Unicef Logo and the text: Children Under Threat. The State of The World's Children 2005.

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Une mission dangereuse : aller à l’école en dépit de la violence permanente en Iraq

Chaque année, au début de l’été, les enfants iraquiens présentent un examen dont le résultat leur permettra de passer dans la classe supérieure ou les contraindra à redoubler. Cet examen de fin d’année est donc le plus important de l’année scolaire.

Aujourd’hui, l’enseignement, comme tout en Iraq, a été fortement perturbé. Le système éducatif, déjà en mauvais état avant la guerre, est presque en ruines en raison des dégâts causés par le conflit et par les pillages et incendies qui l’ont suivi. L’insécurité quotidienne – des attentats à la bombe, des enlèvements et des agressions se produisent chaque jour – a rendu les taux de fréquentation scolaire irréguliers et relativement faibles, en particulier chez les filles. En outre, le pillage des écoles a privé les élèves et les enseignants de matériel leur permettant d’apprendre ou d’enseigner. Par ailleurs, il est difficile de travailler à la maison et en classe du fait de l’extrême chaleur et de l’absence d’électricité – à l’exception de quelques heures par jour – dans la plupart des zones.

En raison de ces conditions difficiles, les examens de fin d’année 2003 allaient être annulés. Des millions d’enfants iraquiens auraient donc perdu en fait toute une année scolaire et auraient dû redoubler.

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Ramener les enfants en classe

Comprenant toute l’importance que représentaient ces examens pour les parents et la société iraquienne dans son ensemble, l’UNICEF, bénéficiant du soutien de l’Agence américaine pour le développement international, des Gouvernements du Danemark, de l’Italie, de la République de Corée, de la Suède et du Comité national italien pour l’UNICEF, a apporté son aide au Ministère iraquien de l’Éducation pour la planification et la réalisation de ces examens. Quinze millions de fascicules et autres fournitures et équipements essentiels pour l’examen ont été acquis et distribués, alors qu’une campagne de mobilisation sociale était lancée pour informer les parents et les communautés de la tenue des examens. Ainsi, début juillet 2003, 5,5 millions d’enfants iraquiens ont été en mesure de passer leur examen de fin d’année. Les filles, dont un bon nombre n’allaient plus à l’école pour des problèmes de sécurité, ont été tout particulièrement encouragées à passer l’épreuve et elles ont obtenu de meilleurs résultats que les garçons à tous les niveaux.

Alors que le taux général de fréquentation scolaire était de 60 % immédiatement après la chute du régime de Saddam Hussein, début avril 2003, 96 à 99,8 % des élèves iraquiens des niveaux primaire, moyen et secondaire se sont présentés à l’examen de fin d’année. Ceci a constitué une réussite majeure tant pour les enfants que pour leurs familles, ainsi que pour le nouveau Ministère de l’éducation iraquien (qui a été gravement touché pendant la guerre), contribuant à restaurer la confiance des élèves et des parents dans le système éducatif et rendant bien plus facile le retour des élèves à l’école.

Les examens de fin d’année entraient dans le cadre de la campagne de l’UNICEF Rentrée des classes 2003/2004, la plus grosse opération logistique de toute l’histoire de l’organisation. Cette opération a compris la fabrication et la distribution de plus de 68 000 mallettes « écoles en boîte », ainsi que l’impression et la distribution de 46 millions de manuels. En outre, 220 écoles, qui avaient subi des dégâts du fait de la guerre, ont été réhabilitées, alors que des travaux sont en cours dans 25 autres écoles.

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L’éducation, une priorité pour les enfants iraquiens et leurs parents

La situation en Iraq reste extrêmement instable. On signale que plus de cent enfants ont été tués à Falloujah et à Bassorah à la suite d’affrontements entre des Iraquiens et des forces de la coalition – et certains de ces enfants se rendaient à l’école. Néanmoins, en juin 2004, dans tout le pays, les élèves se sont présentés en masse dans les écoles pour leurs examens de fin d’année. Au Lycée des filles de Bilad Al-Arab, dans le district Al-Ma’alif de Bagdad, il n’y avait pas d’électricité et la chaleur était extrême. Khalid Salman et sa femme attendaient à l’extérieur de l’établissement leur fille Yusra, qui passait l’épreuve.

« Des agents de sécurité sont là pour la protection des élèves, pourtant nous avons peur, » dit Khalid Salman. « Auparavant, nous n’accompagnions pas nos enfants à l’école car il n’y avait pas de danger et personne n’osait leur faire du mal. J’espère que la situation va s’améliorer. »

Sahira Ali a conduit sa fille Rusul, qui est en sixième année, au Lycée des filles Al-Kahira, où elle passe son examen. Elle parle de sa peur constante, en attendant Rusul, à l’extérieur des portes du lycée. « Depuis que je l’ai amenée au lycée, nous avons entendu plusieurs explosions et sur notre chemin il y a eu un enlèvement, suivi d’une enquête de la police, ce qui nous a retardées, » dit-elle.

Rana Rasheed est en sixième année au Lycée Al-Kahira. Elle indique que ses professeurs n’ont pas été en mesure d’achever le programme de l’année en raison des troubles continuels et du manque de sécurité. « Aujourd’hui, je suis arrivée en retard au lycée en raison des embouteillages, puis il a fallu attendre que les agents de sécurité fouillent l’établissement pour s’assurer que personne n’y avait posé de bombe, » dit-elle. « Nous nous déplaçons très peu. Lorsque nous marchons dans la rue, nous sommes aux aguets et pleins d’appréhension, nous nous méfions de toute personne qui regarde dans notre direction. L’électricité est rare et c’est un calvaire que de préparer ses examens dans cette chaleur. Nous transpirons dans la salle d’examen, sans ventilateur. »

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Pourtant, malgré la chaleur accablante et la crainte constante de la violence, les enfants iraquiens et leurs parents n’ont pas renoncé à l’éducation. Pour les enfants, le fait d’aller à l’école est devenu un risque quotidien calculé ; et ils espèrent que ce risque leur permettra un avenir meilleur, à eux et à leur pays.


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Stephen [20 ans, Ouganda]

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