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Protection de l'enfant contre la violence et les mauvais traitements

Les enfants et la justice

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ 03-0042/ Noorani
Un instructeur donne un cours d'éducation sanitaire à une classe d'adolescents de sexe masculin vivant dans un centre correctionnel pour mineurs dans la ville d'Erbil (Iraq).

Les enfants placés en détention sont souvent victimes de graves violations de leurs droits fondamentaux. L'arrestation, la détention et la condamnation sont souvent arbitraires, parfois même illégales - résultant des procédures extrajudiciaires menées dans le cadre des systèmes policier et militaire n'offrant pas les garanties qui s'attachent à la procédure civile. Les enfants détenus peuvent ne pas avoir l'âge de la responsabilité pénale et être hébergés dans les mêmes locaux que les adultes, qui peuvent les molester.

Il arrive souvent que les conditions dans lesquelles ils doivent survivre soient déplorables et inhumaines : pas de chauffage, nourriture insuffisante, lits en nombre insuffisant, couvertures infestées de poux, mauvaises installations sanitaires et absence d'exercice. Certains d'entre eux sont placés en régime d'isolement pendant de longues périodes. Les violences physiques ne sont pas rares; les blessures et lésions sont notamment les suivantes : os cassés, mains cassées, lésions aux tympans, contusions et traumatisme profond dû à la torture et aux interrogatoires.

Les enfants sont souvent victimes de violences sexuelles.  Les parents se voient fréquemment priver de leur droit de visite et ne savent souvent pas où leur enfant se trouve détenu.  La détention des enfants est profondément angoissante et déstabilisante pour leur famille.

  • Plus d'un million d'enfants dans le monde sont privés de leur liberté par des représentants de la force publique
  • La plupart des enfants privés de leur liberté sont placés en état d'arrestation ou en détention provisoire. Six ans après le génocide au Rwanda, 4 454 enfants étaient encore en prison, attendant le règlement de leur cas. Pour plus de 450 d'entre eux, il avait été officiellement reconnu qu'ils n'étaient absolument pas impliqués dans le génocide (196 seulement avaient été libérés en juin 2003)
  • La plupart des enfants détenus n'ont pas commis d'infractions graves. Bon nombre d'entre eux n'ont même commis aucune infraction pénale. Ils sont privés de leur liberté pour ce que l'on appelle des « infractions liées au statut juridique de la personne » tels que le vagabondage, la mendicité, le tabagisme, l'abandon scolaire et la consommation d'alcool. Dans d'autres cas, les enfants sont placés en détention parce qu'ils accompagnaient un parent au centre de détention ou demandaient à bénéficier de l'asile dans un autre pays. Certains enfants sont incarcérés pour des motifs tels que la race, la religion, la nationalité, l'origine ethnique ou les opinions politiques.

On comprend de mieux en mieux qu'il est souvent inutile, voire contraire au but recherché de priver de leur liberté des enfants ayant eu maille à partir avec la loi. En fait, une proportion importante des professionnels qui travaillent avec les enfants dans les centres de détention reconnaissent bien volontiers que beaucoup sinon la plupart d'entre eux ne devraient pas être incarcérés.


 

 

Document relatif

Justice pour les enfants : la détention en dernier ressort, les initiatives innovatrices dans l'Asie de l'Est et la Région Pacifique (en anglais)

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