UNISSONS-NOUS POUR LES ENFANTS

Protection de l'enfant contre la violence et les mauvais traitements

Répondre aux normes sociales

Mentalités, traditions, coutumes, comportement et pratiques

L'environment n'est pas protecteur pour les enfants dans les pays où les mentalités ou les traditions sont favorables à la maltraitance. Ainsi, par exemple, si les mentalités jugent avec indulgence les adultes qui ont des rapports sexuels avec des mineurs ou la violence à l'encontre des enfants, elles facilitent la maltraitance. Les enfants ont plus de chances d'être protégés dans les pays où toutes les formes de violence contre les enfants sont exclues et où les droits des enfants sont largement respectés par la coutume et la tradition.

Quelques exemples nationaux

À Djibouti, l'UNICEF a appuyé une action de sensibilisation et de mobilisation sociale au sujet de la mutilation génitale féminine (MGF) par la formation des chefs religieux et des responsables locaux et au moyen de messages publicitaires contre la MGF à la télévision et à la radio.

Au Népal, l'UNICEF s'emploie à faire mieux prendre conscience aux parents des effets préjudiciables du travail des enfants à la faveur d'une initiative d'éducation parentale, et à donner aux enfants âgés de trois à cinq ans un espace sécurisant et stimulant d'apprentissage et de jeu dans des centres de développement de l'enfant fonctionnant au niveau des communautés locales. En 1999, 50 000 parents et autres dispensateurs de soins ont participé à cette initiative.

Engagement du gouvernement à réaliser le droit à la protection

L'engagement du gouvernement à respecter, protéger et réaliser le droit de l'enfant à la protection est un élément indispensable d'un environnement protecteur. Il est très fréquent que les gouvernements nient l'existence d'un problème dans leur pays alors qu'en réalité l'exploitation des enfants se rencontre dans le monde entier.  Les gouvernements doivent au contraire montrer qu'ils sont déterminés à mettre en place de solides cadres juridiques conformes aux normes, politiques et programmes internationaux, et à les appliquer pour protéger les enfants.

Quelques exemples nationaux

Les Gouvernements de la Côte d'Ivoire et du Mali ont signé un mémorandum d'accord sur la traite internationale d'enfants - le premier accord de ce genre à être signé en Afrique. Il fixe les domaines de coopération transfrontalière dans la lutte contre la traite d'enfants, parmi lesquels le rapatriement des enfants victimes d'une traite et la détection et la surveillance des réseaux de traite d'enfants. 

Au niveau mondial, l'UNICEF, agissant de concert avec l'onusida et l'Envoyé spécial de l'onu pour le VIH/SIDA, a tenu une réunion sur les enfants rendus orphelins et touchés par le VIH/SIDA convoquée par Nelson Mandela et Graça Machel à Johannesburg (Afrique du Sud), en septembre 2002. C'était la première fois qu'étaient réunis les protagonistes de haut niveau qui ouvraient aux avant-postes du dispositif d'intervention mis en place pour régler la question des orphelins en Afrique. Les participants ont réfléchi à l'ampleur et à la nature de la crise, étudié les causes à l'origine de l'insuffisance des mesures prises jusqu'ici pour y faire face et sont convenus d'un certain nombre de mesures visant à modifier en profondeur la manière d'envisager la question en Afrique subsaharienne.

Engager la discussion et faciliter un dialogue constructif sur les questions intéressant la protection des enfants

Au niveau le plus immédiat, les enfants doivent avoir toute latitude pour s'exprimer sur les problèmes qui les concernent ou concernent d'autres enfants. Au niveau national, la couverture médiatique et la prise en charge par la société civile des questions intéressant la protection des enfants vont dans le sens d'un environnement protecteur. Les organisations non gouvernementales (ONG) doivent faire de la protection des enfants l'une de leurs priorités. Il faut briser le mur du silence.

Quelques exemples nationaux

Au Guatemala, l'UNICEF a aidé le Bureau du médiateur pour les droits de l'homme à créer des commissions municipales pour la protection des droits des enfants. Ces commissions reçoivent des plaintes pour actes de violence et de maltraitance et autres formes de violation des droits des enfants, et servent de médiatrices dans les conflits concernant les droits des enfants dans la famille et la communauté, à l'école et dans les entreprises privées.

Au Sénégal, l'UNICEF a fourni un appui financier et en matière de communication aux ONG locales qui ont aidé à créer le mouvement de lutte contre la mutilation génitale féminine/excision. En janvier 1999, le Parlement sénégalais a approuvé une loi interdisant la MGF/E.

Élaboration d'une législation de protection et application de cette législation

Un bon cadre législatif conçu pour protéger les enfants contre la maltraitance, et l'application de ce cadre sont deux éléments essentiels d'un environnement protecteur.

Quelques exemples nationaux

Au Viet Nam, l'UNICEF a coopéré avec le Gouvernement et des partenaires non gouvernementaux à l'élaboration du décret gouvernemental de 1998 sur l'enregistrement des actes d'état civil, qui établit le droit des enfants de se faire enregistrer. On a donné aux officiers de l'état civil aux niveaux des districts et des communes ou arrondissements une formation aux droits des enfants et à la réglementation officielle relative à l'enregistrement des naissances afin d'appuyer l'application de la loi.

Au niveau mondial, l'UNICEF fournit un appui aux gouvernements pour les amener à se reconnaître liés par des normes internationales telles que la Convention n° 182 de l'Organisation internationale du Travail sur les pires formes de travail des enfants, qui, en novembre 2002, avait été ratifiée par 132 gouvernements. L'UNICEF aide aussi les gouvernements à s'assurer qu'une législation est en place pour poursuivre les employeurs qui profitent des enfants par le biais, notamment, du travail forcé ou sous contrainte. 

La capacité de protection des personnes gravitant autour des enfants

Les agents sanitaires, les fonctionnaires de police, les travailleurs sociaux et toutes les autres personnes qui communiquent avec les enfants doivent être motivés et avoir les compétences et l'autorité pour détecter les cas de maltraitance d'enfants et prendre les dispositions qui s'imposent. La capacité des familles et des communautés de protéger leurs enfants est une composante essentielle de l'environnement protecteur.

Quelques exemples nationaux

En Égypte, l'UNICEF a collaboré avec le Ministère de l'assurance et des affaires sociales en vue de réaliser dans 26 villages une enquête initiale destinée à évaluer les connaissances, les attitudes et les pratiques des familles en ce qui concerne la mutilation génitale féminine. L'UNICEF a ensuite aidé le Ministère à créer un groupe d'opposants à la mutilation génitale féminine, composé de travailleurs sociaux, de membres d'organisations non gouvernementales et de chefs religieux. Le Fonds a également formé des médecins, des infirmières et des visiteurs sanitaires itinérants pour qu'ils mettent les familles en garde contre les dangers de cette pratique.

En Roumanie, l'UNICEF s'est employé à prévenir les abandons d'enfants en collaborant avec les maternités. Celles-ci ont fourni des conseils et un appui matériel à 765 mères et futures mères vivant dans des circonstances difficiles, ce qui leur a permis de garder leurs enfants. L'appui aux familles d'accueil et à des structures semblables à ce que peut apporter la famille a empêché certains enfants d'être placés dans des établissements spécialisés.

Au Niger, l'UNICEF a lancé une action de sensibilisation contre le mariage précoce en mobilisant à cette fin les chefs de village, en produisant des pièces de théâtre dans les langues locales, qu'il a ensuite diffusées à la radio et à la télévision, ainsi que des sketches suivis de débats avec les populations rurales. L'UNICEF a également formé les membres du personnel d'un hôpital qui offre des services aux filles souffrant de complications médicales à la suite d'une grossesse précoce et dont un grand nombre avaient été mariées trop tôt.

Préparation des enfants à la vie en société, leurs connaissances et leur participation

Les enfants sont moins vulnérables à la maltraitance s'ils connaissent leur droit de ne pas être exploités ou les services existant pour les protéger.  S'il disposent des informations nécessaires, les enfants peuvent tirer parti de leurs connaissances, de leurs compétences pratiques essentielles et de leur capacité d'adaptation pour réduire le risque de se faire exploiter. 

Quelques exemples nationaux

En Inde, des enfants ont participé à un stage de formation destiné à modifier la façon dont la police envisage les problèmes des enfants, tels que la toxicomanie, les enfants des rues et l'exploitation sexuelle. Les enfants ont assisté au stage en tant qu' « experts » afin d'aider la police de Bangalore à se familiariser avec la vie dans la rue telle qu'un enfant la voit et la vit. Les enfants et la police ont collaboré avec l'unicef en vue de définir un mode d'approche des interventions de la police qui réponde mieux aux besoins des enfants.

En Thaïlande, l'UNICEF a aidé le Bureau de la Commission nationale des questions féminines à organiser un « Camp de jeunes pour mettre fin à la violence contre les enfants et les femmes ». Ce Camp a contribué à la constitution de réseaux de jeunes et à renforcer les moyens à la disposition des organismes locaux pour ce qui est d'offrir aux enfants et aux femmes une protection contre la violence dans la famille. Après la formation reçue dans ce camp, les participants ont été nommés jeunes bénévoles pour suivre la situation de la violence contre les enfants, les jeunes et les femmes dans leurs communautés.

Surveillance continue et notification des cas de maltraitance

Un système de surveillance continue, qui enregistre le nombre et la nature des cas de maltraitance d'enfants, permet de prendre des mesures stratégiques en connaissance de cause. Les systèmes de ce genre sont plus efficaces qu'ils sont participatifs et implantés au niveau local.

Quelques exemples nationaux

Il existe actuellement au Bénin plus de 170 comités de village qui font ouvre de sensibilisation auprès de la population locale et notifient les cas de violences sexuelles ou autre infligées à des enfants.  Les premiers comités de village ont été créés en août 1999 à la suite d'une recherche entreprise par le Gouvernement béninois et l'UNICEF et la mise au point d'un plan de décentralisation des activités de lutte contre la traite des enfants. Chaque comité charge l'un de ses membres de déterminer en toutes circonstances le nombre d'enfants vivant dans le village. Le Comité notifie immédiatement à la police la disparition d'un enfant et suit les progrès de la réinsertion des enfants qui reviennent au village.

À Sri Lanka, l'UNICEF a interrogé des enfants libérés par les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), confirmant qu'ils avaient effectivement été recrutés par les LTTE et qu'ils avaient été rendus à leur famille. L'UNICEF élabore actuellement un plan d'action en vue de la réinsertion de ces enfants dans la société, prévoyant notamment de les aider à retourner à l'école et à avoir accès à la formation professionnelle. L'UNICEF et les LTTE sont également convenus de définir des procédures de surveillance et de prévention future du recrutement d'enfants, et se sont entendus sur la libération de toutes les recrues mineures qui seraient encore retenues par les LTTE.

Au Népal, l'UNICEF a mis en place dans 14 districts des systèmes de surveillance communautaire et organisé des assistants d'avocats en vue de la lutte contre la traite d'enfants. Il a contribué à la création de cellules pour femmes dans les postes de police de district et a appuyé l'organisation de foyers et de centres de réinsertion pour enfants victimes de violences sexuelles et enfants qui travaillent.

Services de rétablissement et de réinsertion

Les enfants victimes d'une forme quelconque d'abandon moral, d'exploitation ou de maltraitance sont admis au bénéfice de soins et d'un accès aux services sociaux de base. Ces services doivent être offerts dans un environnement favorable à la santé, au respect de soi et à la dignité de l'enfant.
 
Quelques exemples nationaux

Au Bangladesh, l'UNICEF, coopérant avec les organisations non gouvernementales et donateurs locaux, a pris des dispositions en vue de créer une 'Fondation des rescapées de l'acide' en faveur des jeunes femmes qui se sont fait asperger le visage à l'acide (l'agression par jet d'acide est une forme de violence dans la famille et est perpétrée contre les filles et les femmes).  Des médecins locaux ont reçu une formation au traitement des victimes et un établissement auxiliaire de soins infirmiers a été créé pour s'occuper des rescapées.  Dans le cadre de cette action, l'unicef et ses partenaires ont lancé une campagne visant à inciter les adolescents de sexe masculin à se prononcer contre la violence.

En République démocratique du Congo, l'UNICEF a participé à la démobilisation de près de 300 enfants soldats dont l'initiative a été prise en décembre 2001 par le Président Joseph Kabila.  Les enfants ont été placés dans un centre de transit temporaire, aux bons soins du Bureau national de la démobilisation et de la réinsertion et d'un groupe de partenaires, parmi lesquels l'UNICEF, qui est la seule entité à avoir versé une contribution financière.

Parallèlement, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma) signait avec l'UNICEF un plan d'action en vue de la démobilisation de 2 600 enfants soldats en 2002. En avril 2002, les premiers 104 enfants soldats ont été remis à l'unicef et à ses partenaires et placés dans des centres de transit pour une durée de trois mois, pendant que l'on s'efforçait de localiser leur famille. L'UNICEF est toujours en pourparlers avec le gouvernement et les groupes d'opposition armés pour garantir la démobilisation de tous les enfants soldats.


 

 
Recherche