IX. Le silence des enfants a de graves conséquences
Tout porte donc à croire que le monde entier aurait beaucoup
à gagner à écouter les enfants. Et pourtant, dans la plupart des
cas, les enfants passent inaperçus aux yeux des dirigeants, et
leurs préoccupations ne sont pas prises en compte.
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Les dirigeants prennent rarement en compte
les enfants, comme ce jeune garçon assis sur la voie ferrée
dans le centre de Jakarta (Indonésie).
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Les enfants n'ont pas le droit de voter et ne disposent d'aucune
représentation politique et d'aucun recours juridique direct.
Leurs opinions ont rarement droit de cité dans les médias. Beaucoup
d'enfants se marient, travaillent ou sont recrutés comme soldats
bien avant d'être officiellement reconnus sur le plan politique.
L'article 12 de la Convention relative
aux droits de l'enfant stipule que « sur toute question l'intéressant,
les opinions de l'enfant … [devraient être] dûment prises en considération
eu égard à son âge et à son degré de maturité ».
L'invisibilité des enfants au sein de leur famille, de leur communauté
et de leur nation prive le monde d'opinions importantes et d'idées
nouvelles. Le silence auquel les enfants sont réduits contribue
à l'inégalité, aux mauvais traitements, à l'exploitation, à la
pauvreté et à la peur dont ils sont victimes.
Heureusement, sachant que leur avenir est intrinsèquement lié
à celui de leurs enfants, de nombreux pays tiennent compte des
enfants à l'échelle nationale.
En Bolivie par exemple, des Offices de protection de l'enfance
ont été créés dans 158 municipalités, l'objectif étant d'en ouvrir
un dans chacune des 314 municipalités du pays. Ces Offices ont
participé activement à la dénonciation d'actes de violence qui
seraient auparavant passés inaperçus.
Dans certaines des démocraties en formation d'Europe orientale
et de la Communauté d'Etats indépendants apparaissent des parlements
des enfants. Dans la République de Moldova, par exemple, il existe
un Parlement des enfants, où sont notamment représentés les enfants
placés dans des établissements médico-sociaux. Des conseils de
la jeunesse, élus, travaillent en collaboration avec les 18 administrations
locales du pays pour associer les jeunes au processus décisionnel.
L'Azerbaïdjan compte un nombre de jeunes élus membres du Parlement
supérieur à la moyenne, parmi lesquels se trouve la présidente
de l'Organisation des enfants.
En Afrique également, les parlements des enfants sont nombreux.
Quasiment tous les pays du continent donnent la parole aux enfants
en leur permettant de participer à des conseils ou des parlements.
Le silence imposé depuis longtemps aux enfants a donné lieu à
d'horribles situations. A une époque où les progrès technologiques
se multiplient, où les bénéfices des entreprises grimpent en flèche,
où les voyages dans l'espace ne font plus les titres des journaux
et où les communications internationales s'effectuent en quelques
clics de souris, des enfants dépérissent dans la pauvreté, continuent
d'être victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles,
sont contraints de participer aux combats et sont exposés à des
maladies mortelles.
Lorsqu'on réduit les enfants au silence et qu'on anéantit leur
dynamisme et leurs espoirs, ils en gardent des cicatrices permanentes.
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Pour plus d'informations sur les thèmes susmentionnés, cliquez
sur les liens qui suivent (certains de ces liens
ne sont disponibles qu'en anglais):
L'Office
de protection de l'enfance de Bolivie
Le Parlement
des enfants de Moldova
L'Organisation des enfants
d'Azerbaïdjan
Pour une analyse détaillée des effets des guerres sur les enfants,
consultez La situation des enfants dans le
monde - 1996
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