Inde

Pour une jeune mariée d’Inde, l’éducation est un rêve devenu réalité

Image de l'UNICEF
© UNICEF India/2006
Le sourire éclatant de Buna Devi témoigne de sa nouvelle assurance. La jeune femme, mariée à 13 ans et mère de deux enfants, suit des cours dans un centre géré par une NGO avec l’appui de l’UNICEF, dans le district de BIhar' Patna.

Le fleuron des publications de l'UNICEF, La Situation des enfants dans le monde 2007, s'intéresse cette année au double dividende de l'égalité des sexes. Cela permet aux enfants et aux femmes de surmonter la pauvreté. Voici une des histoires d'une série liées à la publication du rapport le 11 décembre.

BIHAR, en Inde, le 13 novembre 2006 – Quand Buna Devi, 18 ans,  se rend au centre d’apprentissage de son village, dans le district de Pana, dans l’Etat de Bihar (Inde), elle entend les chuchotements réprobateurs des voisins. « Regardez cette vieille dame et ses deux enfants, disent-ils, elle va à l’école, à son âge! »

Elle ne les écoute pas, résolue qu’elle est à profiter de la chance d’obtenir une éducation. Une chance inattendue, car elle a grandi dans une famille pauvre et a été donnée en mariage à 13 ans. Son premier enfant, un garçon, est né un an plus tard. Elle en a eu un deuxième avant d’avoir 16 ans.

« Jamais mes parents n’auraient imaginé que j’avais besoin d’une éducation, dit-elle, ils pensaient que l’éducation ne concernait pas les pauvres ».


Une enfance interrompue 

L’âge minimum légal pour se marier a beau être de 18 ans, les mariages d’enfants restent fréquents dans l’Inde d’aujourd’hui : on estime que 46 pour cent des femmes indiennes se sont mariées avant d’avoir 18 ans ; dans les régions rurales du pays, la proportion frôle les 55 pour cent.

Les garçons, eux, doivent endosser de nouvelles responsabilités financières. Pour les filles comme Buna, cela signifie souvent la fin de leurs aspirations et l’entrée dans un engrenage de grossesses précoces et répétées et de problèmes de santé.

Cela signifie d’habitude aussi la fin de l’éducation qui représente la meilleure chance qu’ont les filles d’augmenter leur influence et leur stature au foyer, sur le marché du travail et dans la communauté entière.


Au-delà du savoir lire et écrire

Aussi, lorsque Nari Gunjan, une organisation non gouvernementale qui travaille à l’autonomisation des femmes, a ouvert un centre d’apprentissage dans son village, Buna s’y est vite inscrite.

Au centre d’apprentissage, l’éducation de Buna va au-delà de l’alphabétisation de base. Elle a appris beaucoup de choses en matière de santé, sur la façon d’élever les enfants, en couture, sur la position des femmes et des filles dans la société, le travail des enfants et les conséquences des mariages d’enfants.

Après avoir passé quelques heures au centre, Buna va travailler dans les rizières pour augmenter le revenu familial.


Education : le vrai joyau


Des investissements dans l’éducation, des filles en particulier, la mobilisation de la société et l’autonomisation des femmes sont indispensable non seulement pour aider au développement économique de l’Inde mais, sur un plan plus personnel, pour que les filles aient l’occasion de vivre leur enfance et leur adolescence avant d’endosser les responsabilités du mariage et de la maternité.

« Je n’avais imaginé qu’un jour je saurais lire et écrire, dit-elle, mais maintenant je peux, et je suis tellement fière que je n’arrive pas à trouver les mots pour expliquer mon sentiment de réussite ».

« J’ai l’impression que les joyaux que les femmes portent, c’est du superficiel, ajoute-t-elle, le véritable bijou, c’est l’éducation ».


 

 

Politique de l'UNICEF sur l'égalité des sexes et l'autonomisation des filles et des femmes

UNGEI

Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
Recherche