En bref : Nigéria

Un projet de Radio UNICEF donne la parole aux jeunes nigérians

Image de l'UNICEF
© UNICEF Nigéria/2007/Jaulmes
Deux jeunes garçons participent à un projet de radio de jeunesse soutenu par l'UNICEF, qui donne la parole à des enfants parmi les plus vulnérables du Nigéria.

« La Situation des enfants dans le monde 2011 - l'adolescence, l'âge de tous les possibles », le rapport phare de l'UNICEF, est axé sur le développement et les droits de plus d'un milliard d'enfants dans le monde entier, âgés de 10 à 19 ans. Cette série d'articles, d'essais et de reportages multimédias a pour objectif d'accélérer la lutte des adolescents contre la pauvreté, l'inégalité et la discrimination entre les sexes.

LAGOS, Nigéria, 1er juin 2011 – Un projet de radio jeunes appuyé par l'UNICEF, donne une occasion unique d'exercer leur droit à l'expression aux enfants privés de leurs droits civils au Nigeria.

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Certains des groupes les plus vulnérables du pays - cela va des enfants vivant dans les rues et ceux que l'on accuse de sorcellerie, aux enfants « almajiri » (enfants envoyés auprès des professeurs des écoles coraniques et qui doivent mendier dans les rues argent et nourriture pour leur survie) - sont les témoins vivants de la violation des droits de l'enfant.

S'inspirant de la Journée internationale de la radio/TV en faveur des enfants (ICDB) et des Articles 12 et 13 de la Convention relative aux droits de l'nfant, ces jeunes ont produit treize tranches de vie de 15 minutes. 

Pour chaque série – les « Voix des rues », « Nos Histoires » et « Écoutez-nous » - des jeunes ont été formés pendant trois semaines à la production radio de base. Radio Nigeria a mis à disposition ses  studios et des producteurs de radio professionnels ont aidé les enfants à structurer les témoignages et à mettre en ondes les émissions. Les épisodes étaient diffusés localement et nationalement sur Radio Nigeria.

Aborder les questions sérieuses

« Voix des rues » est une série radiophonique qui se concentre sur les enfants des rues, omniprésents dans les grandes villes du Nigeria. Environ 47 garçons, soutenus par le Réseau d'Enfant-à-enfant de Lagos, ont participé au projet. Le réseau a recruté les enfants qui ont alors reçu une assistance médicale et psychosociale.

Dans cette série d'émissions, les jeunes ont exploré des sujets comme celui de savoir si les mères ou les pères sont plus attentionnés, s'il y a plus de liberté à la maison ou dans les rues, si dire la vérité les aide ou contribue à les blesser, et ce qu'ils feraient s'ils dirigeaient le pays. Certaines émissions abordaient des questions graves comme lorsque des enfants et la mère d'un enfant des rues ont donné des conseils sur les ondes, tandis que d'autres étaient plus insouciantes, mettant en valeur les talents divers des jeunes.

Dans « Nos Histoires », les enfants sont confronté à la question de la sorcellerie. Quand des malheurs comme la maladie, la mort, la perte de travail, la pauvreté ou l'infertilité frappent les familles, un nombre croissant d'enfants sont alors accusés d'être des sorciers. Pendant la diffusion de la série, les enfants ont raconté leurs expériences, les accusations, l'injustice et même la torture.

Pour la première fois, des histoires d'« enfants sorciers » ont été racontées du point de vue des enfants. Ces émissions étaient soutenues le réseau Droits des enfants et réhabilitation, et des dramatiques puissantes ont été écrites et jouées par des enfants qui sont accusés de sorcellerie.

Dans les rues de Kano, comme dans de nombreux endroits du nord du Nigeria,des jeunes garçons tendent un bol en plastic pour mendier de la nourriture et de l'argent. Ces enfants « almajiri » sont envoyés par leurs familles pour recevoir une instruction religieuse, mais comme les systèmes d'assistance des écoles s'écroulent, les enfants sont envoyés dans les rues pour prier ou pour travailler.

La série des émissions radio « Écoutez-nous » a donné la parole à ces enfants pour qu'ils expriment leurs vécus et leurs luttes. Elle était par Radio Nigeria Kaduna, l'Agence nationale pour la prohibition du trafic humain (NAPTIP) et l'Initiative de soutien et d'autonomisation de l'enfant Almajiri.

Réunification avec leurs parents

Ces projets radiophoniques sont non seulement un moyen important d'expression pour les enfants, mais ils servent également de catalyseur du changement social.

« On s'attend à ce que ce soit un réveil de l'action », a déclaré le spécialiste de la Communication à l'UNICEF, Geoffrey Njoku, qui a conçu le projet. « Nous avons vu augmenter l'action gouvernementale en faveur des enfants de la rue et contre le phénomène d'enfant sorcier ».

Les enfants participants en ont déjà tiré profit. Environ 90 pour cent des enfants des rues qui participaient aux programmes radio ont pu retrouver leurs parents. Le succès a été tel que l'UNICEF Nigeria a introduit fin 2010 un programme vidéo dans le projet.

Les jeunes ont déjà créé six drames de trois minutes et un documentaire de 25 minutes sur le projet. ils ont largement été souscrits par les stations de télévision au Nigeria et ont reçu de bonnes critiques. 

L'UNICEF Nigeria prépare déjà un prochain projet de vidéo qui intégrera des enfants militants du Mouvement pour l'Emancipation du Delta du Niger.


 

 

Audio (en anglais)

Écoutez un extrait du programme radiophonique "Nos Histoires, où des enfants accusé de sorcellerie racontent leurs expériences personnelles.
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La voix des jeunes

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