Bangladesh

Au Bangladesh, un rapport de l'UNICEF souligne la nécessité de multiplier par deux les budgets en faveur de l'enfance

L'approche de l'UNICEF axée sur l'équité dans le cadre de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement cible les enfants et les familles les plus pauvres et les plus vulnérables grâce à des interventions économiques en vue de progrès durables. Voici l'un des reportages d'une série d'autres qui plaide en faveur de l'équité.

Par Jeannette Francis

DHAKA, Bangladesh, 30 juin 2011 – Les enfants emplissent un par un le devant de la salle, chacun saisissant le micro et, devant une large assistance, marquant une pause réfléchie avant de poser des questions au groupe d'invités qui attendent. « Je n'ai pas de parents et je vis dans un foyer », dit Mohammad Shajun. 13 ans. « Il y a beaucoup d'enfants comme moi. Nous voulons savoir ce que fait le Gouvernement pour nous aider ».

VIDÉO (en anglais) : 26 juin 2011 – Le reportage de l'UNICEF concernant des demandes de crédits plus importants pour l'enfance dans le budget national du Bangladesh.  Regarder dans RealPlayer

 

Mukta Akhter, 12 ans, est la suivante. « Je vis dans un bidonville où la situation est terrible. N'y aura-t-il pas d'argent dans le prochain budget qui sera consacré à l'amélioration de nos conditions de vie ? » demande-t-elle. Le groupe d'invités – constitué de ministres d'État, de fonctionnaires et de défenseurs des intérêts des enfants – écoutent alors que les 23 enfants expriment avec confiance leurs pensées sur les problèmes qui ont pour eux le plus d'importance. 

Le cadre était une salle de conférence d'un hôtel de Dhaka à l'occasion du coup d'envoi d'un rapport rédigé conjointement par UNICEF Bangladesh et un groupe de réflexion, le Centre pour les politiques de développement. Le rapport, intitulé « Budget national : les engagements envers les enfants du Bangladesh sont-ils tenus ? », demande au gouvernement du Bangladesh d'investir davantage dans les enfants, le pressant de multiplier par deux les crédits liés à l'enfance dans son Plan de développement annuel. 

Image de l'UNICEF
© UNICEF Bangladesh/2011/Haque
Lors de la cérémonie de lancement (à partir de la gauche) : Mustafizur Rahman, Directeur général du Centre pour les politiques de développement; Shirin Sharmin Chaudhury, Ministre d'État des affaires féminines et de l'enfance; Abul Maal Abdul Muhith, Ministre des finances; et Carel de Rooy, Représentant de l'UNICEF au Bangladesh, présentent à Dhaka, au Bangladesh, un rapport de l'UNICEF sur le budget national.

En analysant les budgets nationaux des cinq dernières années, le rapport conclut que, bien que le montant du budget annuel se soit accru, les crédits liés à l'enfance sont restés plus ou moins les mêmes. Il a aussi conclu que les crédits directement liés à l'enfance étaient faibles, s'élevant à seulement 4,1 pour cent de l'ensemble du budget du dernier exercice financier annuel.

Davantage de ressources en crédits

En accord avec la Convention relative aux droits de l'enfant, l'UNICEF Bangladesh demande depuis longtemps davantage de ressources en crédits pour les enfants, non seulement pour faire respecter les droits de l'enfant mais aussi pour assurer un avenir qui puisse supporter la population croissante du pays.

Le Bangladesh est l'un des pays les plus densément peuplés du monde. Presque la moitié de ses 160 millions d'habitants sont des enfants dont 46 pour cent vivent sous le seuil maximal de pauvreté. Avec un des taux d'urbanisation les plus rapides d'Asie, la disparité dans les centres urbains entre les riches et les pauvres s'accroit et on estime à présent que sept millions de personnes vivent dans des bidonvilles dans les cités, 3,3 millions d'entre eux étant des enfants.

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© UNICEF Bangladesh/2011/Haque
Mukta Ahkter, 12 ans, pose une question sur les crédits du budget gouvernemental pour les enfants des bidonvilles des cités lors d'un colloque national, à Dhaka, au Bangladesh, sur le Budget ami des enfants.

Malgré des améliorations dans le domaine de la santé et de l'éducation, deux millions d'enfants sont sévèrement malnutris, les taux d'abandon scolaire sont élevés et environ 70 millions de personnes ne disposent toujours pas d'un assainissement correct. Le mariage précoce et le travail des enfants demeurent aussi des problèmes essentiels.

« Le plus grand atout que possède ce pays, ce sont ses 66 millions d'enfants. Si le potentiel de ces enfants, particulièrement les 20 millions d'entre eux qui, en gros, grandissent dans la pauvreté, n'est pas entièrement réalisé, ils deviendront un fardeau pour leur pays », a déclaré lors de cette manifestation le représentant de l'UNICEF au Bangladesh, Carel de Rooy.

Le rapport a reçu son coup d'envoi en présence d'Abul Maal Abdul Muhith, ministre des Finances, et de Shirin Sharmin Chaudhury, ministre d'État des Affaires féminines et de l'enfance, qui ont reconnu la nécessité d'aider ceux qui vivent dans les bidonvilles des cités.

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© UNICEF Bangladesh/2011/Haque
Des enfants se divertissent avec un spectacle de Jewel Aich, un prestidigitateur célèbre et défenseur des droits des enfants, lors d'un colloque national à Dhaka, au Bangladesh, sur le Budget ami des enfants.

« Ce que j'ai trouvé le plus intéressant concernant ce rapport – et où nous ne faisons pas assez – a été cette sorte d'attention portée aux enfants des bidonvilles. Pour l'instant, nous ne faisons pas assez pour eux et nous devrions porter une attention particulière à leurs besoins », a affirmé Abul Maal Abdul Muhith. 

Le rapport fait 10 recommandations précises pour apporter une aide plus efficace aux enfants. Parmi celles-ci, figurent : le développement d'un cadre budgétaire « pro-enfants », l'accroissement de l'investissement en faveur des enfants, l'accroissement de l'accès aux écoles pour les enfants pauvres, la mise en place de crédits budgétaires publics spécifiques pour les enfants des bidonvilles dans les cités, l'amélioration de la coopération entre les différents ministères et l'encouragement d'un solide engagement politique. 
 
Briser l'engrenage de la pauvreté
Pour Mukta, les recommandations ainsi la reconnaissance par le ministre des Finances de la situation extrême dans les bidonvilles, ont servi de porte-voix puissant aux pauvres des villes. Elle vit dans un bidonville de Dhaka où l'accès aux soins de santé, à l'éducation et à l'assainissement et très limité.

Mukta demande que le gouvernement investisse davantage dans les enfants des bidonvilles des cités. « Là où vivent des gens dans les bidonvilles et où les ordures s'entassent, plus d'investissements sont nécessaires afin que les conditions de vie s'améliorent et que les gens puissent être plus actifs. C'est là où l'argent doit aller », a-t-elle dit.

Alors que le Bangladesh est en voie de devenir un pays à revenu moyen, investir dans les 66 millions d'enfants du pays est crucial, non seulement pour briser l'engrenage de la pauvreté de génération à génération mais aussi pour atteindre dans l'équité les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


 

 

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