Sénégal

Au Sénégal, l'UNICEF et la Commission européenne appuient une campagne destinée à mettre fin à la mutilation génitale féminine

Par Chris Niles

SOUDIANE BAMBARA, Sénégal 22 janvier 2010 – Marie, 19 ans, est chez elle pendant les congés scolaires et est en train d'aider sa tante avec les tâches ménagères. Dans la chaleur du soleil du début d'après-midi, elle lave des vêtements à la main et les pend pour les faire sécher.

© UNICEF/NYHQ2009-1074/Furrer
VIDÉO : 24 juin 2009 : un reportage du correspondant de l'UNICEF Patrice Brizard sur sur une campagne réussie destinée à mettre fin à la mutilation génitale féminine au Sénégal.  Regarder dans RealPlayer

 

Son village est isolé et sa famille est pauvre mais ces jeunes femmes comme Marie sont le visage du nouveau Sénégal, un pays qui tente de mettre un terme à la mutilation génitale féminine/excision.

« Je peux dire que je suis la première fille du village à avoir obtenu un diplôme au lycée, » dit-elle.

Le Sénégal a fait d'étonnants progrès. En un peu plus d'une décennie, près de quatre des communautés sur cinq qui pratiquaient l'excision ont annoncé qu'elles allaient l'abandonner. Beaucoup pensent qu'il est désormais possible de mettre tout à fait un terme à la mutilation génitale féminine au Sénégal d'ici 2015.

Abandon total en vue
« Le Sénégal pourrait très bientôt être le premier pays à annoncer un abandon total de l'excision, » affirme la représentante de l'UNICEF au Sénégal, Mariam Coulibaly Ndiaye.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2009-1077/Furrer
Des habitantes d'un village examinent des planches pédagogiques lors d'un cours sur la prévention du paludisme donné par Aissatou Diagme, une animatrice de Tostan, dans un espace public en plein air du village de Soudiane Bambara. Ces cours font partie d'un programme pour promouvoir le développement fondé sur les droits de l'homme et encourager les communautés à abandonner la mutilation génitale féminine/excision (MGF/E) et les autres pratiques sociales préjudiciables à la santé.

Les deux dernières années ont vu les changements les plus rapides, grâce en partie à l'appui par la Commission européenne des partenaires de l'UNICEF au Sénégal.

« Il est très important de souligner que, grâce à l'appui qu'a reçu l'UNICEF, cela est en train de changer les mentalités, que cela s'est produit en s'attachant aux droits de l'homme, » affirme la porte-parole de la Commission européenne, Anne Jean Bart.

Des cours informels se trouvent au cœur de ce profond changement. Ils sont organisés par le partenaire de l'UNICEF Tostan et, pour commencer, les habitants de villages étudient les problèmes essentiels liés à la santé comme le lavage des mains et la prévention du paludisme. 

Partage des connaissances
Ces cours encouragent les participantes à réfléchir à leurs aspirations et leurs désirs en terme de droits fondamentaux, ce qui leur donne la possibilité de réexaminer les coutumes qui sont discriminatoires et néfastes.

Le programme, qui incite les gens à prendre des responsabilités dans leur propre communauté, met au grand jour des sujets tabous comme la violence domestique et les agressions sexuelles.

L'enseignement informel encourage les jeux de rôle, la poésie et les chansons. Ensuite, les participants partagent leurs connaissances avec d'autres.

« Quand on parle de transformer les normes sociales, on ne peut pas simplement le faire dans une seule communauté. Il faut le faire d'une communauté à l'autre; il faut aller au-delà des frontières, » souligne Mariam Coulibaly Ndiaye. 

Grâce à l'appui de la Commission européenne, l'UNICEF et Tostan aident les communautés sénégalaises à jouer un rôle directeur et à faire passer le message dans les autres pays de la région.

Des possibilités plus grandes
Parallèlement, la vie de Marie témoigne des larges possibilités qui se sont ici ouvertes pour les filles. Elle et les autres filles de son village savent qu'elles ne sont pas obligées de se marier tôt et qu'elles peuvent choisir d'effectuer une carrière. 

« Je voudrais aller à l'université mais mes parents sont si pauvres que je n'en ai pas les moyens. Alors je vais devenir infirmière pour pouvoir aider mes parents, » dit-elle.


 

 

Partenariat UNICEF-Union européenne

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