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Sarath Perera/Sri Lanka

L’importance des âges de 0 à 3 ans

Lors des premiers mois et des premières années de la vie, tous les contacts, mouvements et émotions se traduisent par une intense activité électrique et chimique dans le cerveau, où des milliards de cellules s’organisent en réseaux connectés entre eux par des milliers de milliards de synapses (voir encadré 1). Au cours de cette période, les expériences et l’interaction avec les parents, les membres de la famille et d’autres adultes sont aussi importantes pour le développement du cerveau que d’autres facteurs tels qu’une nutrition adéquate, un bon état de santé et de l’eau propre. En outre, ce premier stade de développement est déterminant pour la réussite scolaire de l’enfant et ses réalisations à l’adolescence et l’âge adulte.

Tenir un nourrisson dans les bras, le câliner et le bercer sont des gestes d’une importance capitale pour son développement. Les marques de tendresse et d’attention portées à un bébé semblent avoir une fonction protectrice et « l’immuniser » d’une certaine manière contre les tensions de la vie. Mais la malléabilité du cerveau pendant ces années initiales signifie aussi que l’absence de soins essentiels, la faim, les mauvais traitements peuvent hypothéquer le développement cérébral.

Les événements qui affectent un enfant avant la naissance et pendant les premiers mois et les premières années de sa vie peuvent avoir des conséquences sur tout le reste de son existence1. En effet, la confiance, la curiosité, la volonté, la maîtrise de soi, la capacité à nouer des relations, à communiquer et à coopérer, qui constituent l’intelligence affective dont l’enfant a besoin pour apprendre et pour s’intégrer à l’école et dans la vie en général, dépendent des soins qu’il a reçus de ses parents, de ses enseignants et d’autres dispensateurs de soins2. Bien sûr, il n’est jamais trop tard pour qu’un enfant améliore sa santé et accélère son développement, acquière de nouvelles compétences, surmonte ses craintes et modifie ses schémas de pensée3. Mais, dans la plupart des cas, on observe qu’un enfant qui n’a pas pris un bon départ dans la vie ne rattrapera jamais son retard et ne parviendra pas à réaliser tout son potentiel.

Pourquoi investir dans la petite enfance ? Tout d’abord, pour garantir le respect des droits des enfants et soutenir le développement humain4, c’est là une raison indiscutable. Il serait en outre difficile de réfuter les arguments de la neuroscience qui démontrent l’influence des trois premières années sur le reste de la vie de l’enfant.

Les arguments économiques sont également probants5 : productivité accrue à tout âge, meilleur niveau de vie à l’âge adulte, réduction subséquente pour la société des coûts entraînés par les cours de rattrapage et les services de santé et de réhabilitation, et augmentation des revenus des parents et des dispensateurs de soins qui se retrouvent plus libres qu’avant d’entrer sur le marché du travail.

Tout aussi importants sont les facteurs sociaux : une intervention effectuée dès les premières années de la vie permet de réduire les disparités économiques et sociales, dont l’inégalité entre les hommes et les femmes, qui divisent la société. Ceux qui depuis longtemps étaient laissés-pour-compte peuvent alors mieux s’intégrer.

Restent enfin les raisons politiques : la place qu’occupe un pays au sein de l’économie mondiale dépend des compétences de ses habitants. Or celles-ci sont acquises très tôt dans la vie, avant l’âge de trois ans6.

Brain development: Some critical periods

 

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