En bref : Mongolie

En Mongolie, un centre aide les enfants handicapés à acquérir de nouvelles aptitudes

En Mongolie, une mère s’occupe de sa fille handicapée  Regarder dans RealPlayer

 

Par Sabine Dolan

Comme tous les enfants, ceux qui sont handicapés sont dotés de nombreuses capacités mais ils sont souvent exclus de la société à la suite de discriminations ou de manque de soutien, ce qui les place parmi les enfants les plus invisibles et les plus vulnérables de la planète. 

Le 30 mai 2013, l'UNICEF lance son rapport phare, « La Situation des enfants dans le monde 2013 : les enfants handicapés ». Le rapport attire l'attention de la communauté internationale sur les besoins urgents d’une population fréquemment invisible. 

Au nord de la Mongolie, un centre qui aide les enfants handicapés s’est révélé être une véritable bouée de sauvetage pour Uyanga, 13 ans.

Tsagaannuur, province de Hövsgöl, Mongolie, 28 mai 2013 - Tumenjargal est enseignante dans une école maternelle au nord de la Mongolie. C'est aussi une épouse et une mère de quatre enfants. La famille vit dans le petit village de Tsagaannuur, à environ une heure de la frontière russe.

La fille de Tumenjargal, Uyanga, âgée de 13 ans, apprécie les mêmes choses que beaucoup de filles de son âge. « Elle aime vraiment la musique et la danse, » nous dit Tumenjargal. « Elle peut regarder la télévision pendant des heures, écouter de la musique, particulièrement la musique traditionnelle, et observer la façon dont dansent les gens. »

Deux jours après sa naissance, Uyanga avait été diagnostiquée avec des lésions cérébrales qui ont entraîné des troubles permanents d’apprentissage. Uyanga a du mal à parler et sa vision est réduite. Elle a appris à marcher quand elle avait 3 ans. Normalement, dans un cadre qui lui est familier, elle peut se déplacer toute seule. Sinon, elle a peur, affirment ses parents.

Difficultés pour Uyanga

Dans le village qu’habite Uyanga, il y a peu d’options pour les enfants handicapés. Uyanga a fréquenté l’école maternelle de 4 à 9 ans puis elle est allée à l’école de son frère mais a rapidement été confrontée à l’ostracisme et à la discrimination.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Mongolia/2012/Dolan
Uyanga, 13 ans, (à gauche) en compagnie de sa mère, à l’extérieur de leur maison de Tsagaannuur. Deux jours après sa naissance, Uyanga a été diagnostiquée avec une lésion cérébrale qui a entraîné des troubles d’apprentissage permanents.

« Quand elle avait 9 ans, elle a commencé à aller à l’école avec son frère mais les enfants se moquaient d’elles, » affirme Tumenjargal. « C’était également difficile pour son frère alors elle a cessé d’y aller. C’était dur. Il y avait des problèmes. »

Les enfants handicapés ont moins de chances de recevoir une éducation scolaire. Ils ont aussi moins de chances de pouvoir nouer des relations avec les enfants de leur âge ou de pouvoir participer à la vie de leur communauté. Ils sont souvent négligés, voire isolés.

Une éducation scolaire tournée vers l’intégration

À présent, Uyanga fréquente un centre qui aide les enfants handicapés à acquérir de nouvelles aptitudes dans un cadre chaleureux et favorisant l’inclusion de tous. L’UNICEF épaule ce centre qui est devenu une véritable bouée de sauvetage pour Uyanga – qui aujourd’hui adore apprendre et s’est fait des amis. L’UNICEF a également formé des enseignants pour encourager la participation des enfants et une éducation scolaire tournée vers l’inclusion. Grâce à ce modèle bâti sur l‘inclusion, 40 enfants handicapés sont à présent inscrits au centre ainsi que dans l’école principale.

« Elle ne sait pas encore écrire mais elle s’entraîne à tenir son stylo, » nous explique Tumenjargal. « Elle s’exerce aussi à prononcer des sons et les consonnes. Après l’école, elle rentre à la maison et elle essaie de pratiquer en face du miroir. »

« Je vous demande de nous aider et d’essayer de comprendre »

Les enfants handicapés sont confrontés à de nombreux obstacles ; ils affrontent les risques d’exclusion, de même que leur famille. Pourtant, dans une communauté qui les soutient, les familles peuvent contribuer à la création d’un cadre plus inclusif et plus enrichissant. 

« Mon message aux parents qui ont des enfants handicapés et aux gens du monde entier est le suivant : je vous demande de nous aider et d’essayer de comprendre les enfants handicapés, » dit Tumenjargal.

L’UNICEF désire mieux sensibiliser l’opinion aux droits de tous les enfants. Nous voulons appuyer davantage de centres pour des enfants comme Uyanga pour qu’ils puissent profiter des mêmes chances que les autres.   

 


 

 

Photographie : les enfants handicapés

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