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Une guerre non déclaréeSIDA : une menace silencieuse Chaque jour, 8 500 enfants et adolescents dans le monde sont infectés par le VIH18 et 2 500 femmes meurent du SIDA19. En 1998, le SIDA a tué quelque 900 000 femmes - soit plus de trois fois le nombre des morts pendant la guerre en Bosnie20.
Si les personnes instruites ont accès aux connaissances leur permettant de se protéger contre le virus, il n'en va pas de même pour ceux qui ont peu ou pas d'instruction. Il ressort d'une étude réalisée dans 35 pays que les illettrés, hommes et femmes, risquent cinq fois plus de ne rien savoir sur la maladie que ceux qui ont poursuivi leur scolarité au-delà du cycle primaire. Les gens non instruits risquent quatre fois plus de croire qu'il n'y a aucun moyen de se protéger contre le SIDA, trois fois plus d'ignorer que le virus peut se transmettre de la mère à l'enfant et trois ou quatre fois plus de ne pas savoir que les séropositifs peuvent avoir l'air en bonne santé22. Tout visiteur qui se rend dans des villages frappés par le SIDA trouve des huttes désertées, des champs en jachère, des orphelins et des enfants désemparés23. Les traumatismes et les ravages à long terme sont tout aussi inquiétants. Les parents tombent malades et commencent à dépérir; les enfants, surtout les adolescents, sont souvent obligés d'abandonner l'école pour s'occuper de leurs parents mourants, puis de leurs frères et surs orphelins. Souvent, ils n'arrivent pas à faire respecter leurs droits de succession et sont rejetés par leur communauté et mis au ban de la société. Aujourd'hui, en Afrique, près de 10 millions d'enfants de moins de 15 ans sont dans ce cas24, des enfants dont l'enfance est perdue, et dont les droits d'être élevés par une famille aimante, de s'épanouir, d'étudier, et de développer tout leur potentiel sont bafoués. Il est parfois difficile de mesurer l'impact du SIDA sur les enfants et les femmes du continent africain. Dans de nombreux pays, l'espérance de vie retombe à des niveaux inconnus depuis 196025. Sur les neuf pays où l'on compte le plus grand nombre d'adultes séropositifs, le Botswana, la Namibie et le Zimbabwe sont les plus touchés. Le cas du Botswana est dramatique. Ce pays avait consenti de gros efforts pour développer des services de base dans le secteur de la santé publique. Sans le SIDA, l'espérance de vie aurait dû atteindre 69 ans entre 2000 et 2005. Elle risque de tomber à 41 ans26. Cette pandémie, avec les tabous qui l'accompagnent et le silence qui l'entoure, est aussi présente en Asie du Sud. Depuis l'apparition du VIH/SIDA dans cette région en 1986, plus de 5 millions de personnes, dont la moitié sont des femmes, ont été infectées27. Dans cette région aussi, les femmes n'ont aucun pouvoir, et elles sont nombreuses à être contaminées par leur époux. Il ressort d'une étude portant sur près de 400 femmes venues en consultation dans des dispensaires de la ville indienne de Pune qu'une sur quatre souffrait d'une infection sexuellement transmissible, bien que 91 % d'entre elles aient affirmé n'avoir eu de relations qu'avec leur mari; 13,6 % des femmes testées pour le VIH étaient séropositives28.
Partout dans le monde, le SIDA aggrave la pauvreté et l'insécurité chronique de nombreuses sociétés, en particulier dans les pays les plus endettés. Le poids de la maladie sur des services sociaux déjà limités est insupportable. La production alimentaire baisse, la nutrition se détériore, exposant ainsi davantage les populations à la maladie. En raison de la diminution des budgets affectés à l'éducation, moins de garçons et de filles sont scolarisés, et ces enfants seront moins bien armés pour se défendre contre la violence et les abus. * * * * * Les obstacles à franchir pour faire respecter les droits de l'enfant au XXIe siècle peuvent sembler insurmontables. Mais c'est dans les grands succès remportés au cours des dernières décennies, malgré des contraintes considérables, qu'il faut trouver l'espoir pour l'avenir : amélioration des taux de survie et de l'état nutritionnel des enfants, renforcement des systèmes d'éducation de base et des services médicaux, accès élargi à l'eau salubre et à l'évacuation des déchets. Les résultats déjà obtenus depuis le Sommet mondial pour les enfants et la vision qui sous-tend la réunion des dirigeants du monde, prévue en automne 2001, conduisent aujourd'hui à un certain optimisme : tous les obstacles entravant le respect des droits de tous les enfants partout dans le monde peuvent être éliminés. Ils le seront en une seule génération. Voir également : Pour revenir à cette page après la consultation du lien, veuillez utiliser le bouton Retour ou Précédent (Back, en anglais). |
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