Somalie

Protéger les droits des enfants là où ceux-ci ne sont pas inscrits dans un traité

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Hawo Qasim, 13 ans, est l’un des nombreux enfants qui ont fui les combats à Mogadiscio. Elle vit à présent dans un camp pour déplacés. Elle se plaint de ne pas avoir assez à manger et aimerait avoir le droit à une éducation.

Par Misbah M. Sheikh

La Convention relative aux droits de l'enfant a été ratifiée il y a 18 ans, le 20 novembre 1989. Pour marquer cet anniversaire historique, l’UNICEF a lancé la campagne « CDE @ 18 ans » pour sensibiliser le grand public aux droits de l’enfant et à l’impact qu’a eu la Convention. Voici l’une de ces histoires.

HARGEISA, Somalie, le 29 novembre 2007 – La Convention relative aux droits de l'enfant a eu dix-huit ans la semaine dernière. Il s’agit là d’un événement marquant pour les enfants du monde, mais qui intéressait particulièrement les jeunes Somaliens, l’un des deux seuls pays à n’avoir pas ratifié la Convention.

Cela fait 16 ans que la Somalie est ravagée par des conflits et beaucoup d’enfants y ont grandi sans savoir ce que signifie le droit à l’éducation, à une eau salubre ou à la protection.

« Les enfants somaliens connaissent des conditions de vie parmi les plus difficiles au monde, constate Christian Balslev-Olesen, Représentant de l’UNICEF en Somalie. Rien que cette année, ils ont dû survivre à des inondations, une sécheresse et la détérioration de la sécurité dans le pays. »

Ibrahim Sheikh Nor, 14 ans, a fui Mogadiscio après avoir perdu sa mère à cause du conflit. Il vit à présent au camp pour personnes déplacées de Kalagove.

« Les enfants du monde ont beaucoup de droits, mais ici, nous n’avons pas les mêmes droits que les autres », constate-t-il.

Soutien quotidien pour les droits de l’enfant

Malgré l’absence de tout traité officiel, l’UNICEF continue d’appuyer des activités qui ouvrent la voie à la réalisation des droits de l’enfant en Somalie.

Au plan officiel, l’UNICEF se livre à des activités de plaidoyer auprès des membres du parlement, des ministres et des représentants de la société civile, afin de promouvoir la Convention.

Là où les enfants ont besoin d’un soutien quotidien, l’UNICEF oeuvre au sein des communautés,  avec les agents sanitaires, les enseignants, les organisations non gouvernementales, les professionnels des médias et les enfants eux-mêmes, afin que les droits de l’enfant deviennent une réalité.

« Le droit à l’information est en effet l’un des droits fondamentaux soulignés dans la Convention relative aux droits de l'enfant, confirme M. Balslev-Olesen. Mais tant que nous n’aurons pas bâti une société où les enfants peuvent survivre et grandir, le droit de participer ne voudra pas dire grand-chose si ce petit garçon du nord de la Somalie doit fuir sa maison parce que des combats ont éclaté en ville. »

Le réseau Enfant-à-enfant

Un projet innovant baptisé le Réseau Enfant-à-enfant a été introduit dans trente écoles pilotes en Somalie. Cette initiative rassemble les enfants dans de petits clubs qui se réunissent régulièrement pour parler des questions qui les concernent.

Le réseau bénéficie de l’appui d’environ 30 000 jeunes âgés de 10 à 17 ans, qui servent d’éducateurs pour leurs pairs et interviennent en public pour débattre des droits de l’enfant et de questions que les jeunes trouvent particulièrement importantes.

« Dans notre quartier, nous avions très peur que les nouveaux arbres qu’on était en train de planter meurent de soif, explique Lela, une élève de 17 ans qui habite Hargeisa, dans le nord de la Somalie. Alors nous avons prévu de garder un peu d’eau pour les arbres et établi un calendrier afin de les arroser et d’en prendre soin tous les jours. »

Joindre ses pairs

Avec l’aide de l’UNICEF, les jeunes éducateurs touchent plus de 30 000 adolescents dans tout le pays, grâce à un site Internet, des magazines pour jeunes et des programmes de radio.

« Je me souviens que j’ai un jour reçu un coup de fil d’un garçonnet de neuf ans environ, se rappelle Abdi, le rédacteur en chef d’un magazine pour jeunes de Bossaso. Il me posait des questions sur le VIH. Est-ce qu’il risquait de l’attraper d’un siège de cabinet, est-ce que les moustiques propageaient la maladie ? C’est à cause de ce genre d’appels que je sais qu’il reste énormément à faire dans le domaine de l’information.

« Il y a tant d’enfants qui se posent des questions dans tout le pays. Ils ont besoin d’informations même s’ils n’ont pas le courage de ce petit garçon. »


 

 

Vidéo (en anglais)

Des enfants déplacés vivant en Somalie parlent de leur besoin de profiter pleinement de leurs droits.
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