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Protection de l'enfant contre la violence et les mauvais traitements

Cinq pays supplémentaires signent l'accord international pour stopper l'enrôlement forcé des enfants dans les conflits

Image de l'UNICEF
© OSRSG-CAAC
Le groupe présent au quatrième forum ministériel pour le suivi des Engagements de Paris et des Principes de Paris, où il a été annoncé que cinq nations supplémentaires avaient signé les Engagements de Paris pour la fin de l'utilisation des enfants dans les conflits armés, élevant le nombre de signataires à 100.

Par Chris Niles

NEW YORK, le 27 septembre 2011 - Cinq pays supplémentaires se sont officiellement engagés à mettre fin au phénomène des enfants dans les conflits armés en signant les « Engagements de Paris ». Grâce à l'intégration de l'Angola, l'Arménie, la Bosnie Herzégovine, le Costa Rica et Saint-Marin, 100 nations se sont désormais engagées à faire tout leur possible pour protéger les enfants des conflits.

L'annonce a été faite lors d'un forum ministériel de suivi des Principes de Paris et des Engagements de Paris.

Une zone de flou

« Je suis particulièrement heureux d'annoncer que nous avons franchi le cap des 100 Etats ayant endossé les Engagements de Paris, et que des progrès considérables ont été réalisés », a affirmé François Zimeray, Ambassadeur de France pour les droits de l'Homme, dont le gouvernement a co-accueilli l'événement avec l'UNICEF au siège de l'ONU.

L'ambassadeur a réaffirmé le soutien de la France, en insistant sur le fait que cette liste d'« infamie » des pays qui ignorent les normes internationales quant aux enfants dans les conflits armés était encore trop longue. « Les enfants ne seraient pas impliqués dans les conflits armés sans la lâcheté des adultes belligérants », a-t-il affirmé.

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy a présenté un document de travail : « Les enfants et la justice pendant et au lendemain du conflit », axé sur la zone de flou dans laquelle se trouvent les enfants devant les tribunaux, entre victimes, témoins ou coupables.

Mme Coomaraswamy a évoqué les conséquences négatives potentielles de faire passer des enfants en jugement. « S'ils témoignent, seront-ils capables de soutenir un contre-interrogatoire musclé qui souvent conduisent à des attaques sur leur personne ou à raviver le souvenir d'événements terrifiants ? », a-t-elle demandé.

Une nécessaire indemnisation

La Représentante spéciale a ensuite souligné la nécessité des indemnités de guerre, affirmant que les victimes devaient recevoir une compensation pour la perte de leur enfance, de leur famille et de leur éducation. « Les gouvernements et les donateurs jouent un rôle essentiel dans l'approvisionnement en ressources durables permettant ce genre d'initiatives », a-t-elle précisé.

En 2010, l'UNICEF et ses partenaires ont contribué à la libération d'environ 10 000 enfants associés aux conflits armés.

Rima Salah, Directrice générale adjointe de l'UNICEF, a insisté sur la nécessité d'un financement souple pour concevoir des programmes qui aident les enfants à se remettre de leur calvaire et à mener des vies autonomes.

« Les approches durables, inclusives et communautaires  visant à réinsérer les enfants dans les régions touchées par un conflit reconnaissent que ces enfants portent souvent un fardeau de honte et de stigmatisation considérable », a-t-elle affirmé.

« Au-delà de l'entendement humain »

Grace Akallo, ancienne enfant soldat kidnappée en 1996 dans son pensionnat, raconte ses sept mois dans l'Armée de résistance du Seigneur en Ouganda. « Ce que nous avons vu va au-delà de l'entendement humain », affirme-t-elle. « Les filles étaient données aux commandants pour être leurs femmes et on nous disait que si nous refusions, nous serions battues ou tuées ».

Grace Akallo, qui fait maintenant partie du Réseau des jeunes affectés par la guerre, a instamment prié les pays de faire leur maximum pour protéger les enfants. « Si nous ne protégeons pas les enfants, comment serons-nous crédibles en tant que responsables, qu'amis, et pour répondre aux questions concernant les injustices commises à leur encontre ? », a-t-elle demandé.


 

 

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