Protection de l'enfant contre la violence, l'exploitation et les abus

Des experts demandent à la communauté internationale d’améliorer la prise en charge des enfants vulnérables

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Iste Mui tient dans ses bras sa fille Sterling, cinq ans, et s'entretient avec Marie de la Soudière, de l'UNICEF. Le père et la fille ont été réunis après plus d'un mois de séparation.

NEW YORK, États-Unis, 11 octobre 2011 – Sterling Vincent avait seulement cinq ans quand elle a été séparée de sa famille à la suite du tremblement dévastateur d'Haïti. Une famille avait trouvé la fillette errant dans les décombres et l'avait recueillie. Interrogée, Sterling avait été incapable de fournir des informations sur ses parents et son lieu de domicile.

Afin de collecter des renseignements sur son passé, l'équipe de secours de l'UNICEF avait utilisé une technique spéciale ayant recours à la thérapie artistique. Peu après, la fillette, âgée de cinq ans, était en train de faire des dessins de sa maison et de ses environs. Par la suite, ce travail avait permis de faire ressurgir des souvenirs permettant à l'équipe de l'UNICEF de retrouver sa famille. 

Combler le vide

« Que serait-il arrivé à Sterling sans les efforts menés pour retrouver sa famille ? » a demandé Rima Salah, Directrice générale adjointe par intérim de l'UNICEF, lors d'une table ronde qui s'est déroulée au siège des Nations Unies, commémorant le second anniversaire des « Lignes directrices relatives à la protection de remplacement pour les enfants », le premier programme international qui aide les gouvernements, la société civile et les organisations internationales à empêcher les enfants d'être séparés de leur famille et à développer des dispositifs de protection de l'enfance.

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Rima Salah, Directrice générale adjointe par intérim de l'UNICEF, s'exprime lors de la table ronde sur les Lignes directrices relatives à la protection de remplacement pour les enfants, au Siège de l'ONU.

Les préoccupations concernant les enfants qui se trouvent sans prise en charge parentale appropriée ou courent le risque de la séparation en raison de conflits, de catastrophes naturelles, de handicaps et de pauvreté, ont été discutées lors d'une table ronde de spécialistes organisée par la Mission permanente du Brésil auprès des Nations Unies.

« Alors que la Convention de l'ONU relative aux droits de l'enfant reconnaît les droits des enfants à être pris en charge dans un cadre familial et formule les obligations pour les États parties à assurer une prise en charge alternative adéquate, jusqu'à une date récente, les dispositifs internationaux ont seulement offert des conseils partiels et limités sur les mesures destinées à empêcher la séparation et sur la façon d'assurer une prise en charge appropriée » a déclaré l'Ambassadrice Regina Dunlop, Représentante adjointe de la Mission permanente du Brésil. « Par conséquent, je pense que ces directives sont les premières de ce type à combler ce vide ». 

Protection de remplacement pour les enfants

Aujourd'hui, des millions d'enfants ont besoin d'une prise en charge extérieure à cause de l'incapacité de leurs parents à s'occuper d'eux. Ils vivent avec des proches, dans des familles d'accueil, dans des centres d'accueil ou dans les rues et sont exposés au risque de violences et de sévices. Les intervenants présents lors de ce débat ont exhorté la communauté internationale à améliorer la qualité et le niveau de la prise en charge des enfants vulnérables.  

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Marta Santos Pais, Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence contre les enfants, s'exprime lors de la table ronde sur les Lignes directrices relatives à la protection de remplacement pour les enfants, au Siège de l'ONU. À sa droite, l'Ambassadrice Regina Dunlop, Représentante permanente adjointe du Brésil auprès de l'ONU.

« Offrir une protection de remplacement aux enfants séparés de leurs parents n'est pas un processus uniforme. Tout d'abord, il doit être nécessaire, » a énoncé Rima Salah. « Et, deuxièmement, la prise en charge alors offerte devrait l'être sous la forme de celle qui représente la meilleure option possible pour l'enfant concerné ».

Marta Santos Pais, Représentante spéciale du Secrétaire général pour la violence contre les enfants, a mis en avant la nécessité d'accroître la sensibilisation aux directives et de promouvoir leur mise en œuvre. « La valeur de ces directives ne sera reconnue que si elles sont effectivement intégrées au niveau national », a-t-elle souligné. « Jusqu'à présent, seulement 58 pays dans le monde ont développé des standards de prise en charge à la lumière de ces directives ».

« Main dans la main »

La résolution, soumise par le Gouvernement brésilien et d’autres, a été adoptée en 2009 par l'Assemblée générale des Nations Unies. 

« Nous n'avons pas les moyens d'effectuer la mise en oeuvre des Lignes directrices ou la mise en oeuvre de la convention ou de la lutte contre la violence sans agir main dans la main avec les jeunes », a déclaré Marta Santos Pais. « Ils savent mieux ce qui peut marcher, quel est le processus de planification nécessaire, quelles sont les alternatives et comment avancer vers l'avenir radieux dont ils rêvent ».


 

 

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