Mozambique

Garder la santé grâce au programme d’éducation à l’hygiène axé sur les enfants au Mozambique

Image de l'UNICEF
© UNICEF Mozambique/2007/ Delvigne-Jean
Argentina Mondlane avec sa fille Laura attachée sur son dos

Le rapport annuel de l’UNICEF La Situation des enfants dans le monde, lancé le 22 janvier 2008, exhorte la communauté internationale à s’unir pour la survie de l’enfant.  Voici une des histoires d'une série liées à la publication du rapport.

« Ceci n’arrivera plus jamais” : un village du Mozambique dit non à l’eau insalubre

DISTRICT de Xai-Xai, Mozambique, 25 Mars 2008 – La lumière du matin répand une traînée d’ambre sur le paysage du village de Ngoanine dans le district de Xai-Xai, sur la côte méridionale du Mozambique. Argentina Mondlane, 37 ans, veuve et mère de quatre enfants, se dirige vers le puits du village. Elle aperçoit plusieurs de ses amis et leurs enfants, déjà rassemblés autour du puits, pompant de l’eau fraîche dans des récipients de couleur jaune vif.  

Mondlane apprécie particulièrement ce rituel matinal au cours duquel elle puise de l’eau pour les besoins quotidiens de sa famille parce celui lui donne l’occasion d’échanger des histoires et des plaisanteries avec les autres femmes. Il sert à aussi à leur rappeler gentiment les temps difficiles, quand l’eau n’était ni abondante ni propre.

« Nos enfants étaient souvent malades... »

Des situations dans lesquelles les systèmes d’assainissement sont insuffisants et l’eau insalubre persistent dans les zones rurales du Mozambique où, selon les plus récentes données disponibles, environ 26 % de la population a accès à des équipements corrects en eau potable contre 72 % dans les zones urbaines. Résultat,  le pays est confronté à des épidémies régulières de choléra et la diarrhée est l’une des causes principales de décès chez les enfants de moins de cinq ans. 

A Ngoanine, avant la construction du puit, les habitants du village utilisaient l’eau d’un lagon boueux situé à quelques kilomètres de là, souvent avec de graves conséquences pour leur santé. Mondlane s’en souvient : « Nos enfants étaient souvent malades mais à l’époque, nous ne savions pas quoi faire ». Cependant, depuis 2004, Mondlane et sa communauté sont capables de s’exprimer plus allègrement de la santé de leurs enfants, meilleure aujourd’hui, grâce à un programme d’éducation à l’hygiène axé sur les enfants et développé à l’école du village. 

 

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© UNICEF Mozambique/2007/ Delvigne-Jean
Des enfants autour de la pompe à eau dans le village de Ngoanine, district de Xai-Xai, au Mozambique

Ce programme scolaire fait partie des projets d’hygiène et d’assainissement des écoles à Xai-Xai et Chibuto et du projet d’éducation à l’hygiène de Guijá qui ont pour effet d’améliorer l’assainissement et les habitudes d’hygiène dans 179 écoles du pays. Avec le soutien de l’Equipe universelle de secours d’Ananda Marga (AMURT) et de l’UNICEF, le programme a aussi permis l’installation de points d’eau et la formation de commissions pour l’eau et l’assainissement dans les villages en vue de gérer l’utilisation des puits dans 18 écoles. Dans ces écoles, comme à Ngoanine, l’accès à l’eau salubre est extrêmement limité.  

Les responsables du changement à Ngoanine

Depuis que le programme a été mis en place dans les écoles de la région, les responsables essentiels du changement sont les élèves eux-mêmes. Ils ramènent chez eux d’importants messages sur l’assainissement et l’hygiène qui sont maintenant incorporés dans leur programme d’études. En outre, l’école sert de centre pour former les membres de la commission pour l’eau et l’assainissement du village, des enseignants et des élèves. Le directeur de l’école, Alfa Nhalungo, explique : « Grâce à l’école, la commission reçoit une éducation à l’hygiène ; ils apprennent aussi les bonnes habitudes qui peuvent prévenir les maladies, comme se laver les mains et l’utilisation correcte des latrines, et ils partagent leur savoir avec la communauté ». 

La commission rencontre régulièrement le chef du village et la direction de l’école. Elle supervise l’entretien de la pompe à eau du village et veille à ce qu’elle reste propre. Au cours des deux dernières années, le groupe a aussi supervisé l’installation de nouvelles latrines et les installations d’eau courante à l’école.

De l’eau propre pour ses enfants

Mondlane fait partie de la commission et elle est chargée de recevoir les contributions pour l’entretien de la pompe à eau. Elle a été élue par son village pour s’occuper de leurs problèmes d’eau et d’assainissement. Expliquant comment l’ensemble de la communauté a un intérêt dans l’entretien de la pompe, elle dit : « Chaque personne qui se sert du puits participe chaque mois à hauteur d’un faible montant, bien que cette obligation soit levée pour les membres les moins favorisés de la communauté. »  Récemment, l’argent a fait l’objet d’une bonne utilisation quand la pompe est tombée en panne. L’école a pu acheter de nouvelles pièces avec les contributions reçues de la communauté. 

Parce qu’elle s’occupe tout seule de ses quatre enfants, Mondlane admet qu’entre  travailler sur le lopin familial et s’occuper de sa famille, sa participation à la commission représente beaucoup de travail en plus. Mais elle en aime les responsabilités. De plus, elle ne connaît que trop bien les risques associés à l’eau insalubre et à un mauvais assainissement. Il y a plusieurs années, son fils aîné a souffert d’un sérieux accès de choléra après avoir bu de l’eau contaminée et a dû rester quatorze jours à l’hôpital. « Cela ne se produira plus jamais, » affirme-t-elle, d’un air de défi, tournant sa tête pour regarder Laura, sa vigoureuse fillette d’un an, attachée derrière elle sur son dos

A la pompe, c’est maintenant au tour de Mondlane. Elle remplit son récipient, le lève et le place sur sa tête où la charge est plus facile à équilibrer.  Puis elle se met en route avec résolution en direction de son domicile, faisant bien attention de ne pas répandre une goutte du précieux liquide qu’elle porte pour elle et ses enfants.


 

 

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