Bangladesh

Au Bangladesh, l'UNICEF soutient des actions destinées à mettre fin au harcèlement sexuel contre les filles et les femmes

Le Gouvernement, les ONG partenaires et les adolescents se mobilisent contre l' "Eve teasing"

Par Jessie Mawson

NARSINGDI, Bangladesh, 21 juillet 2010 – Des centaines de personnes, dont une grande partie étaient des adolescents, se sont rassemblés dans les rues du district de Narsingdi pour demander la fin du « Eve teasing » (« Taquiner Eve »), une expression utilisée pour décrire le harcèlement des filles et des femmes dans les lieux publics par les garçons et les hommes.

VIDÉO (en anglais) : le reportage de la correspondante de l'UNICEF Priyanka Pruthi sur une campagne visant à mettre fin au harcèlement sexuel appelé « Eve teasing » (« Taquiner Eve ») au Bangladesh.

 

L'« Eve teasing » est devenu une forme souvent brutale de harcèlement sexuel qui peut provoquer des dommages physiques et psychologiques permanents et profondément altérer la vie d'une fille. Le harcèlement lui-même se manifeste de différentes façons, de l'agression verbale et des allusions sexuelles à l'enlèvement, au jet d'acide et au viol.

En réaction, certains parents choisissent de garder leurs filles à la maison plutôt que de les envoyer à l'école ou bien ils les marient lorsqu'elles sont jeunes pour tenter de protéger leur honneur et d'assurer leur sécurité.

Blâme et stigmatisation

Vouées à la servitude domestique et sans beaucoup de mobilité, ces adolescentes se retrouvent elles-mêmes privées à la fois de la possibilité de faire des études et de trouver des débouchés sociaux. Elles sont aussi vulnérables aux risques qui, en matière de santé, sont associés au mariage précoce et à la grossesse.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Bangladesh/2010/Mawa
Des membres de clubs de jeunes appuyés par l'UNICEF se sont réunis dans le district de Narshingdi, au Bangladesh, pour mieux sensibiliser l'opinion au harcèlement sexuel en public dans les lieux publics appelé « Eve teasing » (« Taquiner Eve »).

Trop souvent, les victimes de harcèlement sexuel reçoivent peu de soutien de leurs parents et des chefs de communautés; à la place, elles essuient des reproches et sont exclues.
En fait, au Bangladesh, les effets du harcèlement ont poussé certaines filles et femmes à se suicider.

Un sentiment d'urgence

Pour permettre d'éviter ces conclusions tragiques, le Ministère des affaires de la femme et de l'enfant - avec l'appui de l'UNICEF, du Centre for Mass Education in Science et de l'ONG de développement BRAC - ont réuni à Narsingdi les parents, les membres des communautés et les adolescents pour un atelier de motivation destiné à protéger les adolescentes.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Bangladesh/2010/Mawa
Dans le district de Narsingdi, lors d'un rassemblement contre le harcèlement sexuel dans les lieux publics, un groupe d'apprenties couturières tiennent des pancartes qui disent : « Dites non au « Eve teasing » : laissez les femmes se déplacer librement ! »

Il y avait un sentiment d'urgence parmi les participants avec une partie des réponses les plus enthousiastes venant des adolescents eux-mêmes.

« Blâmer les victimes ne résoudra pas le problème, » a dit le Dr Shirin Sharmin Chaudhury, ministre d'État des Affaires de la femme et de l'enfant et invitée principale de l'atelier. « Nous devons encourager les filles à parler afin de créer une prise de conscience au sein de la communauté et de travailler ensemble pour empêcher l'"Eve teasing". »

Interaction positive

 L'UNICEF et ses partenaires se consacrent à créer une telle prise de conscience en mettant en place et en épaulant des groupes locaux d'adolescents appelés les « Clubs Kishori »

Ces clubs ont pour but d'assurer un environnement sûr où les filles et les garçons se réunissent et communiquent de façon positive. Les membres du club participent à diverses activités et à des séances d'information et acquièrent les moyens qui leur permettent de devenir des vecteurs de changement.

Grâce à des fonds provenant de l'Union européenne, il existe aujourd'hui près de 3000 clubs Kishori dans près de 30 districts du Bangladesh. 

Les jeunes agissent

Lors de l'atelier de  Narsingdi, les adolescents d'un club Kishori du secteur ont joué une pièce qui analyse l'impact négatif du « Eve teasing » et ont suggéré des moyens de le prévenir. Ce spectacle d'une grande force reflétait les idées bien assises des jeunes impliqués dans ce travail.

« J'ai une amie. Un garçon avait l'habitude de la harceler, » a expliqué Marzahan, 13 ans, un des acteurs et membre d'un Club Kishori. « Mais lorsque nous avons joué cette pièce dans notre école, le garçon a commencé à comprendre. Nos professeurs nous ont aussi informés des dommages que l'« Eve teasing » peut provoquer. A présent, il est gentil avec tout le monde et ne harcèle plus les filles. »

Shohagh, 13 ans, un autre membre du club, figure parmi les garçons qui sont persuadés que le moment est venu d'agir contre l'« Eve teasing ». « Les filles doivent pouvoir accéder à l'enseignement et avoir un mode de vie sain, » a-t-il dit. « Elles devraient pouvoir jouir de leurs droits. »


 

 

Partenariat UNICEF-Union européenne

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