Tchad

Au Tchad, l'UNICEF et ses partenaires soutiennent la réinsertion des enfants soldats

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2010/Sweeting
Dowa Samna, un ex-enfant soldat, travaille à présent dans un garage de N'Djamena après avoir été démobilisé de l'Armée nationale tchadienne, les autorités ayant découvert son âge véritable.

Une conférence régionale sur le recrutement et l'utilisation des enfants soldats dans les forces et les groupes armés se déroulera du 7 au 9 juin à N’Djamena, au Tchad. Elle est organisée par l'UNICEF et le Gouvernement tchadien pour que soient obtenus des engagements internationaux destinés à mettre fin à l'utilisation d'enfants soldats ainsi qu'un meilleur soutien pour leur réinsertion et leur prise en charge. Voici un reportage concernant ce sujet.

N’DJAMENA, Tchad, 28 mai 2010 – Pour Dowa Samna, 19 ans, travailler dans un garage de la capitale tchadienne, N’Djamena, est complètement différent de son ancienne vie dans les forces armées. L'ex-enfant soldat se souvient que les conditions dans l'armée étaient dures. « Nous ne mangions pas de repas réguliers, » dit-il, « et nous devions tout partager. »

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Dowa s'était engagé dans l'armée nationale tchadienne quand il avait 16 ans mais a il été démobilisé un an plus tard quand les autorités militaires ont découvert son âge véritable. « Nous avons été si soulagés quand Dowa est revenu à la maison. Nous avions tellement peur qu'il ne revienne jamais, » dit son père, Gong-na Samna.

Engagement à respecter les Principes de Paris

Des décennies de conflit au Tchad ont exposé des enfants comme Dowa au recrutement par les forces armées et les groupes rebelles. Selon le ministère de la Défense du Tchad 7 à 9 pour cent de ceux qui ont été démobilisés des groupes rebelles en 2009 étaient des mineurs.

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Souleymane Adoum Izak (au premier plan) travaille aujourd'hui dans un hôtel de N’Djamena, un changement important par rapport aux sept années qu'il a passées comme enfant soldat à combattre aux côtés d'un groupe rebelle dans l'est du Tchad.

Mais il y a des raisons d'espérer. La libération de Dowa de l'armée a fait suite à un accord passé en 2007 entre l'UNICEF et le Gouvernement tchadien pour accroître les efforts visant à faire quitter aux enfants les groupes et les forces armées et à leur faire regagner la société.

Cet accord, pour sa part, faisait suite à un engagement qu'avait signé le Tchad envers les Principes de Paris, un accord international destiné à mettre fin au recrutement des enfants en vue de missions combattantes et non combattantes.

Outils de réinsertion

En accord avec les Principes de Paris, les recrues qui n'ont pas atteint l'âge de la majorité entrent dans un processus de réinsertion parrainé par l'UNICEF lorsque des membres des groupes rebelles tchadiens sont capturés ou quand les groupes signent des accords avec le gouvernement. Les autorités donnent également environ 830 dollars à chaque combattant rebelle qui quitte les rangs. 

Les jeunes qui ont été démobilisés sont placés dans des centres de prise en charge provisoires à  N’Djamena gérés par l'ONG CARE International. Dans ces centres, ils reçoivent une aide psychosociale et acquièrent des connaissances destinées à les aider à se réinsérer dans la société.

Depuis 2007, plus de 800 enfants sont passés par ce processus, appuyé par l'UNICEF

« Retour à une vie normale »

Un autre ex-enfant soldat, Souleymane Adoum Izak, 19 ans, a passé sept ans à se battre dans un groupe rebelle à l'est du Tchad. En 2007, quand le groupe a négocié un accord de paix avec le gouvernement, Souleymane a déposé ses armes et a été transféré dans le centre de réinsertion. Il travaille à présent dans un hôtel de N’Djamena.

« Parce que vous êtes jeunes, que vous êtes entraîné et que vous passez tout votre temps avec les rebelles, vous voulez continuer à vous battre tout le temps même si vous êtes un civil. Vous éprouvez le besoin de toujours vous battre avec les gens, » explique Souleymane.

Finir par s'habituer à la vie sans une arme à feu est un défi pour de nombreux ex-enfants soldats.

« Ces enfants ont en fait été formés pour tuer, » dit le Représentant de l'UNICEF au Tchad, le Dr Marzio Babille. «Il est très difficile de surmonter l'aspect psychosocial de ce traumatisme et de les faire revenir à une vie normale. »

Comme Dowa et beaucoup d'autres se trouvant dans des circonstances similaires, la vie de Souleymane a trouvé un second souffle, ce qu'il doit en partie à l'action de l'UNICEF et de ses partenaires. Il n'a pas encore retrouvé sa famille mais il affirme qu'il a aujourd'hui l'impression d'avoir un avenir.


 

 

Vidéo

Le reportage de Salma Zulfiqar, de l'UNICEF, sur la réadaptation et la réinsertion des ex-enfants soldats au Tchad.
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