Burundi

Avec l'aide de l'UNICEF et de bénévoles communautaires, des familles prennent un nouveau départ au Burundi

Image de l'UNICEF
© UNICEF Burundi/2011/Krzysiek
Étienne (un pseudonyme) joue avec son neveu. Il bénéficie du soutien d'un réseau, centré sur la communauté, d'aide aux familles vulnérables affectées par les 15 années de guerre civile au Burundi.

Par Pawel Krzysiek

BUBANZA, Burundi, 21 juillet 2011 – Quand Étienne est rentré de 12 années d'exil en Tanzanie où il était un réfugié illégal, il a rencontré son fils Denis pour la première fois (les noms ont été changés pour respecter l'anonymat de la famille). En 1999, avant la naissance de Denis, Étienne a dû quitter le Burundi pour fuir l'escalade de la violence dans sa province natale de Bubanza, durement frappée par 15 années de guerre civile dans le pays.

Étienne est rentré à Shari, son village, au début de l’année 2011. En Tanzanie, il avait fini par atterrir en  prison, et n’a finalement réussi à rentrer chez lui que pour découvrir que son fils Denis était presque devenu un adolescent. Il est aujourd’hui angoissé et inquiet quant à son avenir de père, mais aussi par le fait de retrouver une communauté changée, dans un pays qu'il a quitté il y a si longtemps.

Pour Denis, la vie sans son père a été dure. Il a été privé de l’insouciance de ses jeunes années en raison de la misère provoquée par le conflit. Sa mère, incapable de prendre soin de lui et sous la pression de son nouveau mari qui refusait d'accepter son beau-fils, a fini par l’abandonner à son tour alors qu’il avait tout juste cinq ans. Denis est alors allé vivre chez sa tante, la soeur d'Étienne.

Système d'aide

En 2010, Denis a été identifié comme enfant vulnérable et intégré à un programme d'aide aux orphelins et enfants en danger, appuyé par l'UNICEF, à Bubanza. Gràce au programme, l'UNICEF identifie les familles les plus durement touchées par le conflit au Burundi et leur offre un soutien psycho-social, une éducation et les aide à réintégrer leur communauté.

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© UNICEF Burundi/2011/Krzysiek
Plus de 200 orphelins et enfants vulnérables affectés par la guerre civile - dont le groupe d'adolescents présents ici - ont reçu l'assistance psychosociale et l'aide financière d'un programme de réintégration dans la province burundaise de Bubanza.

Dans le cadre des efforts de réintégration, Denis a reçu l'assistance de pairs éducateurs - d'autres jeunes garçons qui ont vécu une expérience semblable à la sienne. Il lui ont appris à faire face à la pression, à gérer son stress et à développer ses capacités pour aborder de nouveaux défis pour les années à venir.

Le programme a changé la vie de denis, lui apportant un système d'aide en l'absence d'une famille proche. Mais rien n'aurait pu le préparer au retour imprévu de son père.

Aujourd'hui, Denis et Étienne se reconstruisent lentement une nouvelle vie ensemble à Shari. Guidé par les travailleurs sociaux communautaires du programme de réintégration, Étienne gagne la confiance de son fils, et Denis apprend à avoir confiance de nouveau.

Protéger les droits de l'enfant

Depuis 2010, l'UNICEF a collaboré avec le Gouvernement du Burundi et avec les organisations de la société civile à Bubanza et Cibitoke, une autre province lourdement affectée par la guerre civile, afin de s'assurer que les droits de la plupart des enfants et des adolescents rendus vulnérables par les sequelles du conflit sont bien respectés. Jusqu'à aujourd'hui, le programme de réintegrationa fourni un soutien à 200 enfants âgés entre 5 et 18ans, avec une attention toute particulière apportée aux orphelins et aux ex enfant-soldats. 

Le programme offre un ensemble d'interventions qui répondent aux effets du conflit et satisfait à la fois aux besoins des enfants et de leurs communautés .

En améliorant les capacités des partenaires locaux et gouvernementaux, le programme soutient aussi les systèmes de référents bénévoles à base communautaire et les travailleurs sociaux afin protéger les droits des enfants. Dans le même temps, des activités génératrice de revenu aident les enfants vulnérables et leurs familles à calmer les tensions générées par la pauvreté – tout spécialement celles qui retournent dans leur communauté après avoir été longtemps absentes.

Christina Corbett a contribué à cette histoire.


 

 

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