Enfants réfugiés et enfants déplacés
Une vie familiale est l’un des droits fondamentaux d’un enfant. La guerre n’en a cure : elle pousse les individus à quitter leur foyer pour fuir les zones de combat ou les attaques directes, laissant derrière eux non seulement leurs biens, mais leur famille et leurs amis. Au cours de la décennie écoulée, quelque 20 millions d’enfants ont été contraints par les conflits ou les violations des droits de l'homme de quitter leur domicile.
Lorsque les familles fuient les conflits, il arrive que leurs membres soient séparés les uns des autres. Abandonnés à eux-mêmes, les enfants courent davantage de risques de subir des violences sexuelles ou d’être recrutés comme combattants. Privés de tout réseau de soutien, ils sont également plus vulnérables à la faim et à la maladie. Certaines familles parviennent à rester groupées jusqu’à ce qu’elles trouvent un refuge, mais les mauvaises conditions dans lesquelles elles doivent fuir augmentent le risque de malnutrition et de maladie pour les enfants.
Le départ des familles est le plus souvent considéré comme une situation provisoire. Mais trop souvent, la période d’exil se compte en années, voire en décennies; en pareil cas, les enfants peuvent devoir passer toute leur enfance dans des camps. Au Sahara occidental, dans le sud du Soudan et ailleurs, des générations entières d’enfants n’ont jamais eu de foyer.
Sur les 40 millions de personnes qui ont été contraintes de fuir leur foyer, un tiers environ sont des réfugiés qui ont dû franchir des frontières nationales. Les deux autres tiers sont des personnes déplacées, proportion qui n’a fait que croître avec la multiplication des guerres civiles. Il est beaucoup plus difficile pour les organismes humanitaires d’intervenir en faveur des personnes déplacées parce que les gouvernements y voient souvent une ‘ingérence’. Pourtant, les problèmes des personnes déplacées sont souvent aussi graves que ceux des réfugiés : elles sont tout aussi exclues des systèmes de soutien, n’ont souvent pas de papiers d’identité et sont victimes de la discrimination. À la différence des réfugiés, qui ont droit à la protection juridique internationale, il arrive très souvent que leur statut juridique et l’aide et la protection des autorités soient beaucoup plus limités.
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