et qu’ils sont souvent exploités ou obligés d’accomplir des tâches dangereuses.

Un avenir meilleur pour les enfants vivant dans la pauvreté

Il est à présent généralement admis qu’une éducation de qualité assortie de l’enseignement d’aptitudes à la vie quotidienne et d’activités créatrices de revenus ouvre de nouvelles possibilités aux jeunes qui travaillent et à leurs familles. Elle leur permet d’échapper à la pauvreté et à la nécessité de travailler dans des conditions hasardeuses ou propices à l’exploitation.

Pour offrir de meilleures possibilités d’avenir à des enfants comme Aleya, UNICEF Bangladesh a lancé le Projet d’éducation de base pour jeunes travailleurs urbains, destiné à 200 000 enfants, en majorité de sexe féminin, et à leurs familles afin de leur permettre de bénéficier de leur droit à l’éducation, à la protection et au développement. Dans six villes, de jeunes travailleurs âgés de 10 à 14 ans reçoivent une éducation de type non scolaire qui comprend la lecture, l’écriture, le calcul et les aptitudes à vie quotidienne et se sert de méthodes pédagogiques participatives adaptées aux besoins spécifiques de ce groupe. De plus, 20 000 jeunes travailleurs de treize ans ou plus auront accès à des systèmes de soutien qui garantiront une optimisation de leur éducation, améliorant ainsi leurs chances pour l’avenir. Le projet a démarré en 2004 et reçoit l’appui de l’Agence suédoise pour la coopération internationale au développement et de plusieurs Comités nationaux de l’UNICEF.

UNICEF Bangladesh plaide aussi vigoureusement pour des politiques sociales, économiques et éducatives qui prennent en compte les jeunes travailleurs et leurs familles et il milite pour l’élimination progressive du travail des enfants.

« Ma mère n’a jamais pu aller à l’école. Un enseignant est venu la trouver l’année dernière pour lui demander si nous pouvions nous rendre au centre d’apprentissage tout près d’ici, affirme Aleya. Comme l’école se tient tôt le matin, je peux faire les deux : gagner ma vie et étudier. C’est pour ça qu’elle a accepté tout de suite. J’adore aller en classe. J’y ai beaucoup d’amis. Quand j’ai été blessée à l’œil, des amis sont venus me voir à la maison et ils m’ont raconté de belles histoires sur l’école. Mon institutrice est venue deux fois !

« Quand le patron nous payait à la fin de la journée, il profitait de ce que nous ne savions pas compter. Maintenant, je sais combien il nous doit et je ferai en sorte que ça n’arrive plus jamais, ajoute-t-elle. L’école offre également une formation professionnelle. J’ai commencé un cours de reliure, mais au bout d’une semaine j’ai changé pour la couture. J’espère devenir la meilleure couturière du quartier pour pouvoir arrêter de travailler à la briqueterie. Quand je serai grande, je serai une bonne patronne, je ne battrai jamais mon personnel et je ne tricherai pas au moment de payer les salaires. »

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“... Pour moi, un monde digne des enfants, c'est quand chacun commence à trouver l'enfant qui est en soi. Je suis un enfant... Tout le monde a été enfant… un enfant ne s'arrête pas à la couleur de peau, à la race ou à la religion ! … Si le monde était comme un enfant… ce monde serait très certainement un endroit merveilleux où  vivre, un endroit où toute l’humanité pourrait vivre !!...”
Une fille de 16 ans, Malaisie

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Estimation du nombre d’enfants tués dans des conflits depuis 1990 : 1,6 million.

Estimation de l’augmentation de la mortalité des moins de 5 ans au cours d’une guerre de cinq ans « typique » : 13 pour cent
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