Sénégal

Les filles sénégalaises forcées d'abandonner l'école pour travailler comme aide domestique

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© UNICEF Sénégal/2010/Shryock
Aisatou Ba a dû quitter l'école dans son pays le Sénégal à lâge de huit ans pour travailler à la maison et aider sa famille. À 11 ans , elle a commencer à travailler dans les restaurants et à faire des ménages comme employée domestique.

Par Ricci Shryock

DAKAR, Sénégal, 16 novembre 2010 - Aisatou Ba a dû quitter l'école dès l'âge de huit ans pour commencé à travailler comme employée de maison. Bien qu'elle ait supplié ses parents de la  laisser à l'école, la pression économique sur la famille a été la plus forte.  Cela fait maintenant sept ans que l'adolescente sénégalaise fait le ménage dans les maisons et les cuisines des restaurants au lieu d'étudier dans les livres et apprendre l'arithmétique.

Vêtue d'une chemise blanche et d'une jupe noire-et-rouge, assise au bord d'un lit, elle fait le ménage dans un immeuble d'habitation. Ba parle du jour où ses parents lui ont dit qu'elle devrait quitter l'école. « Mes parents ont dit qu'ils ne pouvaient plus se le permettre et qu'ils avaient besoin d'une aide à la maison, » raconte-t-elle.

Obligée de quitter l'école

Ba est du village de Velingara, au Sénégal et son histoire est trè commune ici en Afrique de l'Ouest, où la parité entre les sexes et le taux d'inscription des filles  à l'école primaire sont parmi les plus faibles au monde. Au Sénégal, alors que l'inscription des filles a augmenté ces dix dernières années, le défi reste de les maintenir à l'école.

La source de ce problème est souvent économique : des enquêtes nationales montrent que deux fois tant d'enfants des ménages les plus riches suivent l'école primaire, comparée aux enfants des ménages les plus pauvres(faibles).

La racine de cette question est souvent d'ordre économique : des enquêtes(des vues générales) nationales montrent que deux fois plus d'enfants des ménages les plus riches suivent l'école primaire, comparé aux enfants des ménages les plus pauvres.

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© UNICEF Sénégal/2010/Shryock
Des élèves suivent un cours dans une classe à Dakar au Sénégal, où moins d'un sur cinq poursuit sa scolarité dans le secondaire.

« Dès qu’une fille est   physiquement capable de faire des travaux domestiques, elle est enlevée de l'école, » explique  Aissatou Dieng, qui travaille pour le ministre de l'Éducation nationale du Sénégal et se spécialise dans l’éducation des filles. « Souvent les familles retirent les filles de l’école dès l’âge de 10 ans pour les garder à la maison à travailler ou à aider leurs mères. C'est un grand problème au Sénégal. »

Mais il est presque impossible de dénombrer toutes les filles qui travaillent comme aide domestique, car elles demeurent enfermées la majeure partie de la journée.

De préférence les filles

Après avoir d'abord travaillé dans son village, Ba est arrivée à Dakar l'année dernière où depuis elle n'a cessé de travailler. Ba explique que presque tous les emplois disponibles pour elle sont des travaux domestiques. Elle sait que si elle avait pu continuer l'école, elle aurait eu de bien meilleures opportunités d'emploi.

Aujourd'hui Ba travaille du lundi au samedi, 7 heures par jour. À la fin de chaque mois elle ramène à la maison 35 000 Francs CFA, soit à peine moins de 70 dollars.

Quand elle était petite fille, Ba regardait ses frères aller à l'école. Son frère ainé travaille maintenant comme infirmier dans un hôpital et contribue à soutenir la famille. Au Sénégal, bien souvent le choix se porte sur les filles pour quitter l'école et aider la famille dès leur plus jeune âge. Moins d'une fille sur cinq parvient jusqu'à l'école secondaire, et plus tard, à l'âge adulte, elles ne sont que 6 femmes alphabétisées pour 10 hommes.

En danger d'exploitation et d'abus

« Les jeunes enfants sont utilisés comme un régulateur face aux chocs économiques, » explique Daniela Luciani, responsable de la Protection de l'enfant à l'UNICEF. « Cela signifie que les filles se marient souvent jeunes ou vont travailler très jeunes. »

Les aides domestiques comme Ba sont aussi particulièrement exposés aux abus sexuels et à  l'exploitation économique. La plupart de ces jeunes filles n'ont aucun accès aux services de protection et les d'abus restent cachés.

Ba ne croit pas qu'elle puisse un jour retourner à l'école, mais elle dit que quand elle aura des filles,elle les aidera à avoir une meilleure éducation.


 

 

UNGEI

Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
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