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Quatre menaces urgentes

 

Les enfants en situation de détresse sont affectés de manière directe, lorsqu'ils sont exposés à la violence, et indirecte, lorsque les gouvernements choisissent de privilégier à leurs dépens d'autres programmes politiques. Quatre menaces urgentes pèsent sur les jeunes enfants :

La pauvreté
1,2 milliard de personnes, dont plus de 500 millions d'enfants, vivent avec moins d'un dollar par jour.

La violence contre les femmes
La violence que subissent les femmes s'exerce en même temps sur les enfants. Elle contribue à perpétuer cet engrenage en apprenant aux jeunes des comportements destructifs et en leur proposant des modèles négatifs.

Conflits armés
Au cours des dix dernières années du XXe siècle, plus d'un million d'enfants sont devenus orphelins ou ont été séparés de leur famille à la suite d'un conflit armé.

VIH/SIDA
Parce qu'il tue plus de 2 millions d'adultes chaque année, le VIH/SIDA prive de protection les milliers d'enfants qui deviennent orphelins chaque jour.



 

Redonner de l'espoir à ceux qui n'en ont plus

Dans les régions du monde où la vie est la plus dure, dans ces pays où règnent la pauvreté, la violence et des épidémies dévastatrices, les enfants se demandent s'il reste quelqu'un qui s'intéresse encore à leur sort. Les droits des plus jeunes à survivre, à croître et à se développer sont menacés lorsque les adultes qui doivent s'occuper d'eux sont trop malades, trop préoccupés ou trop épuisés pour s'occuper d'eux. C'est pourtant dans ces pays déshérités que les jeunes enfants ont le plus besoin d'attention : ils sont particulièrement vulnérables lorsque leur société ou leur famille sont fragilisées.

Les programmes en faveur des jeunes enfants, même sous leurs formes les plus rudimentaires, profitent le plus à ceux qui sont le plus marginalisés. En mars 1999, 360 000 réfugiés kosovars qui fuyaient les combats sont arrivés en masse dans l'ex-République yougoslave de Macédoine. Les enfants d'âge scolaire ont suivi des cours qui, même s'ils étaient organisés dans des classes de fortune, ont rétabli dans leur vie une certaine normalité. Mais les enfants plus jeunes, eux, sont restés avec leurs parents traumatisés par la guerre dans des abris surpeuplés. Leur souffrance, invisible et inaudible, semblait devoir passer inaperçue.

En un mois cependant, l'UNICEF et la Ligue albanaise des femmes, une association féminine locale, ont envoyé près de 150 bénévoles formées au travail communautaire et aux questions de développement des enfants. Quelques 6 500 familles hôtes et réfugiées, dont 9 000 enfants, ont reçu des informations sur le rôle des parents en temps de crise. Ce projet d'urgence a amélioré les soins et l'attention que les enfants ont reçus en dépit de conditions de vie difficiles. Il a aussi permis, en émancipant les femmes, de les associer activement à la prise de décisions tant dans leur famille que dans leur collectivité. Ce qui avait commencé comme un projet d'aide humanitaire a fini par donner voix à des femmes dont l'opinion avait jusqu'alors été négligée.

Au Malawi, où 15 % des enfants sont devenus orphelins à cause du VIH/SIDA, la maladie et la pauvreté empêchent les familles et les collectivités de fournir à leurs plus jeunes membres les soins dont ils ont besoin. En zone rurale, 90 % des enfants n'ont pas accès à des programmes en faveur des jeunes enfants. Leur droit fondamental à la survie, à la croissance et au développement est menacé.

En 1999, le gouvernement du Malawi et l'UNICEF ont intensifié leurs efforts visant à améliorer les soins aux jeunes enfants. Des initiatives locales ont été élaborées et d'autres agents ont été envoyés en renfort dans les zones rurales isolées. Les activités menées auprès des collectivités visaient six domaines particuliers : les soins aux femmes, l'allaitement maternel, la préparation des aliments, les soins psychosociaux, l'hygiène et les pratiques sanitaires à la maison. En dépit de leur pauvreté, les membres des collectivités sont nombreux à donner de la nourriture et à travailler dans des jardins communautaires pour financer les garderies d'enfants locales. Quoique ces centres n'existent encore qu'en petit nombre, la demande augmente et les effets bénéfiques des investissements dans la petite enfance commencent à ce se faire sentir.

C'est dans les situations les plus sombres que les soins aux jeunes enfants font naître un rayon d'espoir. Car ils sont axés sur l'avenir : en aidant les plus jeunes, ils pourraient permettre à la prochaine génération de briser l'engrenage de la maladie, de la violence et de la pauvreté qui emprisonnaient leurs familles et leurs collectivités. Les programmes de développement du jeune enfant jouent un rôle de « vaccin » social qui protège les enfants des tensions que la société risque de leur faire subir plus tard dans la vie.

Donner à tous les enfants un bon départ dans la vie contribue à éliminer les entraves qui font obstacle au développement humain. Nous devons à présent renouveler notre engagement en faveur des droits de l'enfant, formuler la vision d'un monde futur et avoir le courage de prendre toutes les mesures nécessaires pour libérer des générations entières des chaînes qui les retiennent dans la misère.