

Dans le monde entier, les enfants font entendre leurs points de vue sur des questions législatives qui les concernent, et, dans de nombreux pays, les gouvernements apprennent à les écouter.
En Afghanistan, une Jirga (assemblée) des enfants est prévue
cette année pour examiner les difficultés que connaissent des
millions d’enfants afghans, notamment ceux qui ont perdu un de leurs
parents ou les deux, ont été déplacés par des
conflits ou estropiés par des mines terrestres, ou souffrent de malnutrition.
Le Gouvernement afghan a été prié de créer une
commission nationale de l’enfance qui agira dans plusieurs domaines,
comme la santé et l’éducation, « de façon
à ce que les enfants jouent un rôle de premier plan dans l’élaboration
de politiques et l’allocation de ressources », explique Olara
Otunnu, le Représentant spécial du Secrétaire général
de l’ONU chargé de la question des enfants et des conflits armés.
Au Timor-Leste, neuf jours avant la célébration de l’indépendance, le 20 mai 2002, un Parlement des élèves a été constitué et a tenu sa première réunion à l’assemblée parlementaire. Alors que la nouvelle nation s’apprêtait à accéder à l’indépendance, l’UNICEF et ses partenaires ont lancé une grande campagne visant à informer les jeunes de la démocratie. Avec le slogan « Bâtir une nation avec les enfants et les jeunes », l’UNICEF a encouragé les jeunes à participer à la vie politique. De cette campagne est né le Parlement des élèves.
Les élèves ont débattu de sujets variés –
allant des soins de santé à l’information sur le VIH/SIDA
– et ont adopté 22 résolutions. Ils ont demandé
au nouveau gouvernement de ratifier les instruments relatifs aux droits de
l’homme, y compris la Convention relative aux droits
de l’enfant, et d’améliorer la santé et l’éducation
en milieu rural.
Le Parlement des élèves a été le tout premier
parlement de ce qui était alors le Timor oriental, gouverné
à l’époque par une Assemblée constituante, qui
conseillait Sergio Vieira de Mello, alors administrateur provisoire des Nations
Unies. Xanana Gusmao, élu Président, et le
Conseil des ministres, ont assumé les fonctions de M. de Mello neuf
jours après l’ouverture du Parlement des élèves.
Le rapport du Parlement des élèves sera présenté
à l’assemblée plénière du Parlement pendant
la saison parlementaire de 2002, et l’UNICEF a entrepris, avec le concours
du Ministère de l’éducation, d’établir au
cours de l’année scolaire des parlements d’élèves
dans certains lycées.
« Au Timor oriental, les enfants comptent », a déclaré Germano da Costa, président du Parlement des élèves. « C’est un jeune pays, nous sommes un peuple jeune. C’est bien que des gens puissent bâtir leurs maisons et cultiver leurs terres, mais nous devons inculquer à nos enfants des compétences. Ils sont les garants de notre avenir. »
Dans une autre région du monde, la Commission juridique de l’Afrique du Sud (SALC) participe à une analyse approfondie de toutes les lois relatives aux enfants. Cette analyse a commencé dans les années 90, suite au mécontentement général que suscitait la législation sur les garderies des enfants, qui dataitd’avant la fin de l’apartheid et les premières élections démocratiques de 1994.
Après l’adoption de quelques amendements urgents en 1996 et
en 1999, les lois en vigueur font actuellement l’objet d’une révision
complète. Dans toutes les régions du pays, des enfants ont assisté
aux séminaires et groupes de discussion, et leurs commentaires ont
été pris
en compte lors de la formulation des recommandations préliminaires
de la Commission en 2001. Un projet de loi relative aux enfants a depuis été
arrêté et est actuellement examiné par le Département
du développement social. S’il est approuvé, ce projet
de loi sera ensuite
présenté au Parlement.
La SACL a consulté les enfants sur d’imminentes modifications
de la législation qui les concernaient directement et a permis aux
enfants de participer à la réforme législative au même
titre que les adultes. Leurs
opinions ont été prises en compte autant que celles des autres
intervenants et ont dans certains cas été décisives.
Cela a par exemple été le cas lorsqu’il a été
décidé de ne pas porter à 18 ans (au lieu de 16 ans actuellement)
l’âge légal du travail.
Une évaluation indépendante de la participation des enfants
a permis d’établir que les enfants ont apprécié
la possibilité de participer à la réforme législative
et de faire
entendre leurs opinions. Comme l’a dit un de ces enfants : « Nous
avons eu voix au chapitre, nous nous sommes sentis nécessaires et importants.
Nous étions aussi contents d’avoir la possibilité de participer,
de donner notre avis et d’être écoutés et nous espérons
qu’ils parviendront à quelque chose d’utile en se servant
de ce que nous avons dit. »