Enfants victimes de la violence sexuelle
La violence sexuelle est souvent une arme de guerre, sciemment utilisée. Elle englobe le viol, la mutilation, l’exploitation et la maltraitance. Dans les conflits de Bosnie-Herzégovine, de Croatie et du Rwanda, au début des années 90, on violait délibérément les adolescentes et les femmes et on les obligeait à mettre au monde des enfants appelés souvent les ‘enfants de l’ennemi’. Tous les conflits qui se sont déroulés plus récemment au Libéria, en République démocratique du Congo, en Sierra Leone et au Soudan ont été le théâtre de violences sexuelles. Il arrive souvent que les adolescentes soient spécifiquement visées en raison de leur jeunesse et de leur vulnérabilité relative ou parce que l’on pense qu’il y a moins de chances qu’elles soient infectées par le VIH. Selon de nombreuses informations recueillies dans les zones de conflit, des filles sont enlevées par des milices ou des groupes rebelles et contraintes de servir d’esclaves sexuelles.
La poussée de violence sexuelle qui accompagne souvent les conflits n’est pas limitée aux crimes commis par les combattants. Le chaos et la déstabilisation causés par la guerre fragilisent l’état de droit, laissant les enfants – en particulier ceux qui ont été séparés de leur famille et de leur communauté – beaucoup plus vulnérables à la violence sexuelle ou à l’exploitation. Les camps de personnes déplacées peuvent être des lieux dangereux pour les enfants : le surpeuplement, le désespoir et l’application déficiente du régime du droit peuvent exposer les enfants à la violence sexuelle. Qui plus est, la pauvreté, la faim et l’insécurité liées au conflit peuvent amener les enfants à se prostituer : en Colombie, par exemple, des filles qui n’avaient pas plus de 12 ans se seraient données à des groupes armés pour garantir la sécurité de leur famille.
Tous ces facteurs tendent à accroître les risques de transmission du VIH dans les zones de conflit, où la désintégration des systèmes scolaire et sanitaire neutralise les garde-fous qui pourraient conjurer ces risques. En outre, le désespoir de vivre dans une zone touchée par la guerre peut pousser les jeunes à adopter des comportements sexuels à risque. Un conflit qui se déroule dans une région à faible taux de prévalence du VIH ne produira pas en soi une explosion des taux d’infection. Mais l’effondrement de l’ordre social et la violence sexuelle associés au conflit favorisent toujours la propagation du VIH. Lorsque la guerre éclate dans une région où le taux de prévalence du VIH est déjà élevé, comme on l’a vu au Rwanda pendant les années 90, ainsi que dans la région orientale de la République démocratique du Congo, cela a des conséquences catastrophiques.
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