Page d’accueil / English version / Versión en español / Copyright
 
   
   
 

Une erreur qui coûte cher

Priyanthi, dont le fils et la fille ont bénéficié du programme de développement du jeune enfant au Sri Lanka, n’a pas besoin de faits objectifs et d’exemples complexes pour comprendre qu’il est important de donner à tous les enfants un bon départ dans la vie. Mais certains sceptiques s’interrogent sur les efforts déployés en faveur du développement du jeune enfant. Qu’est-ce que le développement de jeune enfant ? Qui doit y veiller ? Tout le monde n’est pas d’accord. Elever des enfants est instinctif et ne s’apprend pas, affirment certains. D’autres considèrent que c’est aux familles, et non aux gouvernements, qu’il incombe de satisfaire les besoins de base des enfants en matière d’alimentation, de logement, d’affection et de sécurité. D’autres encore jugent que les programmes de développement du jeune enfant ne font que reproduire les initiatives antérieures qui offraient des services de garderie aux mères salariées des pays industrialisés. Nombreux sont ceux qui estiment que ces programmes en faveur des mères, des nourrissons et des jeunes enfants, coûtent tout simplement trop cher.

Profil : Pérou

Mais l’erreur la plus coûteuse, c’est de temporiser et de ne pas mettre en œuvre ces programmes le plus tôt possible dans la vie des enfants. Un seul dollar investi dans le développement physique et cognitif des nourrissons et des jeunes enfants rapportera un dividende de sept dollars, représentant principalement des économies qui seront réalisées plus tard59. Des enfants en bonne santé pendant les premiers mois et les premières années de leur vie seront en effet moins susceptibles de contracter des maladies, de redoubler leur classe, d’abandonner l’école ou de nécessiter des services de rééducation. Reconnaissant la viabilité de ces investissements, des institutions financières telles que la Banque mondiale, la Banque interaméricaine de développement et la Banque asiatique de développement, soutiennent la mise en œuvre de vastes programmes en faveur des plus jeunes citoyens du monde.

 

Debt overshadows basic social services
 

 

Le rendement de cet investissement a été calculé à partir d’études longitudinales portant sur les enfants de familles à faible revenu inscrits à des programmes préscolaires aux États-Unis. Ces enfants, à partir de l’âge de 3 et 4 ans, ont été suivis et comparés à un groupe de contrôle jusqu’à l’âge de 27 ans. Les chercheurs se sont aperçus que les jeunes participant au programme préscolaire, qui comprenait des visites hebdomadaires des enseignants au domicile de la famille, réussissaient mieux que les enfants vivant dans les mêmes conditions mais qui n’étaient pas inscrits au programme. Des comparaisons établies avec d’autres initiatives préscolaires ont montré que les interventions précoces profitaient surtout aux enfants les plus défavorisés. Le suivi à long terme des participants au programme a confirmé qu’un bon départ avait des avantages durables. À l’âge de 27 ans, ces jeunes hommes et femmes étaient mieux rémunérés et plus nombreux à être propriétaires de leur logement. Ils avaient en outre poursuivi leurs études plus longtemps et commis moins de délits60.

Une étude portant sur des enfants pauvres du Brésil a elle aussi prouvé l’efficacité de ces programmes. Les fillettes pauvres inscrites dans des centres d’éveil avaient deux fois plus de chances d’arriver en 3e année d’école primaire et trois fois plus de chances d’arriver en quatrième année que celles qui n’avaient pas participé au programme. Les garçons, quant à eux, avaient trois fois plus de chance d’arriver en 3e. En outre, 40 % des garçons pauvres inscrits dans des centres d’éveil avaient terminé l’école primaire, contre 2 % pour ceux qui n’y étaient jamais allés. S’appuyant sur les études déterminant l’efficacité des programmes du Brésil, on estime que les garçons qui ont fréquenté un centre d’éveil pendant deux ans amélioreront leur capacité de gain à l’âge adulte61.

Il n’est pas toujours facile de discerner les avantages des programmes de développement du jeune enfant si l’on ne sait pas ce que l’on cherche. Les décisions budgétaires exigent souvent des résultats immédiats et visibles alors que les réussites d’un enfant en bonne santé, productif et affectueux, ne seront connues, pendant des années, que de leurs seules familles.

En outre, les programmes de développement du jeune enfant ne rapportent pas de dividende politique immédiat. Les effets à long terme d’une nutrition adéquate, d’un accès à de l’eau salubre, d’une bonne hygiène, des soins de santé primaires et des expériences sensorielles ne se font parfois sentir qu’après une génération. Mais les avantages des programmes de développement du jeune enfant finiront toujours par s’imposer.

 

  Page précédente | Page suivante