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Pirozzi/Angola

Les effets de la pauvreté sur les jeunes enfants

Lorsqu’une famille est pauvre, ce sont ses membres les plus jeunes qui courent les plus grands risques : leurs droits à la survie, à la croissance et au développement sont menacés. Sur 10 enfants qui naissent aujourd’hui dans le monde en développement, quatre vivront dans une pauvreté extrême 21. Cette pauvreté détermine toutes les conditions de l’existence, y compris la malnutrition, le manque d’eau salubre, l’absence d’équipements sanitaires adéquats et même la durée de vie. C’est la principale cause sous-jacente de millions de décès évitables et la raison pour laquelle les enfants sont mal nourris, ne vont pas à l’école, subissent de mauvais traitements et sont exploités. La pauvreté est au cœur des violations constantes des droits des enfants.

Lorsque des parents pauvres et sans éducation n’ont pas les connaissances qui leur permettraient de prodiguer les meilleurs soins possibles à leurs enfants, les taux de morbidité et de mortalité infantile augmentent. Les bébés nés de mères qui n’ont pas fréquenté l’école sont deux fois plus susceptibles de mourir avant l’âge d’un an que ceux dont la mère a fait des études secondaires22.

Chez les garçons et les filles de moins de deux ans, la malnutrition, qui est à la fois une conséquence et une cause de la pauvreté, a des effets particulièrement graves, entraînant des problèmes permanents irréversibles, aussi bien physiques que mentaux. Les bébés pauvres et mal nourris risquent davantage de contracter des affections respiratoires, la diarrhée, la rougeole et d’autres maladies évitables, et ont moins de chances de recevoir les soins de santé qui s’imposent. Aujourd’hui, dans au moins un district de Tanzanie, 80 % des enfants qui meurent avant l’âge de cinq ans s’éteignent chez eux, sans jamais être allés à l’hôpital23.

Mais les pauvres ne vivent pas uniquement dans le monde en développement. Des poches de pauvreté existent partout dans le monde industrialisé. Dans 15 pays de l’Union européenne, environ 3 millions de personnes n’ont pas de logement permanent24. Aux États-Unis, environ 17 % des enfants, soit près de 12 millions, grandissent dans des foyers incapables de répondre à leurs besoins nutritionnels de base25. Dans l’ensemble du monde industrialisé, pères et mères sont à la recherche de services pour leurs enfants.

La pauvreté menace non seulement le droit d’un enfant à la survie et au bien-être physique, mais aussi son droit à l’éveil psychosocial, affectif et spirituel. Dans les pays en développement comme dans les pays industrialisés, la pauvreté et les familles dysfonctionnelles vont de pair et les jeunes enfants sont alors privés de l’affection, des soins et de la stimulation dont ils ont besoin pour se développer en bonne santé26.

Profil : Macédoine

Le cycle de la pauvreté excède la durée d’une vie. Une fillette née dans la pauvreté est plus susceptible de se marier jeune et d’avoir un enfant à l’adolescence. Une fillette qui souffre de malnutrition deviendra une mère sous-alimentée qui donnera naissance à un bébé d’un poids insuffisant. Et comme leurs parents, les enfants pauvres transmettront presque toujours leur pauvreté à la génération suivante.

En l’absence d’un indicateur unique, la pauvreté n’est pas toujours facile à quantifier. En effet, outre le manque de revenus, elle comporte des aspects non mesurables tels que la discrimination, l’exclusion sociale ou la perte de dignité. La discrimination dont font l’objet les Romanis dans toute l’Europe, par exemple, aggrave les effets de leur pauvreté. L’espérance de vie de ce groupe ethnique est la plus courte du continent. En 1991, le taux de mortalité des Romanis, dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie, s’élevait à plus du double de celui du reste de la population27.

Profil : Malawi

Les droits de millions de jeunes citoyens du monde sont bafoués tous les jours, chaque fois que la pauvreté les prive d’instituteurs, de médicaments, de latrines et, dans les cas les plus extrêmes, de nourriture et d’eau propre, ou lorsqu’on les asservit pour payer les dettes de leur famille ou que des parents démunis les abandonnent à des institutions, ou encore lorsqu’ils sont déposés sur des pas de portes dans des bidonvilles, ou affamés et maltraités dans des appartements en ville, à l’abri des regards.

 

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