La situation des enfants dans le monde 2003
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Ivan Blacev/Right to know Initiative/United Nations/2002
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Demander l’avis des enfants et des jeunes n’est pas toujours sans danger. Car leurs réponses ne nous plaisent pas forcément. A cet égard, le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a fait preuve de courage et a montré l’exemple en invitant les enfants à s’exprimer lors de la Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée aux enfants, qui s’est tenue en mai 2002. « Pour l’instant, ce sont les adultes qui ont pris toutes les décisions, mais l’heure est maintenant venue de construire le monde avec les enfants. Nous vous écouterons, je vous le promets », a déclaré le Secrétaire général.

Et les enfants se sont exprimés, haut et fort. En présentant les résultats de la campagne « Dire oui pour les enfants » – qui a obtenu près de 95 millions de signatures – ils ont indiqué aux dirigeants de la planète que 95 millions de personnes s’attendaient à ce qu’ils prennent des initiatives au nom des enfants et que 95 millions de personnes étaient prêtes à les aider à défendre les droits de tous les enfants.

Dans leur déclaration présentée à l’Assemblée générale, ils ont exigé un monde sans pauvreté, sans guerre et sans violence. Ils ont proposé de participer, grâce à leurs connaissances et à leur ingénuité, à l’élaboration de solutions aux problèmes qui les concernent. « Nous avons la volonté, le savoir, la sensibilité et la motivation nécessaires », ont-ils affirmé.

Tout au long de la Session extraordinaire, on les a retrouvés partout. Des enfants et des jeunes ont présidé des réunions, ont fait participer des dirigeants internationaux à d’intenses débats lors de sessions de dialogue intergénérationnel et ont présenté aux journalistes leurs points de vue et leurs attentes. Ils ont soulevé des problèmes, analysé des situations et proposé avec lucidité des solutions.

Sondages et enquêtes

Dans l’année qui a précédé la Session extraordinaire, dans le cadre de l’une des plus grandes enquêtes internationales qui ait jamais été menée auprès des enfants, près de 40 000 enfants âgés de 9 à 18 ans, vivant dans 72 pays d’Asie de l’Est et du Pacifique, d’Europe et d’Asie centrale et d’Amérique latine et des Caraïbes ont donné leur avis sur des sujets aussi variés que l’école, leur expérience de la violence et leurs attentes des gouvernements. Lors de ces sondages, effectués par l’UNICEF et ses partenaires, la majorité des enfants ont déclaré avoir de bonnes relations avec leurs parents et leurs enseignants, être heureux la plupart du temps et être profondément préoccupés par diverses questions économiques, sociales et environnementales.

Mais beaucoup trop d’enfants et de jeunes ont évoqué de pénibles réalités :

Ces résultats témoignent de l’état de nos sociétés et de nos systèmes de valeurs. S’ils passent inaperçus ou restent sans suite, cela présage mal de l’avenir de nos démocraties.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, deux enfants sur trois ne font pas ou peu confiance à leur gouvernement et aux institutions qui s’y rattachent. Les enfants estiment qu’ils n’ont aucune importance aux yeux de ces institutions.

En Europe et en Asie centrale, seuls 4 enfants sur 10 pensent que voter lors d’élections permet véritablement d’améliorer la situation de leur pays. Un peu moins d’un tiers fait confiance à leur gouvernement, tandis qu’un autre tiers s’en méfie. Lorsqu’on leur demande de nommer
des célébrités qu’ils admirent, seuls 2 enfants sur 100 choisissent un homme ou un dirigeant politique.

Dans la région de l’Asie de l’Est et du Pacifique, seuls 3 % des enfants interrogés ont cité un président ou un premier ministre lorsqu’on leur a demandé de nommer la personne qu’ils admiraient le plus. (Exception notable : ce pourcentage était de 21 % au Timor-Leste, l’ex-Timor oriental). En Amérique latine et dans les Caraïbes, la situation est encore plus préoccupante. Parmi les enfants interrogés, beaucoup n’ont cité aucun dirigeant. Certains pensaient que la situation de leur pays empirerait à l’avenir, en partie parce que leur gouvernement est, à leur avis, incapable de résoudre les problèmes.

Et, parmi tous les enfants interrogés, la confiance accordée aux hommes politiques et aux policiers et enseignants diminue avec l’âge et – probablement – avec l’expérience.

Et maintenant ?

Dans de nombreux pays, les dirigeants ont reconnu que ce sondage avait souligné à quel point il est important d’écouter les enfants et de tenir compte de leurs opinions lorsqu’on prend des décisions les concernant. Par exemple, 21 chefs d’Etat d’Amérique latine ont résolu, lors du Xe Sommet ibéro-américain, d’accorder plus d’attention à la situation des enfants et des jeunes. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la plus grande organisation régionale de sécurité dans le monde, a demandé à ses missions sur le terrain de tenir compte des résultats du sondage lors de l’élaboration de programmes visant à renforcer le civisme démocratique, l’éducation civique, la prévention des conflits et la sécurité.

Dans les régions où aucun sondage n’a été effectué, des enquêtes nationales, des consultations et des conférences de jeunes ont permis aux dirigeants de s’informer des préoccupations des enfants et des jeunes. A Amman, par exemple, les adolescents de 16 pays réunis à l’occasion d’un forum régional de la jeunesse ont proposé des initiatives portant sur certains problèmes, notamment l’emploi et l’éducation, et le grand nombre de jeunes fumeurs et de jeunes vivant en situation de conflits.

Aujourd’hui, c’est à nous de nous engager dans une nouvelle direction. Nous avons demandé aux enfants de nous faire part de leurs réflexions et de leurs espoirs. Ils l’ont fait. « C’est maintenant, a déclaré Carol Bellamy à la clôture de la Session extraordinaire, qu’il faut agir. »

 

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