Soudan

Les jeunes filles et les femmes terrorisées par les innombrables viols commis dans le Darfour

Image de l'UNICEF
© UNICEF Darfur/Wolf/2004
Personne n’est à l’abri du viol – les jeunes filles et les femmes plus âgées constituent des cibles aussi exposées les unes que les autres

DARFOUR/NEW YORK, 20 octobre 2004 – L’UNICEF a reçu de nouveaux rapports selon lesquels les milices armées continuaient à violer des jeunes filles et des femmes dans le Darfour, suivant ainsi une tactique visant à terroriser et à humilier les personnes et les communautés.

Les agressions ne sont pas ciblées. On s’en prend aussi bien aux jeunes filles qu’aux femmes plus âgées, et on ne signale pas de cas où les auteurs de ces crimes auraient été punis, indique Pamela Shifman, responsable de la protection des enfants, qui vient de revenir de cette zone. « Encore et toujours, chaque fille et chaque femme répètent la même chose : leur plus gros problème, c’est la sécurité; elles craignent terriblement d’être en danger et de subir des violences sexuelles. »

Elles sont nombreuses à indiquer qu’elles ont été agressées par des groupes de miliciens utilisant le viol et la violence sexuelle comme une punition et une torture. Ceci a un effet dévastateur sur les individus et introduit la crainte et la honte dans les communautés. Les familles et les enfants sont parfois contraints d’assister au viol.

Les viols et les violences se poursuivent autour des camps dans la mesure où les femmes et les enfants sortent, à la recherche d’eau et de bois de chauffage. Malgré le risque d’agression, il leur faut accomplir ces tâches pour survivre.

« Dans une situation où il leur est nécessaire de trouver du bois de chauffage, il faut bien sortir du camp et marcher, six à huit heures par jour pour un bon nombre d’entre elles, afin de ramasser ce bois. Pourtant, elles savent que l’expédition est périlleuse et qu’elles sont exposées au risque très réel et terrifiant de la violence sexuelle, » déclare Mme Shifman.

« Actuellement, dans le Darfour, il n’existe pas d’environnement protecteur pour les enfants. Ainsi, les filles auxquelles j’ai parlé ne se sentent pas à l’abri – elles n’éprouvent pas ce sentiment fondamental de sécurité qu’il faut pourtant ressentir afin de grandir dans de bonnes conditions. Ce besoin de sécurité, si élémentaire, n’est pas satisfait. »

Mme Shifman a cherché à savoir si certains des auteurs de ces crimes avaient été condamnés ou poursuivis en justice mais apparemment, personne. « Ceux qui commettent ces agressions doivent être tenus responsables. Il existe des lois soudanaises punissant le viol et des tribunaux soudanais, il faut y recourir, » observe Mme Shifman.

Par ailleurs, on indique que la sécurité s’est globalement détériorée et que le cessez-le-feu d’avril n’a pas été respecté. Environ 70 000 personnes sont mortes au Darfour de faim et de maladie; par ailleurs, 1,5 million de personnes se sont enfuies de chez elles depuis le début du conflit, au mois de février de l’an dernier.

Les Nations Unies signalent que le Darfour constitue la crise humanitaire la plus grave du monde et elles ont menacé le Soudan de sanctions si les violences ne cessaient pas. L’Union africaine espère disposer sur place d’une force de 4 500 hommes d’ici fin novembre. Des troupes armées, composées de 300 militaires nigérians et rwandais, sont déjà là.


 

 

Vidéo (en anglais)

20 octobre 2004 : Nouvelles preuves d’innombrables viols au Darfour

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Vidéo (en anglais)

Pamela Shifman, responsable à l’UNICEF de la protection de l’enfance, sur CNN World Report

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