Protection de l'enfant contre la violence, l'exploitation et les abus

Dans un jugement historique, la Cour pénale internationale a reconnu Thomas Lubango Dyilo coupable de recruter des enfants dans un conflit armé

Par Priyanka Pruthi

NEW YORK, États-Unis,  14 mars  2012 – Aujourd’hui, dans une décision historique, le chef militaire congolais Thomas Lubanga Dyilo a été reconnu coupable  par  la Cour pénale internationale (CPI) de crime de guerre après avoir recruté des enfants dans son mouvement armé. Le verdict est le premier en la matière jamais rendu par le CPI, Le seul tribunal international, permanent, indépendant sur les crimes de guerre, établit en 2002.

VIDÉO : la spécialiste UNICEF de la protection de l’enfance, Pernille Ironside commente la condamnation du chef militaire congolais Thomas Lubanga Dyilo, reconnu coupable d’avoir recruté des enfants dans un conflit armé.  Regarder dans RealPlayer

 

Thomas Lubanga Dyilo, fondateur et ancien Président de l’Union des patriotes congolais (UPC) dans la région de l'Ituri en République démocratique du Congo (RDC, a été reconnu coupable d’avoir enrôlé des enfants de moins de 15 ans et de les avoir fait participer activement à de violents affrontements ethniques en 2002 et 2003.

Une victoire déterminante

« Il s’agit d’une victoire déterminante pour la protection des enfants engagés dans des conflits », a déclaré le directeur général de l’UNICEF, Anthony Lake. « La condamnation de Thomas Lubanga par la Cour pénale international envoie un message clair à tous les groupes armés qui rendent esclaves les enfants et les brutalisent : l’impunité ne sera plus tolérée ».

L’UNICEF n'a eu de cesse de réclamer la condamnation des responsables de ces crimes, qui souvent victimisent les plus vulnérables de enfants – les orphelins, et les enfants qui ont été séparés de leurs familles et de leurs communautés en raison des violences.

VIDÉO (en anglais) : Ishmael Beah, Défenseur pour l’UNICEF des enfants affectés par la guerre, décrit les effets dévastateurs sur les enfants des conflits armés.

 

« L’exploitation des enfants par les groupes armés fait plus que violer les droits de ces enfants ; elle leur vole leur enfance », ajoute Anthony Lake. « L’UNICEF est encouragé par Le fait que le Procureur général de la Cour, Luis Moreno- Ocampo ait souligné le sort des enfants enrôlés et utilisés par des forces ou des groupes armés, au cours de cette poursuite judicaire fructueuse ».

Thomas Lubanga Dyilo n’est que l’un des nombreux acteurs d’un passé violent en RDC. D’autres responsables de graves violations des droits des enfants, en RDC et dans d’autres nations, ont déjà été appréhendés. « Cette condamnation constitue un précédent », commente la spécialiste UNICEF de la protection de l’enfance, Pernille Ironside, qui est experte de la question de l’utilisation des enfants par les groupes armés. « Elle représente une étape dans la protection de l’enfance et qui peut stimuler la confiance dans le système de justice pénal international, et qui peut permettre en retour d’autres poursuites et condamnations ».

L'UNICEF fait campagne pour la protection des enfants dans les conflits armés.


(cliquez sur l'image pour voir une infographie agrandie)

Les solutions passent par les communautés

Pernille Ironside argumente que la solution à la crise des enfants dans les conflits armés ne repose pas seulement sur le fait d’appréhender les responsables de ces graves violations, mais également dans la capacité des collectivités à se prendre en charge et mettant à la disposition des enfants les services sociaux dont ils ont besoin pour se réinsérer dans leur société.

Image de l'UNICEF
© REUTERS/Evert-Jan Daniels
le chef militaire congolais Thomas Lubanga Dyilo derrière ses avocats devant la Cour pénale internationale (CPI) à la Hague le 14 mars 2012, le jour de sa condamnation pour crimes de guerre à l’encontre des enfants.

« L’UNICEF fait la promotion d’une approche communautaire inclusive pour réintégrer et apporter un soutien les enfants qui ne sont plus engagés dans des forces ou des groupes armés », ajoute Pernille Ironside. « Ces enfants ont besoin de retrouver le chemin de l’école, d'acquérir des compétences professionnelles, afin d’être capables de gagner leur vie. Beaucoup retournent dans des zones appauvries, aussi nous soutenons également des programmes et des initiatives qui stimulent les services sociaux, la formation de travailleurs sociaux, de conseillers, d’enseignants, afin de renforcer le système de protection des enfants dans son ensemble, pour qu’il les aide à réussir »,  dit-t-elle.

L’UNICEF et ses partenaires soutiennent la libération et la réintégration des enfants engagés avec des forces et des groupes armés dans le monde. L’Organisation collabore avec les gouvernements et d’autres agences des Nations Unies pour garantir que les enfants anciennement utilisés par les groupes armés soient protégés de nouvelles violences, et qu’ils reçoivent un soutien pour rentrer dans leurs communautés d’origine. Cela a nécessité la mise en place de services d’identification, d’une prise en charge provisoire, de programmes de recherche des familles et de rapatriement, ainsi que l’apport d’un soutien psychosocial.

« La réponse réside dans un investissement à long terme pour la réduction de la pauvreté, la consolidation de la paix et la réconciliation, et dans la création d’emplois pour les jeunes » indique Pernile Ironside.


 

 

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