En bref : Jordanie

Les femmes prennent les choses en main dans un camp palestinien

Image de l'UNICEF
© UNICEF Jordan/2006/Mango
Des enfants en train de jouer à la maternelle.

Le fleuron des publications de l'UNICEF, La Situation des enfants dans le monde 2007, s'intéresse cette année au double dividende de l'égalité des sexes. Cela permet aux enfants et aux femmes de surmonter la pauvreté. Voici une des histoires d'une série liées à la publication du rapport le 11 décembre.

MADABA CAMP, Jordanie, 27 novembre 2006 – Assis dans une salle de classe ensoleillée d’une école maternelle du Camp de réfugiés de Madaba, à 27 kilomètres à l’ouest d’Amman, la capitale de la Jordanie, 65 enfants changent des comptines, en frappant des mains joyeusement et en tapant du pied. Les murs de la classe, peints d’un blanc lumineux, sont couverts d’affiches multicolores.

Dans la classe d’à-côté, des enfants regardent un dessin animé à la télé. Dehors, une petite cour de récréation, équipée de balançoires et de toboggans, les attend sous le soleil.

Cette école maternelle bien équipée, adaptée aux enfants, offre un contraste saisissant avec l’endroit où les enfants se réunissaient auparavant : une pièce à moitié construite, mal éclairée, dans un immeuble inachevé. Cette salle n’avait pas de jouets et on ne pouvait y arriver qu’en gravissant un étroit escalier de métal dépourvu de rampe. Chaque jour, les petits grimpaient ces marches glissantes, en se faufilant entre des blocs de ciment d’où sortaient des dangereuses tiges en métal et d’énormes clous.

Programme de développement

En 2003, les autorités locales ont décidé de fermer l’école. « J’étais complètement   effondrée, il me semblait que je ne pouvais rien faire du tout », se rappelle la directrice  de l’école, Sara Sharif.

Mais elle a trouvé quelque chose à faire.

Bien qu’elle fasse partie d’une communauté conservatrice et traditionnelle de 6 000 réfugiés palestiniens, fondée à Madaba suite à la guerre israélo-arabe de 1948, Sara s’était inscrite à un programme de développement de la communauté soutenu par l’UNICEF. Elle avait participé à des ateliers sur les techniques de communication, les droits de la femme, la participation de la communauté, l’élaboration de demandes de subventions et la création de réseaux. Enhardie par ces techniques qu’elle venait d’apprendre, Sara s’est rendu compte qu’elle pouvait changer la donne et elle a décidé de prendre les choses en main.

« Je suis sortie et j’ai cherché un local au rez-de-chaussée pour une école, dit-elle. Quand je l’ai trouvé, j’ai fait un emprunt personnel et j’ai amené tous les enfants ici, maintenant, ils sont 80 ! »

Précipiter le changement

Toutes les femmes qui participent aux ateliers du développement sont encouragées à se servir des techniques nouvellement apprises pour améliorer la situation de leur communauté. Elles peuvent par exemple organiser des sessions de formation sur la santé et les droits, rédiger des demandes de financement de divers projets, créer des réseaux avec des institutions gouvernementales et autres responsables. Une centaine de femmes ont jusqu’à présent participé au programme depuis son lancement en 2003.

Il est clair que ces femmes se sentent investies d’une mission et sont convaincues qu’elles sont des membres importants de leur communauté.

Après s’être ainsi mobilisées, les femmes du camp tentent maintenant d’affermir leur position dans la société et d’ouvrir un dialogue au sein de leur famille. Dans leurs ateliers, elles débattent de questions diverses, comment guider les enfants plutôt que de toujours les commander, par exemple, ou comment proposer que les filles ne soient pas mariées à 15 ans, et comment parler de questions considérées autrefois tabous, comme la puberté.

Une voix dans la communauté

L’UNICEF a également aidé Sara en donnant à son école des équipements de jeux pour la cour de récréation, des jouets, un réfrigérateur et un ordinateur. En outre, Sara a réussi à faire couvrir tous ses élèves par une assurance santé et elle a obtenu des appareils auditifs et des chaises roulantes pour les enfants ayant des besoins particuliers.

Sara a fait bouger les choses, mais pas seulement pour les enfants dont elle s’occupe, pour elle aussi, car en intervenant ainsi, elle s’est donné les moyens de se prendre en charge. Au sein de cette communauté traditionnelle de réfugiés palestiniens, elles et les autres femmes sont maintenant a même d’exprimer leurs opinions dans leur communauté et leurs familles.

« Nous avons tous des qualités et des défauts mais nous nous sommes aperçu au cours du processus de développement de la communauté que nous formons une vraie communauté, nous en faisons partie et nous devons en faire partie », dit Sara.

 


 

 

Politique de l'UNICEF sur l'égalité des sexes et l'autonomisation des filles et des femmes

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