La situation des enfants dans le monde 2004

Et les garçons?

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© UNICEF/2003/Uzal

Des écoles adaptées aux filles deviennent des écoles adaptées aux garçons. La quasi-totalité des réformes entreprises pour aider les filles à s’inscrire à l’école et à continuer d’y aller bénéficient également aux garçons, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs de l’Éducation pour tous et des Objectifs de développement pour le Millénaire.

Les garçons profitent aussi bien que les filles des programmes en faveur du jeune enfant. L’assouplissement des horaires scolaires aide les filles et les garçons qui travaillent à domicile ou à l’extérieur. Lorsque l’école est située plus près du domicile des enfants, il est plus facile pour tous les enfants d’y aller. L’approvisionnement en eau et l’installation de latrines dans les écoles bénéficient aux filles qui pâtiraient davantage du manque de ces installations, mais les garçons en profitent également. Et un environnement scolaire d’où la violence a été bannie profite à tout le monde.

La mise au point de méthodes d’enseignement adaptées aux enfants, respectueuses des différences entre les sexes et permettant de rester à l’écoute des besoins de chaque enfant améliore l’expérience scolaire de tous les enfants. Une évaluation réalisée par l’USAID dans huit pays a conclu que les efforts en faveur de l’éducation des filles amélioraient la qualité des écoles et contribuait à améliorer la fréquentation scolaire des garçons. Tous les enfants profitent de la mise en place de systèmes éducatifs qui tiennent compte des différences entre sexes, en particulier dans les pays et régions où  les contre-performances scolaires des garçons et leur désintérêt pour l’école sont de plus en plus préoccupants.

L’exclusion des garçons

Une étude réalisée récemment par l’UNICEF confirme que dans une nette majorité de pays, la scolarisation des filles est très en retrait de celle des garçons. Mais dans certains pays comme la Colombie, Haïti,  le Lesotho, Madagascar, le Malawi, la Mongolie, la République-Unie de Tanzanie et le Suriname, les garçons sont absents des écoles en nombres disproportionnés.

Dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, les garçons affichent en général des taux de redoublement supérieurs et un niveau scolaire inférieur à ceux des filles et, dans certains pays, un taux d’absentéisme supérieur. Le moment critique pour les garçons survient souvent au début de l’adolescence, lorsque leur corps et le sentiment qu’ils ont de leur identité se modifient, lorsqu’ils sont confrontés au monde des adultes et aux aspirations que ce dernier nourrit à leur égard. Cela vaut également de plus en plus dans les pays occidentaux.

Les garçons distancés

Dans les pays industrialisés, le problème de la contre-performance scolaire des garçons n’est généralement pas reconnu. On s’accorde généralement à constater que les filles réussissent mieux que les garçons dans les matières littéraires et linguistiques, mais que les garçons obtiennent de meilleurs résultats en mathématiques et en sciences, domaines auxquels les filles n’ont traditionnellement pas eu accès. Ces dernières années, toutefois, la participation et les résultats des filles en sciences et en mathématiques se sont nettement améliorés, pour des raisons qui tiennent non pas seulement aux initiatives scolaires, mais aussi à une évolution générale du rôle que la société attend des femmes. Résultat : dans de nombreux pays, les filles réussissent maintenant mieux que les garçons dans toutes les matières.

Garçons désenchantés

Les chercheurs qui étudient les contre-performances scolaires des garçons suivent différents axes de réflexion, mais tous s’accordent à reconnaître que les solutions scolaires ne régleront pas le problème à elles seules et que celui-ci, comme la question des contre-performances des filles dans le monde en développement, est indissociable de questions plus vastes en rapport avec la problématique hommes-femmes et le pouvoir.

Le problème des contre-performances scolaires des garçons est un phénomène complexe. La socialisation entre en jeu - les filles sont souvent encouragées à rester à la maison et à se concentrer sur une tâche donnée tandis que les garçons ont davantage de liberté. Ces modes de socialisation font que les filles répondent mieux aux exigences scolaires, alors que ce n’est souvent pas le cas des garçons. La proportion d’enseignantes et d’enseignants joue également un rôle important. Si dans de nombreux pays en développement, le nombre d’enseignantes est insuffisant, dans les pays industrialisés, les hommes sont souvent absents des écoles, particulièrement dans le primaire.

Rôles assignés à chaque sexe

Le désintérêt des garçons pour l’éducation et ses liens étroits avec leur socialisation masculine traditionnelle montrent à quel point il est important que le père soit en contact avec ses enfants dès leur naissance, leur prodigue lui aussi des soins, participe à leur développement pendant la petite enfance et contribue à leur éducation

Les garçons comme alliés stratégiques

En contribuant à la promotion et à la protection des droits des filles, les garçons peuvent renforcer leur pouvoir d’action tout en développant leurs aptitudes sociales et leur niveau d’instruction. L’aide des garçons a été particulièrement précieuse pour régler les problèmes concernant la sécurité des filles durant le trajet à destination et en provenance de l’école. En regardant en face la réalité de la violence et en comprenant pourquoi elle est inacceptable, les garçons non seulement aident à protéger les filles mais en retirent un avantage sur le plan de leur propre développement social.

Le rôle de la pauvreté

Les problèmes que les garçons rencontrent dans le domaine de l’éducation sont difficiles à dissocier de leur origine sociale. Souvent, le sentiment de ne pas être à sa place à l’école va de pair avec des conditions socio-économiques défavorisées. Les contre-performances scolaires des garçons sont influencées par la pauvreté aussi bien que par les rôles assignés à chaque sexe.

Des écoles soucieuses de l’égalité entre les sexes sont des lieux où tous les enfants peuvent s’épanouir – ce qui est l’objectif ultime de l’Éducation pour tous

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