Protection de l'enfant contre la violence, l'exploitation et les abus

La ratification universelle et la mise en oeuvre effective des Protocoles facultatifs à la CDE sont à portée de main

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Au Bangladesh, Komali (son nom a été modifié), 17 ans, en train de se maquiller dans le village où elle avait été obligée de se prostituer.

Par Clara Sommarin et Pernille Ironside

NEW YORK, États-Unis, 31 mai 2012 – Le 25 mai a marqué le second anniversaire de la campagne pour la ratification universelle et la mise en oeuvre des Protocoles facultatifs à la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE).

La CDE, adoptée en 1989, est le traité sur les droits de l'homme le plus ratifié du monde. Ses deux Protocoles facultatifs, adoptés en 2000, visent à s'attaquer à la prostitution des enfants et à la pornographie mettant en scène des enfants (OPSC) ainsi que la participation des enfants aux conflits armés (OPAC).

La ratification est nécessaire mais pas suffisante

Depuis le lancement de la campagne, des progrès constants ont été réalisés. Plus des trois quarts de tous les États membres de l'ONU sont aujourd'hui parties aux Protocoles facultatifs par rapport aux deux tiers lors du lancement en 2010. Au cours des deux dernières années, 20 États supplémentaires ont ratifié l'OPSC et 15 États ont ratifié l'OPAC, portant le nombre total d'États parties à respectivement 157 et 147. D'autres États devraient devenir parties aux Protocoles facultatifs dans un proche avenir.

Bien que la ratification des Protocoles facultatifs soit nécessaire, elle n'est pas suffisante. Des mesures doivent être prises pour mettre en oeuvre leurs dispositions. Sans une mise en oeuvre effective, les Protocoles facultatifs ne sont rien d'autre que des mots sur une feuille de papier.

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En Somalie Sahal (son nom a été modifié), 9 ans, s'est échappé d'un groupe armé.

Les États parties doivent développer et mettre en oeuvre des stratégies d'ensemble pour prévenir la violence contre les enfants et leur exploitation et y répondre.
 
Réformes juridiques et politiques et leur mise en oeuvre effective
Partout dans le monde, les gouvernements et la société civile sont en train de prendre des mesures pour mettre en oeuvre les Protocoles facultatifs, souvent avec l'appui de l'UNICEF. En Ukraine, par exemple, des opérations sont en cours pour réformer le code pénal afin de lutter contre les matériaux montrant des sévices sexuels sur des enfants et protéger les enfants de l'exploitation sexuelle. L'UNICEF appuie ce processus.

Dans plusieurs pays, des unités spéciales de police ont été mises en place afin de  pouvoir apporter des réponses spécifiques aux enfants victimes de violences dont l'exploitation sexuelle et les sévices. Davantage de pays sont en train d'investir dans des services d'assistance les plus complets possible pour les enfants qui ont subi des violences et l'exploitation dont des services juridiques, des services   juridiques, de protection et d'orientation. En Ouganda, plus de 14 200 enfants à risque ou affectés par des sévices ont été recensés en 2011 et au moins 80 pour cent ont pu accéder à des services de protection émanant d'ONG appuyées par l'UNICEF et des autorités locales.  

Les efforts ont aussi été intensifiés pour établir une passerelle entre les interventions d'urgence et l'activité de développement pendant les crises. À la suite du tremblement de terre d'Haïti, en 2010, l'UNICEF a collaboré avec le Gouvernement pour renforcer le système de protection de l'enfance grâce à des réformes juridiques, à des régulations et au renforcement des capacités. En Afrique, le Gouvernement de la République démocratique du Congo a développé, avec l'appui de l'UNICEF, quatre protocoles  afin  d'apporter une orientation médicale, psychosociale, socioéconomique (scolarisation) et judiciaire.

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L'UNICEF célèbre le second anniversaire de la campagne pour la ratification universelle des Protocoles facultatifs à la Convention relative aux droits de l'enfant. La campagne a été lancée lors du 10ème anniversaire de l'adoption des protocoles.

Dans les cas de conflit armé et d'autres situations préoccupantes, les Nations Unies ont mis en place des dispositifs pour surveiller et faire état des violations graves qui sont perpétrées contre des enfants et pour déclencher les réponses nécessaires. Par exemple, en République centrafricaine, ces dispositifs ont permis aux Nations Unies de développer des Plans d'action avec trois groupes armés pour la libération d'enfants se trouvant dans leurs rangs et permis la réinsertion de ces enfants dans leurs communautés.
 
Faire face aux attitudes, aux normes sociales et aux pratiques néfastes
Les communautés locales doivent aussi devenir un premier rempart de protection des enfants. Les individus et les communautés ont besoin d'obtenir les moyens nécessaires pour agir et doivent être motivés. L'UNICEF appuie la sensibilisation et l'accroissement des capacités en faveur des enfants, des parents, des enseignants, des chefs de communautés, des organisations religieuses, des médias et du secteur privé pour les aider à briser le silence entourant les pratiques néfastes pour les enfants. En Guyane, la campagne  « Dire » a touché plus de 9000 enfants en âge de fréquenter l'école primaire en leur apportant des informations sur les sévices sexuels, ce qui leur donne la possibilité de les signaler.
 
Des les situations de conflits prolongés, les conséquences de la guerre comprennent souvent l'éclatement des mécanismes locaux et traditionnels de gestion des conflits et des tensions. Ceci peut avoir pour résultat la normalisation de la violence soit au sein de la société ou au niveau familial et individuel. L'UNICEF collabore avec les communautés et les enfants pour bâtir une culture de tolérance et pour résoudre les conflits grâce à des moyens non-violents comme la médiation constructive et l'établissement d'un consensus. 

Plus d'action est nécessaire
Au cours  des deux dernières années, la campagne mondiale a constitué une occasion unique pour renforcer les protections en faveur des enfants. Cependant, des efforts redoublés sont nécessaires au niveau national, régional et mondial pour assurer une ratification universelle et une mise en oeuvre effective des Protocoles facultatifs de 2012 et au-delà.


 

 

Progrès réalisés pendant la campagne

OPSC
Ratifications :
Arabie Saoudite, Côte d'Ivoire, Djibouti, Grenade, Guinée, Guinée-Bissau, Guyana, Jamaïque, Luxembourg, Malaisie, Malte, Maurice, Myanmar, Micronésie, Nouvelle Zélande, Nigeria, Pakistan, San Marino,  Suriname, Zimbabwe
Signatures : République centrafricaine, Sainte-Lucie

OPAC
Ratifications: Arabie Saoudite, Congo, Côte d'Ivoire, Chypre, Djibouti, Gabon, Géorgie, Grenade, Guyana, Malawi, Malaisie, Niger, Saint Vincent et les Grenadines, San Marin, Seychelles,
Signatures : Éthiopie, Iran, République centrafricaine, Sainte-Lucie

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