République démocratique du Congo

Le Directeur général de l’UNICEF se focalise sur l’élimination de la polio et de la violence au cours de sa visite en République démocratique du Congo

Par Cornelia Walther

GOMA, République démocratique du Congo, 7 mars 2011 – « Cette vaccination aidera  ma fille à grandir en bonne santé », dit Aminata, une jeune mère congolaise. « Cela semble si simple et c’est si étonnant. » La semaine dernière, tandis que le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake était en déplacement à Kinshasa, la capitale de la RD du Congo, Aminata a amené sa fille de trois ans se faire vacciner contre la polio au Centre de santé Burumba.

VIDÉO (en anglais) : Ndiaga Seck de l’UNICEF décrit la visite que le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake a faite à des programmes de santé et de protection de l’enfant soutenus par l’UNICEF dans la République démocratique du Congo.  Regarder dans RealPlayer

 

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© UNICEF/NYHQ2011-0336/Asselin
Le Directeur général Anthony Lake (au centre) rend visite à une femme et son nouveau-né dans la maternité du Centre de santé maternelle et infantile Barumbu à Kinshasa, RD du Congo. A l’extrême gauche se trouve le Directeur régional de l’UNICEF Gianfranco Rotigliano.

Lors de sa visite, M. Lake a été témoin des efforts déployés tous les jours par les agents de santé communautaires pour offrir des soins de santé médicaux de qualité dans la capitale, où plusieurs cas de poliomyélite ont été enregistrés depuis janvier.

« Aucune menace ne pourrait être plus urgente que la résurgence de la poliomyélite aujourd'hui », dit-il.  « Non seulement cela met en danger la vie et les moyens de subsistance en RDC, mais cela compromet également les progrès accomplis à l’échelle mondiale pour éradiquer la polio. Nous avons la capacité de vaincre la polio, et parce que nous pouvons le faire, nous devons le faire ».

L'épidémie de poliomyélite dans ce pays, qui a enregistré une brutale poussée de près de 120 cas au cours des 14 derniers mois, touche principalement les trois provinces le long de la frontière avec l'Angola. Bien que la poliomyélite frappe généralement les jeunes enfants, les adultes sont également menacés en RD du Congo. Neuf d’entre eux ont été touchés depuis le début de l'année.

Pas d’impunité pour les auteurs de violence

Après avoir rencontré le Premier ministre et le ministre de la Santé, des rencontres au cours desquelles Anthony Lake a souligné le rôle essentiel du gouvernement pour mettre un terme à cette maladie invalidante, le Directeur général s’est rendu dans l’est de la République démocratique du Congo pour voir de ses propres yeux l’impact du conflit armé sur les enfants et les femmes.

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Des ex enfant-soldats participent à une classe d’anglais dans le centre de transit CAJED à Goma, RD du Congo. Ce centre, soutenu par l’UNICEF, accueille normalement les anciens enfants soldats pendant trois mois, avant qu’ils ne soient réunis avec leur famille.

À Goma, province du Nord Kivu, il a visité HEAL Africa, un partenaire non gouvernemental d’importance capitale pour l'UNICEF dans la réponse aux violences sexuelles. « Beaucoup de ces filles et de ces femmes ont survécu à un viol et à des sévices, a déclaré Anthony Lake. Elles ont été bannies de la société, rejetées par leurs communautés. Rares sont celles qui ont vu leurs agresseurs traduits en justice. En leur parlant, j’étais frappé par leur courage et leur détermination à aller de l’avant ».

La violence sexuelle et le recrutement d'enfants dans des groupes armés sont considérés comme des crimes par le droit congolais et le droit international, mais la poursuite des auteurs de ces crimes s’est avérée très difficile en RD du Congo.

Une réponse d’ensemble

« Un jour, ils sont venus dans notre village. Ils ont tué mes parents et m'ont emmené dans leur camp. Quand nous sommes arrivés, ils m'ont donné une arme, et dès ce moment, j'étais un soldat », se rappelle Corneille, 16 ans. Après deux ans avec les rebelles de l’Armée de libération du Rwanda, il a réussi à s'échapper. Il se trouve maintenant dans un centre de transit et d'orientation géré par le CAJED, un partenaire de l'UNICEF, qui organise un programme de réinsertion comprenant un soutien psychosocial et une formation professionnelle.

Dans tout l’est de la République démocratique du Congo, l’UNICEF encourage une réponse d’ensemble à la violence sexuelle et au problème de la situation des enfants qui ont été relâchés par des forces ou groupes armés. Cette réponse comprend des soins médicaux, une aide psychosociale, une aide à la réinsertion et des conseils d’orientation pour ceux qui cherchent à obtenir justice.

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Le Directeur général Anthony Lake écoute un membre du personnel de l’UNICEF au centre CAJED à Goma. Ce centre de transit, soutenu par l’UNICEF, offre aux anciens enfants soldats des vivres, un logement, une éducation et des activités d’éveil à l’art.

En 2010, l'UNICEF RD Congo a aidé près de 9000 enfants victimes de violence sexuelle et plus de 5000 enfants qui avaient été recrutés par des groupes et forces armés.

Briser l’engrenage

L'impact des conflits sur les enfants est considérable car il compromet leurs perspectives même d’avenir. On estime à 2 millions le nombre d’adultes et d'enfants déplacés par les combats en RD du Congo, et ils sont près d’un demi-million de réfugiés à chercher un refuge dans d’autres pays.

« Ces enfants ont tout perdu, mais nous ne devons pas oublier qu'ils ont le même droit aux services sociaux que les autres enfants », a souligné la représentante de l'UNICEF en RD du Congo, Pierrette Vu Thi.

En attendant, cependant, la République démocratique du Congo est prise dans l’engrenage des conflits et de la pauvreté. Un enfant sur cinq meurt avant l'âge de cinq ans. Près de la moitié de tous les enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance due à une mauvaise nutrition. Moins de la moitié de la population a accès à de l'eau potable. Deux tiers des enfants n'ont pas de certificat de naissance.

« Les défis sont énormes, mais au cours des 10 dernières années, nous avons commencé à noter des progrès considérables », a fait valoir le Directeur régional de l’UNICEF pour l'Afrique de l’Ouest et centrale, M. Gianfranco Rotigliano. « L'UNICEF épaule le gouvernement et ses partenaires de la société civile pour prendre appui sur ces progrès. Ensemble, nous pouvons ouvrir la porte vers un avenir radieux pour tous les enfants de la RD du Congo. »


 

 

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