Bosnie-Herzégovine

L’UNICEF permet aux mères roms d’élever des enfants en bonne santé et capables d’être scolarisés

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© UNICEF BIH/2006/0048/Kacmarcik
Des mères écoutent et partagent des informations au cours de débats sur la fonction de parent, organisés par l’UNICEF et soutenus par le Programme pour la communauté rom en Bosnie-Herzégovine.

Par Nela Kacmarcik

SARAJEVO, Bosnie-Herzégovine, 8 mars 2007 – Selon un nouveau rapport de l’UNICEF, des pratiques discriminatoires bien ancrées continuent d’exister en Europe du sud-est à l’encontre de près d’un million d’enfants roms vivant dans la région. Ce rapport cherche à sensibiliser davantage la population à l’ampleur de l’exclusion sociale dont ces enfants sont victimes. 

 Zorica Tahirovic, 35 ans, une Rom mère de cinq enfants, est à pied d’œuvre pour assurer à ses enfants et aux futures générations des droits vitaux dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale. Zorica Tahirovic travaille pour le Groupe d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN), une ONG de Bosnie-Herzégovine, pour laquelle elle coordonne le Programme pour la communauté rom, qui bénéficie du soutien de l’UNICEF.

Le programme est conçu pour venir en aide aux parents et les mettre en contact avec les services dont ils ont besoin pour élever leurs enfants dans un environnement sûr qui leur permette de grandir en bonne santé et d’être scolarisés.

Le b.a-ba des soins aux enfants

« Mes voisins du camp rom étaient assez soupçonneux. Ils pensaient que je faisais quelque chose pour mon seul intérêt, raconte Zorica Tahirovic à propos des difficultés qu’elle a rencontrées en mettant en place le programme. Mais au bout de quelques sessions, les gens se sont mis à parler des cours et les voisins ont commencé à venir. Aujourd’hui, entre 15 et 20 parents assistent à chaque séance hebdomadaire. »

La plupart des participants sont de jeunes mères sans emploi qui ont reçu peu d’éducation ou d’informations sur les meilleures méthodes pour élever leurs enfants et sur la façon de résoudre les difficultés que peuvent leur poser leurs nouveau-nés. Durant le programme, elles sont formées au b.a-ba des soins aux enfants, l’accent étant mis sur l’importance de l’allaitement maternel et de la vaccination en bas âge.

 Les résultats d’une étude soutenue par l’UNICEF et l’Union européenne révèlent le besoin d’une telle formation. Elle montre que seulement 1,5 % des familles roms du sud-est de l’Europe reçoivent la visite de travailleurs sociaux et que la moitié des parents roms n’ont pas achevé l’école primaire. L’étude montre aussi que 40 % des enfants roms n’ont pas accès aux soins médicaux de base.

1 300 familles atteintes par le programme

Le programme pour la communauté rom s’adresse à une audience plus large que les mères; les enfants sont également bienvenus. Ceux-ci passent les séances avec un enseignant d’école maternelle spécialement  formé, une chance unique puisque la plupart des familles roms ne peuvent pas envoyer leurs enfants dans de tels établissements.

Le programme apporte aussi la possibilité aux professionnels de la santé de travailler dans les communautés roms. Certains d’entre eux ont avoué avoir un parti pris contre les familles roms, une attitude préjudiciable que le programme tente d’éliminer grâce au contact direct.

A ce jour, le programme a atteint 1 300 familles roms et plus de 400 familles déplacées dans environ 36 communautés. Son succès a été complet au sein de la communauté de Zorica Tahirovic. Il a constitué pour elle une expérience gratifiante ainsi qu’une source de confiance nouvelle de la part de ses semblables.


 

 

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