Unicef Logo and the text: Children Under Threat. The State of The World's Children 2005.

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Grandir seules

Trois sœurs, Laura, Cremilda et Anastacia passent leurs après-midi à étudier à l’ombre, l’après-midi glisse vers le crépuscule et elles continuent leurs devoirs. Pour l’observateur de passage, cela ressemble à une scène de famille presque parfaite – trois jeunes filles de 14, 12 et 10 ans faisant tranquillement leurs devoirs pour se préparer à leur journée d’école du lendemain.

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Mais en Afrique aujourd’hui, les apparences sont trompeuses. Les trois jeunes filles sont des orphelines qui vivent seules dans la maison de leurs parents.

Au cours des six derniers mois, elles ont vu leurs deux parents mourir. À présent, elles survivent jour après jour du mieux qu’elles le peuvent en leur absence. Peu après la mort de leur mère, il y a trois mois, leurs maigres possessions ont été dérobées de leur maison – une simple structure en bambou et en bois en bordure de la ville.

« Ce que nous constatons ici est un problème de plus en plus important au Mozambique et dans le reste de l’Afrique, où nous avons des enfants qui ont perdu leurs deux parents et qui doivent très tôt devenir chef de famille, » dit Felix Cossa d’UNICEF Mozambique. « Ces jeunes filles sont aussi très vulnérables aux violences sexuelles, ce qui peut se produire à n’importe quel moment du fait qu’elles n’ont personne pour s’occuper d’elles. »

Personne ne dit si leurs parents sont morts de causes liées au SIDA mais le Mozambique est un pays où, selon ONUSIDA, 12,2 pour cent de la population âgée de 15 à 49 ans vivaient avec le VIH/SIDA en 2003 et environ 470 000 enfants ont perdu un ou leurs deux parents à cause du VIH/SIDA.

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Des familles et des communautés en situation critique

Le nombre croissant de morts du SIDA dans le pays, conjugué à trois années de sécheresse consécutives, a créé une crise qui dépasse les capacités de résistance de la plupart des familles et des communautés.

Dans le cadre d’un vaste programme des Nations Unies pour répondre aux ravages du VIH/SIDA, l’UNICEF fait la promotion d’un programme multisectoriel destiné à protéger les droits et le bien-être d’enfants comme ces jeunes filles et à les garder dans leurs maisons, leurs écoles et leurs communautés.

Ici, à Xai-Xai, un district côtier à trois heures de route de Maputo, la capitale, l’UNICEF soutient une association à but non lucratif de gens vivant avec le VIH/SIDA et de personnes qui les aident, appelée Kuvumbana (ce qui signifie «être unis» en Shangaan, le langage local).

Les bénévoles de Kuvumbana comme Perpetua et Fatima parcourent le district pour identifier, suivre et conseiller les familles vulnérables et les enfants qui sont devenus orphelins. La charge de travail des bénévoles est énorme et elles ont de la difficulté à visiter chaque semaine 124 foyers, qui comprennent cinq foyers où les chefs de famille sont des orphelins.

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« Nous travaillons en liaison étroite avec les chefs des communautés. Ils nous guident et nous indiquent quels foyers ont des orphelins et nous essayons de savoir s’ils vont à l’école, s’ils ont assez à manger et s’ils sont immunisés, » explique Perpetua. « Nous voulons qu’ils se rendent compte que, bien qu’ils aient perdu leurs parents, ils ne sont pas seuls, qu’il y a des gens qui peuvent prendre soin d’eux, » ajoute Fatima.

En 2003, l’UNICEF Mozambique a dépensé 2,3 millions de dollars pour apporter un soutien aux orphelins et autres enfants rendus vulnérables par le VIH/SIDA, mais les besoins déjà importants de communautés comme Xai-Xai ne cessent de grandir.

Il n’a pas si longtemps, des orphelines comme ces trois jeunes filles auraient été un exemple des pires conséquences du VIH/SIDA. Mais aujourd’hui on trouve partout des enfants confrontés à de telles situations, vivant et se débrouillant du mieux qu’ils le peuvent.

Après l’école, les sœurs cultivent un petit terrain à côté de leur maison, avant de se retirer sur une grande natte placée à l’ombre pour se plonger dans leurs livres d’école pendant que Laura, l’aînée, prépare le dîner.

« Nous prenons deux ou trois repas par jour. Nous mangeons du maïs, des fritures et parfois des salades comme accompagnement, » dit-elle. « Les agents de la communauté nous donnent des fournitures scolaires, des crayons, des livres de classe et aussi un peu de nourriture. Ils nous redonnent du courage. »


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L’action que mène l’UNICEF contre le VIH/SIDA [Web]

Facing the Future Together: Report of the Secretary-General's Task Force on Women, Girls and HIV/AIDS in Southern Africa [PDF, English only]

Les générations orphelines d’Afrique [PDF]

Les enfants au bord du gouffre 2004 : Rapport commun sur les nouvelles estimations du nombre d'orphelins et cadre d'action [PDF]

Combattre le VIH/SIDA - Stratégies pour gagner : 2002-2005 [PDF]


“Je vis en Afrique australe. Je ne veux pas mourir avant d'avoir 110 ans et cinq arrière-petits-enfants. Je ne veux pas mourir avant l'âge de 25 ans. Je refuse de croiser les bras et de regarder ma génération disparaître. Je vais faire bouger les choses… et toi?”
Une jeune fille de 15 ans, Zimbabwe

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Pays qui ont ratifié le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants : 83.
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