La situation des enfants dans le monde 2004

Les « filles karatéka » de Bihar (Inde)

UNICEF Image
© UNICEF/HQ03-0371/Vitale
L’éducation sauve la vie des filles et des femmes et améliore leur existence. Elle favorise un développement plus équitable,renforce les familles, améliore les services, et fortifie les enfants.

À première vue, le karaté n'a pas grand-chose à voir avec l'éducation des filles à Bihar, l'une des provinces indiennes les plus en difficulté en matière de développement humain. Ces deux activités ont pourtant changé la vie de Lalita Kumari, âgée de 18 ans.

Lalita allait au Jagjagi ou « centre d'éveil » local ; une école accueillant des filles de 9 à 15 ans et des femmes de milieux défavorisés qui soit n’ont pas achevé le cycle d'enseignement primaire soit ne sont jamais allées à l'école. Le centre propose des cours d'alphabétisation et de calcul de base. Lalita a été invitée à suivre un programme d'études de huit mois au Mahila Shiksan Kendra, un centre éducatif résidentiel qui permet à des femmes et adolescentes semi-alphabètes d’acquérir des aptitudes pratiques et offre la possibilité de suivre ensuite des études secondaires. L'objectif principal est de former un ensemble de femmes très motivées qui joueront un rôle de premier plan dans leur communauté. Le karaté est l’un des moyens employés à cette fin.

Lalita voulait aller au centre mais son père estimait que les filles devaient rester à la maison. Les femmes de Mahila Shiksan Kendra l’ont convaincu de laisser sa fille aller au centre en insistant sur le volet éducation à l'hygiène du programme.

Ce sentiment d'autonomie est une composante essentielle du succès du programme Mahila Samakhya (traduit par « Éducation pour l'égalité des femmes »), qui fait intégralement partie du Projet d'éducation de Bihar. Depuis sa création en 1992, le taux d'alphabétisation des femmes est passé de 23% – le taux le plus faible du pays – à 34 %. Le programme est aujourd’hui mis en œuvre dans 2 063 villages de 10 districts de Bihar.

Le programme Mahila Samakhya de Bihar est axé sur les groupes locaux de femmes. On en dénombre aujourd'hui plus de 2 000, qui comptent en tout 50 000 membres. L'une des principales priorités des groupes de femmes est de réussir à offrir à leurs enfants, en particulier à leurs filles, des possibilités d'éducation. Les centres donnent aux filles un accès privilégié non seulement à l'éducation mais aussi à l'autonomie.

Lalita enseigne aujourd’hui le karaté, au grand dam de ses frères aînés qui pensent qu’elle devrait se marier. Heureusement, leur père est aujourd'hui l’appui le plus important de Lalita et estime qu’elle est la plus disciplinée de tous ses enfants.


 

 

English   Español  

New enhanced search