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Protection de l'enfant contre la violence et les mauvais traitements

Des discussions de haut niveau ayant pour objet « Mettre fin aux mariages d'enfants » ont eu lieu à l'occasion de la première Journée internationale de la fille

La célébration inaugurale de la Journée internationale de la fille est observée le 11 octobre 2012. En cette première occasion, la Journée se penche, cette année,  sur les mariages d'enfants, qui sont une violation d'un droit humain fondamental et qui influencent la vie des filles dans tous ses aspects. Les mariages d'enfants refusent aux filles le droit de vivre leur enfance, perturbent leur éducation, limitent leurs opportunités, augmentent les risques de les voir exposées à la violence et aux abus, mettent en danger leur santé et constituent donc un obstacle à l'accomplissement de presque chaque Objectif du Millénaire pour le développement (OMD,) et le développement de communautés saines.

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Par Priyanka Pruthi

NEW YORK, États-Unis d'Amérique, 11 octobre 2012 - « Permettons aux filles être des filles, et non des épouses », a déclaré le Secrétaire général Ban Ki-Moon devant un panel de haut niveau ayant pour objet de « Mettre fin aux mariages d'enfants » à l'occasion de la première Journée internationale de la fille.

VIDÉO (en anglais) : le reportage de la correspondante de l'UNICEF Priyanka Pruthi sur l'appel des Nations Unies pour mettre fin au marriage d'enfants à l'occasion de la célébration de la première Journée internationale de la fille.

M. Ban Ki-Moon a expliqué que rien mieux que la question du mariage d'enfants, ne permet d'illustrer le niveau alarmant de la violence et des abus que doivent subir les filles.

« Émanciper les filles est un impératif moral, une simple question de justice et d'égalité. Investir dans les filles est un catalyseur pour changer le monde... Nous devons travailler ensemble pour le jour où chaque fille sera traitée avec dignité et respect - C'est la raison d'être de cette célébration », a-t-il souligné. 

Le mariage d'enfants une pratique néfaste

Selon le le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), plus de 37 000 filles mineures sont mariées chaque jour. Si cette tendance se continue, près de 150 millions de filles seront mariées avant leur dix-huitième anniversaire, cela dans les 10 prochaines années.

Mettre fin au Mariage d'enfants est essentiel pour atteindre les objectifs de développement du Millénaire (OMD) et est inextricablement lié à la croissance économique des pays.  les mariages précoces privent les filles de leurs opportunités d'étudier, et ont plus de chances de rester pauvres. Le fait d'être mariées jeunes, limite non seulement les droits des filles à l'éducation, mais aussi met leur santé en péril : les complications liées aux grossesses et à l'accouchementsont la plus importante cause de mortalité pour les filles entre 15 et 19 ans.

À L'occasion de l'inauguration de la Journée international de la fille, un message d'intérêt général de l'UNICEF appelle à mettre fin au mariage d'enfants.

Mettre fin à cette pratique pour objectif

Les efforts internationaux ayant pour objectif d'en finir avec cette pratique étaient au centre des discussions animées par la société nationale de télédiffusion Ann Curry (États-Unis).  Avec le principal invité l'archevêque Desmond Tutu, figuraient aussi parmi les panélistes la Directrice générale adjointe de l'UNICEF Geeta Rao Gupta, le Directeur général du FNUAP, le Dr. Babatunde Osotimehin et la Directrice générale d'ONU-Femmes, Michelle Bachelet.

Dénonçant les mentalités dépassées qui traitent les femmes comme des citoyenne s de seconde classe, l'archevêque Desmond Tutu a déclaré qu'il était aussi outragé par les mariages d'enfants qu'il l'avait été par l'apartheid. « Que nous est-il arrivé ? Comment pouvons-nous écarter 50 pour cent de la population humaine et dire qu'elle vaut moins que nous ? C'est tout à fait déraisonnable. Quand vous déshumanisez quelqu'un, que vous le vouliez ou non, vous vous déshumanisez aussi ».

Mme Michelle Bachelet a parlé du cercle viceuxde l'inégalité entre les sexes : « les filles et les femmes sont perçues comme ayant une valeur moindre dans la société. Dans beaucoup de sociétés, les filles sont également définies par l'institution du mariage. Les familles lient l'avenir de leur fille à la possibilité de pouvoir la marier.parce que dans cette culture, c'est ce qui leur donne leur identité. L'inégalité entre les sexes est dans les fondements du mariage des enfants qui a son tour perpétue l'inégalité entre les sexes ».

La voie vers la fin des mariages d'enfant

Mme Geeta Rao Gupta est persuadée que l'emprise de la culture et de la tradition sur les filles les plus marginalisées peut être desserrée et que la loi joue un rôle important : « nous voyons le changement tout le temps. Il y a des motivations qui doivent être en place avant de pouvoir changer la culture et la tradition. Cela exige des efforts concertés, les bons leviers.Une première étape est de mettre des lois en place qui maintiennent à 18 ans l'âge minimal de mariage ».

D'autres moyens de mettre fin à la pratique néfaste du mariage d'enfants ont été explorés. Mme Geeta Rao Gupta a décrit comment mettre en place des mesures économiques, qui si elles ne suffisent pas en elles-mêmes pour être efficaces, représentent néanmoins un instrument important. « Une des interventions sur laquelles nous travaillons à l'UNICEF et qui a bien fonctionné consiste à fournir une incitation sous forme d'une aide en espèces afin que les filles se tiennent éloignées du mariage », a-t-elle souligné.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2012-1277/Markisz
Second à partir de la droite) le Président du groupe « The Elders » l'archevêque Desmond Tutu, s'exprime devant un panel de haut niveau « Mettre fin au mariage d'enfants » au siège des Nations Unies à New York. À ses côtés, à la tribune, de gauche à droite, le Ministre d'État du Bangladesh chargé des femmes et des enfants Shirin Sharmin Chaudhury ; le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ; et la Directrice générale de l'ONU-Femmes Michelle Bachelet.

Le Dr. Osotimehin a mis l'accent sur l'éducation : « il s'agit de la valeur que nous accordons aux filles - C'est une question mondiale qui peut être masquée dans certains pays. Ce que nous devons faire à l'avenir, c'est de s'assurer que nous donnons à la jeunesse un accès à l'éducation ».

En partageant l'expérience de son propre pays, Shirin Sharmin Chaudhury Ministre d'État du  Bangladesh chargé des femmes et des enfants et intervenant du panel, a souligné que les politiques doivent être mises en oeuvre efficacement si l'on veut rendre visible le moindre changement. « L'enregistrement des naissances et des certificats nationaux d'identification aident à la détermination de l'âge des filles ; ceci a permis d'abaisser l'incidences des mariages d'enfants. De nombreuses de campagnes de sensibilisation ont également modifié les changements de comportement.grâce à des publicités sur les conséquences négatives pour les femmes . L'administration de clubs adolescents a aussi été utile »

Le Dr. Osotimehin a aussi souligné la nécessiter pour les gouvernements nationaux de se concentrer sur les filles. « Nous ne pouvons pas nous contenter de programmes à petite échelle, nous devons au contraire les intensifier. Il faut que les gouvernements nationaux prennent également leurs responsabilités sur cette question », a-t-il ajouté.

Le manque  d'investissement dans les filles et l'incapacité de la communauté internationale à placer les femmes et les filles au centre du développement demeurent. À souligner également les domaines où un travail doit être mené : la participation des hommes ; encourager l'énergie des jeunes ; et prioriser la sécurité des filles - en prévenant la violence à leur encontre.

« Vous êtes puissants, chacun d'entre vous », a affirmé l'archevêque Desmond Tutu dans sa déclaration de clôture. « Laissez chacun d'entre vous devenir  un apôtre, engagé et actif ».


 

 
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