Haïti

En Haïti, les fusils remplacés par des livres

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haiti/2006
Des enfants de la Cité Soleil – un des bidonvilles les plus violents de la capitale haïtienne – reçoivent des cartables de l’UNICEF au cours d’une récente campagne de retour à l’école.

Par Christian Skoog

PORT-AU-PRINCE, Haïti, 21 septembre 2006 – Une campagne de retour à l’école a apporté de nouveaux espoirs aux enfants de la Cité Soleil, le bidonville en bord de mer de la capitale haïtienne, longtemps considéré comme l’un des quartiers urbains les plus violents de tout l’hémisphère occidental.

Cela fait des années que de puissants gangs règnent sur cette communauté : ils recrutent les enfants de force, maintiennent les étrangers à l’écart, y compris les travailleurs humanitaires. La violence, exacerbée par une pauvreté croissante, a obligé les écoles à fermer, laissant des milliers d’enfants sans éducation. 

Mais l’élection en février du nouveau Président René Préval a permis de débloquer la situation. Les gangs ont déclaré une trêve unilatérale et le quartier est enfin redevenu accessible.

L’UNICEF a immédiatement lancé une campagne de vaccination massive pour tous les enfants et toutes les femmes du bidonville, vaccinant ainsi 20 000 enfants et 30 000 femmes contre des maladies que l’on peut facilement prévenir.

De retour dans la salle de classe

Avec l’Organisation internationale de la migration (OIM) et les autorités locales, l’UNICEF a examiné ce dont on avait besoin pour permettre à chaque enfant de la Cité Soleil de retourner à l’école. Dans 40 écoles on a amélioré la qualité de l’eau et les installations sanitaires, tout en distribuant des fournitures scolaires essentielles à tous les élèves et tous les enseignants des 201 écoles.

Le 14 septembre, chacun des directeurs d’école de la Cité Soleil a remercié en public l’UNICEF et l’OIM des efforts qu’ils ont accomplis pour la campagne de retour à l’école. « C’est la première fois depuis longtemps que tout l’équipement est arrivé à temps et en totalité, », a dit le Directeur de l’école Canado de la Passion, Charles Linstin Martin, au nom des autres directeurs. Il a ajouté qu’il vaudrait mieux que ce soit ces deux institutions qui s’occupent à l’avenir des distributions de toutes les fournitures humanitaires.

Au total, ce sont 271 écoles et plus de 68 000 enfants qui ont reçu du matériel scolaire de base dans la Cité Soleil et les autres quartiers affectés par la violence.

Un chemin vers la paix et le développement

La campagne de retour à l’école en Haïti est étroitement liée au lancement du Programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion. L’UNICEF y joue un rôle majeur, en veillant à ce que le programme tienne compte du droit des enfants, et en faisant de l’éducation le meilleur moyen de se protéger face à la violence.

« Je suis persuadé que la violence est le premier obstacle au développement, » a dit M. Adriano Gonzalez-Regueral, Représentant de l’UNICEF en Haïti. « Il y a encore beaucoup d’enfants dans la Cité Soleil et ailleurs en Haïti qui n’ont pas accès à l’école. Nous devons unir nos efforts et nous mobiliser pour trouver les fonds qui permettront d’atteindre ces enfants et d’éviter qu’ils ne reçoivent des armes au lieu d’une éducation. »

Avec la Banque mondiale, l’UNICEF soutient aussi l’Initiative d’abolition des frais de scolarité – un des volets de la Stratégie nationale de l’éducation pour tous. Les familles haïtiennes dépensent en moyenne une part plus importante de leurs revenus pour l’éducation que les familles de n’importe quel autre pays du monde. Cependant 54 pour cent des enfants haïtiens seulement vont à l’école. 

Il faudra trouver 78 millions de dollars supplémentaires pour atteindre l’Objectif du Millénaire pour le développement qui prévoit que tout enfant ira à l’école d’ici à 2015. Une petite somme pour remettre le pays sur le chemin de la paix et du développement.


 

 

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