La situation des enfants dans le monde 2004

Égypte : des rêves devenus réalité

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© UNICEF/2000/Pirozzi
Grâce aux succès obtenus par leurs enfants, comme ceux de cette école d’Egypte,les communautés isolées peuvent s’ouvrir sur le monde.

Awatif Morsy avait 8 ans et vivait à Beni Shara’an (Egypte) quand quelqu’un est venu chez elle demander le nom des enfants qui n’allaient pas à l’école. Sa mère a donné son nom. Depuis, Awatif va à l’école.

Au départ, tout le monde n’était pas persuadé de l'utilité d'envoyer les filles à l'école. Certains agriculteurs craignaient que l’école ne les prive de la main-d’œuvre bon marché que constituaient les enfants. Même le beau-père d’Awatif n’était pas convaincu.

Mais Farouk Abdel Naim, un commerçant âgé, n’était pas de cet avis. Il a même fait don des locaux qui allaient servir d’école. « J’ai fini par penser que l’éducation d’une fille est encore plus importante que celle d’un garçon », explique M. Abdel Naim. « Un homme arrive toujours à se sortir de la situation dans laquelle il se trouve, contrairement à une fille. Pour se débrouiller dans la vie, il faut qu’elle soit instruite. »

Huit ans plus tard, la plupart des contestataires se sont ralliés à son opinion. L’école, qui comprend maintenant trois salles de classe, est aujourd’hui considérée comme un bon investissement. Les parents analphabètes dépendent de leurs filles qui lisent et écrivent pour eux. Beaucoup d’adultes illettrés en profitent également pour suivre eux-mêmes des cours d'alphabétisation.

Les autres régions d'Égypte suivent maintenant l'exemple de Beni Shara’an. En 2000, l’Égypte a présenté une Initiative en faveur de l’éducation des filles, à quelques mois du lancement à l’échelle mondiale de l’Initiative en faveur de l’éducation des filles des Nations Unies. L’initiative égyptienne s’est appuyée sur l’action précédemment menée avec succès par l’UNICEF et le Gouvernement égyptien : environ 200 écoles communautaires et 3500 écoles d’une seule salle de classe ont été ouvertes pendant les années 1990.

Au cours d’une série de réunions de haut niveau présidées par la femme du Président, Son Excellence Mme Suzanne Moubarak, l’éducation des filles a été promue au rang de priorité absolue du développement de l’Égypte pour les cinq années à venir. Cette priorité se doublait d’une volonté de combler d’ici à 2007 l’écart entre filles et garçons et d’éduquer ainsi un demi-million de filles non scolarisées. Un groupe de travail réunissant des  ministères, ainsi que des ONG et des organismes des Nations Unies a coopéré étroitement avec des groupes locaux, afin que les collectivités locales soient véritablement maîtres des écoles qui leur étaient destinées.

Au fil des ans, l’action menée en Égypte a été de plus en plus reconnue à l’échelle internationale. Awatif Morsy a joué un rôle important à cet égard. En 2001, cette fillette de 8 ans a été l’un des trois enfants représentant l’Égypte à Kampala (Ouganda), lors d’une réunion organisée en préparation de la Session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants.


 

 

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