Unicef Logo and the text: Children Under Threat. The State of The World's Children 2005.

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©UNICEF/ Occupied Palestinian Territory/ Steve Sabella

A la recherche d’une éducation dans le Territoire palestinien occupé

Dans le Territoire palestinien occupé, la violence incessante, les couvre-feux, les fermetures d’écoles, l’obligation de rester chez soi et une économie en ruines empêchent beaucoup d’enfants d’aller à l’école. Au cours de l’année scolaire 2003/2004, 197 600 journées d’écoliers palestiniens et 9 300 journées d’instituteurs ont été perturbées, et au moins 580 écoles ont été fermées. Sur 1,2 million d’enfants palestiniens d’âge scolaire et leurs familles, 317 000 éprouvent de graves difficultés financières – notamment ceux qui habitent dans la Bande de Gaza, une région très pauvre.

Plus d’une génération d’enfants palestiniens sont privés de leur droit à une éducation de base.

Bien que les enfants palestiniens, dans leur majeure partie, aient été en mesure de retourner à l’école ou de bénéficier d’un enseignement de soutien en 2001/2002 et 2002/2003, les difficultés de déplacement ont nécessité la création d’un système d’enseignement supplémentaire, quelquefois non traditionnel. Un bon nombre d’écoliers palestiniens suivent maintenant l’enseignement de leurs parents ou se réunissent dans des salles de classe de fortune, dans des mosquées, des sous-sols et des ruelles.

Les bâtiments scolaires sont exposés à un danger constant : entre septembre 2000 et juin 2004, au moins 269 écoles ont été endommagées; neuf écoles ont été fermées totalement, trois d’entre elles servent actuellement d’avant-poste militaire. En outre, 275 autres écoles sont en plein milieu des affrontements. Malgré les efforts considérables des donateurs et d’organisations telles que l’UNICEF, le conflit pénètre de plus en plus dans les salles de classe palestiniennes sous forme d’images et d’une rhétorique de la violence, surtout dans les écoles publiques. C’est que, dans les territoires palestiniens, la plupart des familles ont souffert directement : des frères et sœurs, un père ou une mère tués, blessés ou mis en prison, la maison démolie et les cultures déracinées.

L’UNICEF s’efforce de permettre au plus grand nombre possible d’enfants de poursuivre leurs études, même s’il leur est impossible de se rendre dans leur école. En collaboration avec le Ministère palestinien de l’éducation et de l’enseignement supérieur et avec des organisations non gouvernementales locales, l’UNICEF a appuyé des projets d’éducation alternative dans des secteurs où la violence et les fermetures ont perturbé les programmes scolaires et le suivi des cours. Ceci comprend le soutien au Conseil municipal des enfants, aux clubs de jeunes, aux médias destinés aux enfants, et qu’ils réalisent eux-mêmes, ainsi qu’aux colonies de vacances. L’UNICEF a également apporté son appui au Secrétariat du plan d’action national pour les enfants palestiniens, dans le cadre du lancement de sa campagne « rentrée des classes » visant à permettre à près d’un million d’enfants de retourner dans leurs écoles en septembre 2003.

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©UNICEF/Occupied Palestinian Territory/ Steve Sabella

Un programme original permet aux enfants de continuer à apprendre

En 2002, l’UNICEF a apporté son appui au développement d’un programme d’éducation pilote à base communautaire à Hébron et, dans la Bande de Gaza, à Khan Younès. À Hébron, ce programme a aidé 12 000 enfants, dont l’éducation avait été perturbée en raison des fermetures, à poursuivre le programme scolaire palestinien.

Trente écoles ont été concernées, et quelque 600 enseignants mobilisés, appuyés par des parents, des réseaux de télévision locale et le rectorat local. Quelques 230 feuilles d’auto-apprentissage ont été élaborées, touchant quatre disciplines, l’arabe, l’anglais, les mathématiques et les sciences. De plus, les chaînes de télévision locales ont diffusé vingt leçons. Les enfants de la première à la quatrième année ont donc bénéficié de quarante heures de cours de rattrapage.

« Lorsque je ne vais pas à l’école, je perds l’espoir de faire face à mes responsabilités et j’en souffre, » a déclaré Sabah, un professeur d’arabe de cinquième année. « Les feuilles d’auto-apprentissage sont extrêmement utiles aux élèves. Au cas où ils ne disposeraient pas des informations nécessaires, une solution alternative leur est offerte. Cela ne vaut pas le travail dans une salle de classe, mais les élèves peuvent ainsi éviter de perdre du terrain. »

En 2003/2004, à la suite de la réussite du projet à Hébron, l’UNICEF a soutenu la reproduction de cette expérience dans les quatre districts les plus touchés, à savoir Jénine, Naplouse, Rafah et Tulkarem. Ceci a été mis en œuvre dans le cadre d’un programme de rattrapage scolaire, qui apporte un enseignement permettant de combler les lacunes d’enfants dont l’éducation a été perturbée. Ce programme a touché 150 000 enfants et leur a permis de garder un très bon niveau scolaire.

Alaa’, une fille de 12 ans d’Hébron, a expliqué que les feuilles d’auto-apprentissage lui permettaient, ainsi qu’à sa sœur, de rester à la maison tout en étudiant de la même manière que les enfants qui sont en mesure d’aller à l’école. « C’est comme si nous étions à l’école. Mais au lieu d’être assises dans la salle de classe avec l’instituteur et nos camarades, nous sommes assises ici et nous étudions seules; et si nous nous heurtons à une difficulté, nous demandons à papa ou à maman, » a-t-elle dit. « J’aimerais bien être libre comme les autres enfants dans le monde, aller à l’école à pied sur de bonnes routes au lieu de me trouver en face de postes de contrôle et de fermetures, et jouer paisiblement sans que personne nous rende malheureuses ».

Nahla, une mère de sept enfants, a fait elle-même des études. C’est un élément important qui lui permet d’aider ses enfants à concrétiser leur droit à l’éducation. « Comme j’ai pu faire des études, j’estime qu’il est de ma responsabilité d’aider l’école au niveau du matériel scolaire, » dit-elle. Nahla, qui a aidé à préparer un bon nombre de feuilles de travail du projet, rappelle à quel point il est important de donner une éducation à ses filles, en particulier dans une société qui privilégie l’éducation des garçons. « Les filles sont exactement comme les garçons, dit-elle, aujourd’hui, il n’y a pas de différence, nous nous développons et nous voulons que notre société soit instruite. »


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"Le VIH/SIDA est un problème de grande envergure, qui ne peut être réglé par des palliatifs et des solutions médiocres ne  faisant pas appel aux sensibilités des sociétés… la prévention, comme toujours, est la priorité absolue…"
Passerby [17 ans, Philippines]

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Nombre total de pays qui ont ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant : 192; pays qui n’ont pas encore ratifié la Convention : 2.
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