En bref : Libye

L’autre crise en Libye : 2 millions d’enfants courent des risques physiques et émotionnels

Image de l'UNICEF
© UNICEF Libye/2011/Tidey
Faraj, 5 ans, regarde des enfants jouer à Benghazi, Libye.

Par Christopher Tidey

BENGAZHI, Libye, 12 juillet 2011 – Cela fait des mois que le conflit en Libye fait l’objet d’une couverture médiatique intense et on pourrait en déduire qu’il n’y a plus d’enfants dans le pays. La plupart des images publiées dans les médias montrent des soldats sur le front, un Mouammar Kadhafi plein de défiance, des avions-chasseurs de l’OTAN traversant l’horizon, et de longues queues de travailleurs migrants, hommes pour la plupart, qui franchissent les frontières avec la Tunisie et l'Égypte.

Avant mon départ pour Benghazi, un collègue m'a demandé sarcastiquement pourquoi l'UNICEF m'avait chargé de couvrir la crise en Libye quand il apparaissait clairement d’après la télévision et les journaux qu’il n’y avait pas d’enfants dans ce pays.

Mais bien sûr, il y a des enfants en Libye. En fait, ils sont plus de deux millions de moins de 18 ans, ce qui constitue un tiers de la population totale. Et ces enfants souffrent chaque jour un peu plus des conséquences d’un conflit qui déchire leur pays depuis cinq mois. Incontestablement, la Libye est aussi une crise qui concerne les enfants.

Les enfants en danger

Depuis que la révolte a commencé, le 17 février, la plupart des grandes villes du de Libye sont, ou ont été, le théâtre de violents combats, et les enfants ont été gravement affectés.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Libye/2011/Tidey
Des enfants d’un centre pour personnes déplacées attendent que les jeux de l’après-midi commencent. La scène a lieu à Al-Bayda, une ville de la côte libyenne.

La plus grande menace qui pèse sur les enfants, ce sont les armes autour d'eux. Dans les villes de Misrata et Ajdabiya et leurs environs ainsi que dans la région montagneuse de Nafusa, les enfants sont menacés par les mines et les restes explosifs de guerre. Dans de nombreuses villes, il y a d’énormes quantités d’armes légères provenant d’abris clandestins qui ont été ouverts au début du conflit.

On ne saurait sous-estimer ces risques. Lorsque des enfants trouvent ces armes, ils s’en servent comme des trophées ou veulent les vendre comme de la ferraille, et les risques d’accident sont grands. Il y a trois semaines, deux garçons de 10 et 15 ans ont été blessés par l'explosion accidentelle d'une grenade dans la région d’Ajdabiya.

Traumatismes psychologiques

Dans certains cas, les enfants subissent des blessures non pas physiques mais psychologiques. Beaucoup d'enfants libyens qui ont vécu des expériences traumatisantes ont un besoin urgent d'un soutien psychosocial.

Lors de ma récente visite à deux camps de déplacés dans la ville côtière d'Al-Bayda, plusieurs parents m'ont dit que leurs fils et leurs filles souffrent d'insomnie… Quand ils dorment, ils font des cauchemars. À Benghazi, où j'ai visité un club de loisirs pour enfants, une fillette de trois ans a éclaté en sanglots parce qu'elle croyait que l'appareil photo tenu en bandoulière était une arme à feu.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Libye/2011/Tidey
Hassan, 11 ans, (qui tient un enfant plus jeune), aimerait retourner à l’école en Libye.

Les experts conviennent que, outre le soutien psychosocial à donner aux enfants, il importe de rétablir dès que possible un sentiment de normalité dans la vie de ces enfants. On peut y parvenir grâce à la routine quotidienne de l’école mais le système libyen de l'enseignement scolaire est paralysé. De Tripoli à Benghazi, les écoles sont fermées depuis le début de la crise.

Hassan, un garçon de 11 ans, m'a dit que lui et ses amis tiennent désespérément à retourner à l'école. Malheureusement, on ne sait pas quand cela pourra se passer.

La sécurité et le bien-être des enfants

Comme le conflit se poursuit, l'UNICEF et ses partenaires cherchent à assurer la sécurité et le bien-être des enfants en Libye de diverses façons, notamment :

  • En travaillant avec les autorités gouvernementales à Benghazi pour obtenir que les écoles rouvriront bien le 5 septembre, date prévue pour la reprise des cours.
  • En fournissant un soutien aux clubs d'enfants dans 125 écoles dans l'est de la Libye. Ils offrent aux enfants la possibilité de participer à diverses activités récréatives.
  • En aidant à organiser des ateliers éducatifs sur les dangers des mines terrestres, destinés aux enfants et aux familles, dans les régions où il y a des restes explosifs de guerre.
  • En travaillant avec les autorités pour maintenir l’accès à de l’eau propre.
  • En envoyant des vaccins nécessaires de toute urgence dans des villes assiégées comme Misrata.

Mais même  ces efforts sont insuffisants en raison des terribles conséquences de la crise pour les enfants de Libye. Pour l'instant, les travailleurs humanitaires n'ont pas accès aux zones de conflit et l'UNICEF et ses partenaires ont besoin du soutien de la communauté internationale.

Dans les urgences humanitaires, les enfants sont toujours les plus vulnérables et le conflit en Libye ne fait pas exception, quoi que puissent laisser entendre les informations des médias.


 

 

Crise libyenne

Des balles et des tableaux : les enfants de Libye sont las de la guerre et espèrent leur retour prochain en classe

L’autre crise en Libye :
2 millions d’enfants courent des risques physiques et émotionnels

En Libye, dans la ville de Misrata, les enfants sont les plus touchés par le conflit en cours
 avec vidéo

Des familles qui ont fui les combats en Libye font face à de nouvelles violences dans un camp tunisien

Un camp de transit de l'UNICEF donne de l'espoir aux enfants à la frontière entre la Tunisie et la Libye

Dans un camp de transit de Tunisie, l'UNICEF offre une aide aux familles qui ont fui le conflit en Libye

Le soutien psycho-social aide à soulager une jeune famille réfugiée à la frontière de l'Égypte et de la Libye

Fournir un soutien psycho-social aux enfants déplacés au Sud de la Tunisie

L'UNICEF délivre plus de fournitures dans Misrata livrée aux combats

L'UNICEF sur le terrain à Benghazi, alors que les enfants libyens sont confrontés à une menace grandissante

Des efforts d'enregistrement des naissances axés sur la protection des droits des nouveau-nés à la frontière tunisio-libyenne

Un jeune homme fuit en Tunisie et trouve l'espoir après avoir connu la violence en Libye

Note d'actualité :
L'UNICEF demande l'arrêt immediat du siège de Misrata

À la frontière tunisio-libyenne, l'aide aux familles de migrants qui cherchent à rentrer dans leur pays

À la frontière avec l'Égypte, l'UNICEF apporte des secours aux milliers de familles qui fuient les violences en Libye
 avec vidéo

Recherche