Pakistan

Le séisme au Pakistan : l’UNICEF reprend son combat contre la rougeole

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan 2005/Asad Zaidi
Moins d’une semaine après le séisme, cette petite fille a été amenée par son père à un point de vaccination installé à l’Hôpital Abbas de Muzaffarabad, afin d’y être immunisée. L’UNICEF a fourni le porte vaccins réfrigéré de cet agent sanitaire permettant de préserver l’efficacité du vaccin malgré l’intensité du soleil automnal.

par Sabine Dolan

NEW YORK, États-Unis, 7 décembre 2005 – Au Pakistan frappé par le séisme, alors que le rigoureux hiver himalayen est imminent, l’UNICEF lutte à la fois contre la maladie et la chute brutale des températures. 

D’un bout à l’autre du Cachemire sous administration pakistanaise, l’UNICEF intensifie la bataille déjà engagée contre les flambées épidémiques de rougeole. On a enregistré maintenant dans la région la vaccination contre cette maladie d’un demi million d’enfants, et près de 200 000 enfants de moins de 5 ans ont reçu également un supplément de vitamine A. Par ailleurs, une dose supplémentaire de vaccin oral contre la polio a été administrée à tous les enfants de moins de 5 ans. Ceci vient après que l’UNICEF ait lancé le 12 novembre, dans la région, une campagne de vaccination d’une durée de deux semaines. Cette campagne a ciblé les enfants vivant au sein de communautés isolées, dans des vallées d’altitude dont l’accès reste difficile – et chaque jour qui passe augmente le risque de voir ces communautés totalement coupées du monde à cause des chutes de neige hivernales.

On a recensé à ce jour 14 cas de rougeole dans un petit camp de tentes proche de Muzaffarabad, ce qui montre bien la nécessité de poursuivre les efforts de vaccination. La situation des camps surpeuplés de Muzaffarabad est particulièrement préoccupante, dans la mesure où le surpeuplement, l’assainissement insuffisant et l’état généralement médiocre de ces camps « spontanés » contribuent à une dégradation de la santé d’enfants déjà affaiblis à cause d’une sous-nutrition chronique et du traumatisme dû au tremblement de terre.

Le Docteur Mirza Imran Raza, qui est responsable pour l’UNICEF de la campagne contre la rougeole, déclare que les cas enregistrés ne constituent pas une explosion épidémique de grande ampleur. « Nous n’avons enregistré jusqu’à présent que ces 14 cas, dans l’un des petits camps, qui n’a pas été couvert par la campagne. Or l’OMS reçoit chaque semaine des comptes rendus venant de tous les autres secteurs qui n’ont recensé jusqu’à présent aucun cas de rougeole ».

On est en train de mettre en place dans ces camps des actions complémentaires, afin d’atteindre les derniers enfants qui ne sont pas encore vaccinés, ainsi que de nouvelles mesures en faveur des communautés isolées. L’installation de points fixes de vaccination dans les antennes hospitalières et les dispensaires de base, à la fois dans un environnement urbain et rural, va contribuer à obtenir une large couverture pour tous. L’appui de l’UNICEF est essentiellement axé sur l’achat de vaccins, la gestion de la chaîne du froid et la fourniture de porte vaccins et de seringues.

L’UNICEF est préoccupé par les conditions météorologiques qui se détériorent

Alors que l’UNICEF progresse dans ses efforts de vaccination, visant à protéger les enfants vivant dans les camps de tentes, l’organisation prend également des mesures afin de préserver les enfants et leurs familles contre la chute des températures. À l’approche de l’hiver,  les organisations des Nations Unies et leurs partenaires ont coopéré pour la construction de logements préfabriqués. La plupart des survivants du séisme vivent à présent dans des camps de tentes qui ne sont pas conçus pour résister aux dures conditions de l’hiver himalayen.

« Notre préoccupation immédiate concerne les abris : la situation de l’eau et de l’assainissement  et l’aménagement des tentes pour l’hiver », déclare le Docteur Imran Raza. « L’UNICEF et les autres organisations prévoient de fournir d’ici la mi-janvier environ 60 ensembles préfabriqués destinés à servir de centres de soins au Cachemire et à proximité de cette zone, et de mettre en place toutes les installations et fournitures médicales [nécessaires] à 300 000 personnes pour une période de trois mois ».

Un incendie récent, survenu dans des tentes occupées par des survivants du séisme, a provoqué des craintes et des préoccupations supplémentaires, d’autant plus que le froid s’installe. « Afin de prévenir dorénavant de semblables incidents, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et l’Office international des migrations s’efforcent d’aider d’autres organisations à offrir un type de poêle offrant des conditions de sécurité lors d’une utilisation à l’intérieur des tentes », dit le Docteur Imran Raza. « Toutefois, en attendant, chacun se préoccupe du risque d’autres incidents de ce genre, avec l’hiver qui arrive ». 

Davantage de ressources sont nécessaires afin de poursuivre et d’amplifier les efforts de secours. L’appel d’urgence lancé par l’UNICEF n’a permis d’obtenir jusqu’à présent que 64 pour cent du montant total dont on a besoin pour soutenir l’effort de secours, soit 93 millions de dollars US.


 

 

Audio (en anglais)

7 décembre 2005 :
Le Responsable sanitaire de l’UNICEF, le Docteur Mirza Imran Raza, décrit les efforts de son équipe visant à vacciner les enfants contre la rougeole et à préparer les camps de tentes pour l’hiver.

7 décembre 2005 :
Omama Faroog, 15 ans, qui vit à Muzafarrabad, décrit ce qu’elle a vécu lors du violent tremblement de terre, survenu en octobre au Pakistan, et sa vie après le séisme.

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